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LA DOCTRINE DE L'ÉTERNEL AMOUR DE SOI

 

 

Voici maintenant l'explication de l'amour de soi. Il s'agit de la perfection de la croyance. Le 'moi' est le 'Ni Ceci-Ni Cela', sans rien d'omis, indissoluble, au-delà de la préoccupation ; la dissociation de la conception par son propre invincible amour est seule vérité, seule sûreté et seule liberté. Le désir, la volonté et la croyance cessent d'exister de manière séparée. L'attraction, la répulsion, et le contrôle contenu deviennent l'unité originelle, inerte dans le plaisir. Il n'y a pas de dualité. Il n'y a pas de désir de l'unité. A ce moment, il (le principe duel) demeure en son état inaltéré. La croyance n'est plus sujette à la conception en concevant le 'moi' comme tel par l'amour. A d'autres moments, cela (1) crée un centre, devient son environnement, identifié à ses ramifications, à sa conception créée, assujetti à la loi et à l'insatiable désir d'unité, vu que la dualité est unité (illustration). L'asservissement à la loi est la haine du Ciel. Seul l'amour de soi est l'éternelle toute-réjouissance, par la méditation sur ce moi resplendissant qui est joie mystique. A ce moment de félicité, il est ponctuel au rendez-vous de son imagination, quelle joie est sienne en ce jour! Un innocent vigoureux, sans péché, sans peine! Équilibré par une émotion, une réfraction de son extase est tout ce dont il a conscience comme extérieur (2). Sa vacuité engendre une biréfringence, 'Il', l'auto-resplendissant s'éclaircit[*NDT] dans l'Ego. Au-delà de la loi et invité à la 'Fête des Supersensualistes' (3). Il a pouvoir sur la vie et sur la mort (4). Hormis ce point, il n'est pas au-delà des reproches à se faire, il a en vérité libéré tout le désordre du monde, le meurtre issu de la foudre. L'amour de soi détournant l'esprit de la concentration, il est identité sans forme, n'est pas pensée comme telle ; les influences externes et la loi, circonscrites, ne jouent point. Lorsque cela abandonne toute croyance, ne reflète que sa signification, alors y-a-t-il pureté de vision, innocence du contact, ergo, amour de soi. En vérité, il est vrai que les hommes naissent, souffrent et meurent selon leur croyance. L'éjaculation est la mort. L'amour de soi est préservation et vie.

 

L'homme ayant le choix d'invoquer son plaisir, se retranche du désir, son désir est désir partiel, il devient sous-double (antagonisme), n'est jamais à pleine énergie. N'ayant pas de véritable foyer, il est trompé en sa force et puise en son corps une pure mesure de plaisir. Dans le succès, combien lourde sa condamnation! Le plaisir devient l'illusion. Au travers de l'affreuse nécessité, 'ses moyens', il est enchaîné à sa cause et à son effet, et devient un holocauste sur le bûcher du sentiment. Cet amour de soi est la seule énergie comble, tout le reste est emballage de mécontentement, l'hypothèse de désirs qui obscurcissent.

 

L'homme, souffrant de ses illusions et désirs insatisfaits, poursuit son vol dans les différentes religions, et doctrines, cherche de nouvelles déceptions, un hypnotique, un palliatif dont il endure de nouvelles souffrances, à bout de forces. Les termes[**NDT] de la cure sont nouvelles illusions, un embarras plus grand, un environnement plus stagnant encore.

 

Ayant étudié toutes les voies et moyens menant au plaisir, et les ayant bien considérés encore et encore, j'ai découvert que cet amour de soi était le seul libre, vrai et entier, rien de plus sensé, rien de plus pur, et rien de plus complet. Il n'y a pas de tromperie : lorsque par celui-ci toute expérience est parfaitement connue, toute chose sublimement magnifique et extrêmement gracieuse : où est la nécessité d'autres moyens ? Comme l'ivresse pour l'ivrogne, toute chose devrait lui être sacrifiée. Cet Amour de Soi est maintenant proclamé par moi être le moyen de faire se développer des millions d'idées de plaisir sans amour, ou ses synonymes - condamnation de soi, maladie, vieil âge, et mort. Le Symposium du moi et de l'amour. Ô! Sage, Fais-Toi Plaisir.

(1) Cela, le 'Ni Ceci-Ni Cela', émane un tétragrammaton de parents, dont les sexes évoluent via leur reflet cruciforme, et sont insaisissables dans leur identité. En leur fusion ils font que l'unité (la dualité) acquiert conception. Se reproduisant par subdivision, ils embrassent l'éternité, en leurs multiples ramifications est la loi. [retour au texte]

 

(2) I.e. son arc-en-ciel. [retour au texte]

 

(3) Le chapitre consacré à l'attraction de soi a été omis. [retour au texte]

 

(4) C'est le test. Celui qui doute se soumettrait naturellement. [retour au texte]

 

[* NDT] : Ou 's'allège' (dans le sens de se soulager). [retour au texte]

 

[** NDT] : Nous pensons qu'il faudrait lire 'thermes', même si l'édition originale porte bien terms. [retour au texte]

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Titre original The book of Pleasure  par Austin Osman Spare, traduction française de Jean-Luc Colnot et Philippe Pissier © copyright Jean-Luc Colnot  le village, 26450 Cléon d'Andran, France, 2002.