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LES SCEAUX

Psychologie de la Croyance.

 

 

Si la 'suprême croyance' demeure inconnue, croire est stérile. Si 'la vérité' n'a pas encore été vérifiée, l'étude de la connaissance est improductive. Même si 'ils' étaient célèbres, leur étude est inutile. Nous ne sommes pas l'objet par sa perception, mais en le devenant. Fermer les portes du bon sens ne sera d'aucune aide. En vérité, je ferai du sens commun la fondation de mon enseignement. Autrement, comment pourrais-je transmettre ma signification au sourd, ma vision à l'aveugle, et mon émotion au mort ? Dans un labyrinthe de métaphores et de mots, l'intuition est perdue, et c'est donc sans leur aide qu'il faut apprendre la vérité sur soi, de lui qui seul connaît la vérité... vous-même.

 

De quel usage la sagesse de la Virginité à celui qui a été violé par la séductrice, l'ignorance? De quel usage les sciences ou toute connaissance, hormis comme remèdes ? Le trésor caché ne vient pas au jour en creusant à mains nues dans la grande route. Même avec les outils adéquats et une connaissance précise de l'endroit, etc., il peut ne s'agir que de l'acquisition de ce que vous possédiez il y a longtemps. On peut grandement douter du fait que ce soit caché, si ce n'est par les strates de votre expérience et les atmosphères de votre croyance.

 

La question pertinente maintenant posée par 'Vous', elle devrait l'être par ceux qui désirent une certaine mesure de génie. Ma réponse, tel le puissant germe, est en accord avec l'univers, simple et pleine d'une signification profonde, et pour un temps extrêmement choquante pour vos idées de bon et de beau. Écoutez attentivement, ô Aspirant impatient de savoir! ma réponse, car en vivant sa signification vous serez véritablement libéré de l'esclavage de l'ignorance constitutionnelle. Vous devez le vivre vous-même ; je ne puis le vivre à votre place.

 

La principale cause du génie est la réalisation du 'Je' par une émotion permettant l'assimilation foudroyante de ce qui est perçu. Cette émotion est immorale en cela qu'elle permet une libre association de la connaissance sans les accessoires de la croyance. Sa condition est, en conséquence, l'ignorance du 'Je suis' et du 'Je ne suis pas', avec la distraction pour croyance. Son état le plus excellent est le 'Ni Ceci-Ni Cela', le 'Je' libre ou atmosphérique.

 

Vous souvenez-vous de cette pensée de votre jeunesse, celle d'après laquelle 'ce monde est un curieux endroit', de l'émotion éprouvée lorsque vous avez ressenti 'pourquoi' - pourquoi cette vie est-elle une raisonnable évolution ? Quelle était la cause de ceci, qui vous fit de suite chasser cette question hors de votre esprit ? A nouveau, le sentiment que l'objet le plus trivial est magnifiquement étrange et la vague impression de co-relation entre choses incompatibles (des raisonnements exhaustifs souvent le perçoivent mais toujours l'écartent) ; la curiosité et le choc d'une association plus intime aux merveilles de la création. Qu'est-ce qui vous empêche d'enquêter sur 'ce qu'est exactement la surprise', etc. ? Quelle est la cause de ce que votre croyance est plus forte en Dieu qu'en un combat de chiens ? Vous avez pourtant plus peur des chiens que de Dieu! Où se trouve la différence entre vous suffoqué par une inquiétante piété, et l'innocence d'un nouveau-né ? Peut-être que là se trouve la cause de l'ignorance.

 

La croyance est la chute hors de l'Absolu. Qu'allez-vous croire ? La vérité recherche sa propre négation. Différents aspects ne sont pas la vérité, pas plus qu'ils ne sont nécessaires à la vérité. De ses émanations - laquelle allez-vous étrangler à la naissance ? Êtes-vous illégitime ? Vous croyez dans le juste et l'erroné - quelle punition choisirez-vous ? Pouvez-vous échapper à l'absolue nécessité du 'Il faut' ? Qui peut échapper à l'ennui - sans changement ? Celui qui demeure seul et satisfait! Quel homme parmi vous est suffisamment volumineux et libre pour faire le tour de son 'moi' ? Votre croyance obscurcit la généalogie. L'ambition est petitesse - votre environnement habituel. Souvenez-vous : le temps est une imagination spontanée de l'expérimenté. Ce qu'on pourrait nommer la première expérience était son accomplissement, il n'y a donc pas de terme à l'instruction. Ce que vous apprendrez demain est déterminé parce que vous avez fait - la leçon achevée d'hier. Ne jamais apprendre aujourd'hui ce que vous pouvez faire demain est dit perte, mais c'est voler le temps, salubrité et rajeunissement. Répétez encore et encore ce retard jusqu'à ce que vous arriviez à la spontanéité, à la chance dans la sécurité. La recherche de l'instruction (croire) est la grotesque couveuse de la bêtise.

 

Si vous pouviez vraiment croire, nous pourrions réaliser quelle en est la vertu. Nous ne sommes pas libres de croire... autant puissions-nous le désirer, ayant des idées conflictuelles à épuiser en premier lieu. Les Sceaux sont l'art de croire ; mon invention pour rendre la croyance organique, ergo, véritable croyance.

 

Quand, par le vœu de croire - il est de toute nécessité incompatible avec une croyance existante et n'est pas accompli via l'inhibition de la croyance organique - il y a négation du souhait, la foi ne déplace nulle montagne, pas avant de s'être retirée. Supposons que je veuille être important (sans tenir compte du fait que je le sois), avoir 'la foi' et croire que je le suis ne me rend pas important - même si je devais en avoir la prétention jusqu'à la fin... c'est de l'hypocrisie cérémonielle, l'affirmation de mon incapacité. Je suis incapable, parce que c'est là la vraie croyance, et l'organique. Croire différemment n'est que simulation. Et donc la conception de mon importance ou 'foi' en elle est une croyance superficielle. La réaction et le démenti, causés par la pénible effervescence de l'incapacité organique. Le démenti ou la foi ni ne la changent ni ne l'annihilent, mais sont sa consolidation et préservation. Donc, pour être vraie, la croyance doit être organique et subconsciente. Le désir d'être important ne peut devenir organique que lors d'un moment de vacuité, et en lui donnant une forme (Sceau). Lorsqu'on est conscient de la forme du Sceau (uniquement lors du temps Magique), cela devrait être réprimé, un effort délibéré pour l'oublier, par cela il devient actif et domine durant la période inconsciente, sa forme le nourrit et lui permet de se relier au subconscient et de devenir organique, et cela achevé est sa réalité ainsi que sa réalisation. Il devient son concept d'importance.

 

Ainsi la croyance devient-elle vitale et vraie en luttant contre elle dans la conscience et en lui donnant forme. Ce n'est pas la lutte de la foi. La croyance s'épuise par la confession et la non-résistance, i.e. la conscience. Ne croyez pas croire, et à un certain degré vous obtiendrez son existence. L'opportunité dépendant de votre moralité, donnez aux pauvres. Si les ambitieux seulement savaient - il est aussi difficile de devenir incapable que de devenir important. Les deux sont mutuels comme accomplissements, et également satisfaisants.

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Titre original The book of Pleasure  par Austin Osman Spare, traduction française de Jean-Luc Colnot et Philippe Pissier © copyright Jean-Luc Colnot  le village, 26450 Cléon d'Andran, France, 2002.