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L'AMOUR DE SOI COMME DOCTRINE MORALE ET VERTU

 

 

Le critère de l'action est la liberté de mouvements, l'à propos de l'expression, agréable. La valeur d'une doctrine morale réside dans la liberté qu'elle laisse à la transgression. La simplicité je tiens pour fort précieuse. Les choses les plus simples du monde ne sont-elles pas les plus parfaites, les plus pures, les plus innocentes, et leurs propriétés ne sont-elles pas les plus merveilleuses ? D'où qu'il s'agit de la source de la sagesse. La sagesse est très exactement le bonheur. Me faisant à moi-même plaisir dans l'amour - nécessairement sans excuses. N'est-ce point la perfection ? Les actions sembleraient insondables et incompréhensibles, si elles s'exhibaient conformes au grand dessein. Peu à même d'atteindre cela! Qui n'a pas honte ? Extase dans la satisfaction, voilà le grand dessein. Être libre de la nécessité de la loi, le souhait se réalisant de lui-même, voilà le but dernier. La Loi repose sur le deux, deux est abondance, millions... la Loi est compliquée. Le second ne troubla point, le premier ne détermina point, pas plus qu'il ne fut contraint ou proposé. La chance en sport, ce n'est pas de la prophétie ; par elle avons-nous fait des progrès, suffisants pour être constatés... Préparez-vous à l'Éternel, retournez à la simplicité et vous êtes libre. Quel homme peut donner sans impulsion ? Seul celui possédant une sexualité complète. La plus grande bonté est alimentation du moi. Qu'allons-nous inclure dans le moi ? La parfaite charité acquiert, de sorte qu'elle bénéficie à toute chose en ne donnant point. Quel homme peut avoir la foi sans l'effroi ? Seul celui n'ayant pas de devoir à accomplir. Lorsque périt la foi périt le devoir envers les doctrines morales, nous sommes sans péché et souffrons à jamais dans l'amour qui tout dévore. Quel homme peut savoir avec certitude ? Seul celui ayant effacé la nécessité d'apprendre. Lorsque les enseignants se brouillent, à quoi sert d'apprendre d'eux ? Les sages ne sont pas querelleurs et n'ont pas de dogme à exposer... ils sont plutôt silencieux tel le nouveau-né à l'heure du biberon. Quel enseignant peut désigner la source de la sagesse ? C'est parce que je sais sans apprendre ; je sais la source et puis donner des leçons sans enseigner. La connaissance n'est que l'excrément de l'expérience : l'expérience sa propre répétition. Le véritable enseignant n'inculque pas de connaissance mais montre à celui-là sa propre surabondance. Gardant sa vision claire il le dirige ou le guide tel un enfant vers l'essentiel. Lui ayant montré la source de la sagesse, il se retire avant que la gratitude ou le sentiment ne s'installent, lui laissant le soin de fertiliser comme il le souhaite. N'est-ce point la voie du Ciel ? Celui qui se fie à son naturel fonds de génie, il n'a pas connaissance de son étendue et accomplit avec aise, mais dès qu'il doute l'ignorance l'obsède. Le doute fertilise dans la terre vierge. Il n'est plus sans crainte et devient couard en face des difficultés, son instruction même est peur. La différence entre le génie et l'ignorance est un degré de peur. Le début de la sagesse est la peur de la prudence - la réception de la connaissance dans l'instruction. Les enfants doutent, et abhorrent l'instruction. Pourquoi, même l'affection du courage a pour résultat l'intelligence! La différence entre bien et mal est une question de profondeur. Quel est le plus proche de vous, l'amour de soi et son immoralité ou l'amour et la morale ? Il n'est pas conscient du désert - le compagnon du Ciel, et le constant bonheur en la sagesse est la capacité de direction. De la glorification de soi, de l'exaltation de soi nous ressuscitons supérieurs à l'incapacité de la troublante crainte : le ridicule jusqu'à la destruction de l'humilité en repentir. Cet 'amour de soi' qui ne donne point mais est heureux de recevoir est la véritable occasion de se libérer de la convoitise, de la distraction combative du Ciel. Celui qui subordonne les instincts animaux à la raison, celui-là perd vite contrôle. Les animaux que nous voyons dans les cirques ne sont-ils point dressés par l'usage de la torture ? Et les animaux élevés dans l'amour n'assassinent-ils point leur maître? Le sage embrasse et élève toutes choses, mais n'agit pas comme maître. Ce n'est que lorsque les passions sont régies par un environnement étranger qu'elles constituent des dangers. Le contrôle se fait en laissant les choses œuvrer à leur propre salut - dès que nous interférons directement nous devenons identifiés, et sujets, à leur désir. Lorsque l'Ego voit l'amour de soi - il y a paix - il devient le voyant. Dès que nous désirons, nous avons tout perdu ; 'nous sommes' ce que nous désirons, et donc ne l'obtenons jamais. Ne désirez rien, et il n'est rien que vous ne réaliserez point. Le désir est de perfection, l'émotion inhérente que c'est le 'tout-bonheur', la toute-sagesse, en constante harmonie. Mais dès que nous croyons, nous sommes des menteurs - et devenons identifiés à la souffrance, encore que souffrance et plaisir ne soient qu'une seule et même chose. Et donc ne croyez en rien, et vous serez revenu à une simplicité à laquelle l'enfance n'est pas encore parvenue. Le sot demande comment ? - car nous devons croire en plaisir et souffrance. Or, si nous pouvions les éprouver simultanément (plaisir et souffrance) et nous tenir ferme à un principe ascendant, permettant la vibration de l'Ego au-dessus d'eux, n'aurions-nous pas atteint l'extase ? Or, la croyance est 'l'Ego', qui néanmoins le sépare du Ciel comme notre corps nous sépare de celui d'un autre... Et donc, en gardant la croyance dans la 'non-nécessité' (lorsque l'on conçoit), l'Ego est libre. L'émotion du rire est épuisement, la première souffrance - d'où qu'en faisant de cette émotion un 'état mental' au moment de l'unité (1) il unit souffrance et plaisir, les souffre simultanément et par la 'non-nécessité' de sa croyance, sa conception transcende ce monde et atteint l'extase absolue. Il n'y a pas de place où puissent entrer la souffrance ou la mort.

 

L'idée de Dieu est le péché primordial, toutes les religions sont maléfiques. L'amour de soi est sa propre loi, pouvant être impunément violée, étant l'unique énergie qui n'est point servile, servant son plan toujours au point. Pour sûr, n'est-ce pas tout ce qui nous est laissé, qui soit libre et sans péché ? En vérité, c'est la seule chose dont nous osons être conscients. Celui qui vraiment se fait plaisir est sans vertu, et il satisfera tous les hommes. La haine, la jalousie, le meurtre, etc., sont des conditions de l'amour, de même que la vertu, la cupidité, l'égoïsme, le suicide, etc., sont des conditions empêchant de se faire plaisir. Il n'est pas de péché plus écœurant que l'amour, car c'est l'essence même de la convoitise et la mère de tout péché, d'où qu'il possède le plus de dévots. Seul l'amour de soi est pur et sans congrégation.

 

Celui qui s'aime entièrement n'induit que l'amour de soi. En cela est-il inexorable, mais ne il ne pèche pas comme les autres hommes. Il est parent du grand dessein, ses actions sont expliquées pour lui, du bien étant perçu dans son mal, sans savoir, chacun étant satisfait de sa volonté. Le Ciel et la Terre ne s'unissent-ils pas quotidiennement en hommage spontané à cette volonté d'amour de soi ? Aucun homme ne peut montrer plus d'amour de soi qu'en abandonnant tout ce en quoi il croit. Pourquoi est-ce que j'estime cet amour de soi avant tout le reste? N'est-ce pas parce que je puis être libre de croire dans le mal, mais n'ai aucune idée de quelque chose pouvant me nuire ? Tout est amour de soi, les gens dans le monde, si seulement ils le savaient, sont ses dévots. Ma nouvelle loi est la grande clef de la vie. Si le monde pouvait comprendre cela, si l'édifice pourri était éliminé, ils suivraient diligemment la voie de leur propre cœur, il n'y aurait plus de désir de l'unité... Essayez d'imaginer ce que cela implique.

 

Puisse l'idée de dieu périr, et les femmes avec ; ne m'ont-elles pas, l'une et les autres, fait apparaître grossier ? Qu'il n'y ait aucune méprise, la pureté et l'innocence sont simplicité, le bonheur est sagesse. Ce qui est simple ne possède pas de dualité.

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(1) Du Sexe, et à vrai dire de toutes choses.[retour au texte]

Titre original The book of Pleasure  par Austin Osman Spare, traduction française de Jean-Luc Colnot et Philippe Pissier © copyright Jean-Luc Colnot  le village, 26450 Cléon d'Andran, France, 2002.