Le sceau du Verbe

[extrait]

 

Il est écrit : " Au commencement était le Verbe " (Jean I : 1). Le premier verset de la Genèse commence par la même expression (Genèse I:1) : " Au Commencement " ; " Dans le Principe "..

Nous lisons dans le Zohar (I : 3b) : " L'Écriture désigne le Verbe par le mot 'commencement' bereschith בארשית  parce que pour opérer la création, il fut gravé sous la forme d'un tourniquet représentant les six grandes directions dont émane tout ce qui existe : les quatre point cardinaux, le haut et le bas. Ces six directions célestes donnent naissance à six sources, dont les eaux, bien qu'elles prennent des directions différentes, vont se jeter toutes à la fois dans le Grand Océan. La signification du mot 'bereschith' est donc celle-ci : 'bara-schith', 'Il créa les six'. "

Nous pouvons donc représenter ce tourniquet de la façon suivante :

                          

Dans la kabbale, le terme 'Au Commencement' bereschith se réfère explicitement au Verbe. Or, ce qu'affirme le Zohar, Jean ne cesse de le répéter. " Au Commencement était le Verbe (Jean I:1) Le Verbe est ce qui est " dés le Commencement " (I Jean I : 1). Et dans L'Apocalypse : " Je suis l'Alpha et l'Omega, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin " (XXII : 13)...

                                     

Pour le Zohar, le Verbe est symbolisé par un tourniquet (fig.1), une croix tridimensionnelle à six directions. Or, coïncidence troublante, le monogramme du Christ n'est autre qu'une variante très reconnaissable de cette croix à trois dimensions. Certaines formes semblent voyager à travers toutes les cultures. Cette croix, cette façon de quadriller l'espace, le temps, la vie et toutes choses dans un cercle ou dans une sphère de six directions et trois axes, les païens, les juifs, les chrétiens, les chamans semblent s'y référer. Ce tourniquet, Signe du Verbe, est pour Abellio la structure absolue !

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Le Sepher Yetzirah s'organise tout entier autour de cette croix de trois dimensions et c'est ainsi qu'il classifie, comprend, mesure, forme, et crée par le Verbe toute chose, que ce soit le temps, l'espace, les astres, le Cube, la Sphère, l'Alphabet, etc.

LE SEPHER YETZIRAH EN IMAGES

(Cliquer sur les miniatures).

Les correspondances données n'ont  d'autre mérite que d'être les plus anciennes connues (deuxième édition de Mantoue). La seule modification effectuée par nous (premier tableau) est l'attribution aux planètes qui n'avaient pas encore été découvertes. On peut consulter la traduction de cette version du Sepher Yetzirah dans la leçon cinq de notre cours de kabbale (2éme trimestre d'Études).

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Évangile de Jean... sagesse grecque ou sagesse hébraïque ? La Providence s'arrange pour que ce soient les deux.

Le kabbaliste chrétien Paul Vuillaud, bien avant Claude Tresmontant, soutenait l'existence d'un protoévangile écrit en hébreu. Cet évangile aurait servi de modèle à la postérieure rédaction des synoptiques. Vuillaud démontra brillamment que les contradictions existant entre les quatre évangiles, concernant des évènements identiques, reposaient uniquement sur des erreurs linguistiques ou des interprétations erronées d'un texte original qui ne pouvait être écrit qu'en hébreu. Il expliqua également comment certaines expressions curieuses du grec des Évangiles étaient d'évidents hébraïsmes, des traductions de l'hébreu. " Le IVème Évangile est rabbiniquement pensé. Mieux encore, il est construit selon un procédé symbolique familier aux kabbalistes. Ce symbolisme correspond à des formes hébraïques et non araméennes, dont les clés principales sont ha-pesah = 153, nabi + meleq = 153, cohen ha-gadol Jehouda = 153 ".

En revanche, la thèse défendue par Paul LECOUR d'un évangile de Jean puissamment fondé et inspiré par un hellénisme anti-juif ne tient pas, bien qu'elle fut très en vogue à l'époque où vécut l'auteur. Selon LECOUR, Jean, le plus grec des Évangélistes, s'opposa farouchement au judaïsme et à "son Dieu de Race" (sic) Jéhovah. Mais bien piètre disciple eut été Jean de séparer ce que Dieu a uni, "Lui qui des deux (juifs et païens) n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation" (Éphésiens II:14). 

Que se rapprochent le Tourniquet du Verbe et le Chrisme ! Pourquoi opposer ce qui mutuellement s'éclaire ? On soulignera néanmoins que le commentaire de l'Évangile de Jean par Paul LECOUR a le mérite immense de rappeler les attitudes cosmiques, païennes et immanentistes de Jésus, dont le sang et la chair sont de vigne et de blé. 

Dans la plupart des versions hébraïques de l'Évangile de Jean que nous connaissons, le premier verset traduit 'Dieu' par le nom Elohim, ainsi que cela se fait aussi pour le passage équivalent de la Genèse. Si cependant, nous remplaçons le nom Elohim אלהים par le nom יהוה, le premier verset de l'Évangile de Jean s'écrit de la façon suivante :

Quand au premier verset du Livre de la Genèse, il s'écrit en hébreu :

Or, on constate que la valeur numérique de ces deux versets est identique : 2701

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Suite de la Leçon n° 2 : Les Symboles de Jean

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NOTE BIBLIOGRAPHIQUE

Sepher ha Zohar traduction Jean de Pauly, éditions Maisonneuve et Larose, 1977

Le Christ hébreu par Claude Tresmontant, éditions Albin Michel, 1983

La Clé traditionnelle des Évangiles par Paul Vulliaud, éditions Émile Nourry, 1936

L'Évangile ésotérique de Saint Jean par Paul Lecour, éditions Dervy-Livres, 1980