Que sont le Père, le Fils et l’Esprit-Saint ? Sont-ils seulement "connaissables" et "participables" ? Quelle est la nature de leurs divines relations ? Sont-ils LE MÊME ? Et si oui, pourquoi la tradition chrétienne les distingue-t-elle ? Et si leur lieu n’était autre que Moi ? Telles sont les questions qu’étudie ce dossier "Trinité", écrit il y a plusieurs années à l’intention de l’impétrant hiérosophe. Triple en Un qui, tel un Aleph "en plénitude" répétant trois fois l’Un (111), pousse à jamais l’enquêteur vers le non-su de Moi.

Ce dossier sur la Trinité, proposé par JL Colnot, a été publié pour la première fois dans la revue du Centre d’Etudes Hiérosophiques, LE GRIFFON n°9, (c) CEH, 1996.


 

Les trois grands tridynames sont les trois grandes triples puissances divines ou les trois grands Aeons.

On entend par le mot Aeon une détermination de l’Etre divin, un rôle, un personnage divin.

Le mot Aeon du grec Aiôn , signifie substance éternelle. Il est pris ici dans le même sens que le mot grec prosopon et le latin persona qui veulent dire masque de théâtre, rôle, personnage. Comme le mot persona, d’où le français personne, signifie aussi un individu doué de liberté et de raison, il s’établit une confusion des deux sens, en sorte que les personnes divinés ont éloigné beaucoup de très bons esprits de la doctrine chrétienne et ont engendré des discussions qui ont fait couler inutilement des flots d’encre et de paroles. Les mots Aeons et tridynames n’ont plus le même inconvénient.

Le premier des trois grands tridynames est Dieu le Père ou le Principe.

Pour mieux comprendre les propos de l’auteur, on peut se référer au tableau suivant :

Les trois grandes puissances du Père sont l’activité volontaire et libre, la suscitation des êtres et leur attraction.

Par volonté et liberté du divin Père, on entend l° Le pouvoir, non de faire l’impossible ou l’absurde, mais de faire tout ce qui est possible absolument ; 2° non pas de le faire nécessairement, mais de le faire s’il le veut.

Dieu est activité consciente, parfaite activité, non déterminée, mais se déterminant : activité libre, capable de toute action ; elle agit selon qu’elle veut et veut selon qu’elle doit... L’infinité du parfait être n’est point une extension infinie, mais un pouvoir infini d’agir ou de ne pas agir : sans quoi S’il fallait qu’il fut toujours tout entier déployé, si son infinité lui ôtait la liberté d’agir et d’être comme il voudrait, il serait limité par son infinité même. Que dis-je ? Son action serait contradictoire, puisqu’elle irait ou à produire des possibles qui s’excluent, ou à produire les uns à l’exclusion des autres. Mais alors elle ne produirait pas tous les possibles, et au sens où on la déclare infinie, elle ne le serait pas. Dieu choisit donc son action, et il exerce l’infinité de son pouvoir, soit qu’il agisse ou qu’il se retienne. L’Etre infini n’est pas l’acte infini, mais puissance infinie. Il n’est pas en acte, infiniment, mais parfaitement et comme il est parfaitement, il peut infiniment. Son pouvoir d’agir, n’a pas d’autre limite que celle du possible... Ce qui ne peut être fait, Dieu ne le fait pas et, de ce qui peut être fait, il fait ce qu’il veut f aire.

Par la suscitation des êtres par le Père on entend que les êtres ne peuvent passer de la puissance à l’acte, c’est-à-dire se réaliser, que si le Père le leur permet et les excite à le faire.

Nous avons vu que l’être ne passe de lui-même de la puissance à l’acte que si aucune autre réalisation déjà faite ne l’en empêche, mais alors, il y passe au [... 1 tout entier, il devient l’être parfait. Mais alors celui-ci existant, le passage à l’être n’est plus possible que si l’être parfait ne s’y oppose pas et le veut. Il empêche les êtres possibles qui prétendent à l’existence, ou, à son gré, leur permet de se produire et les détermine à se manifester sous telle forme à ré[...1tal possible qui exclue les autres. D’où la pluralité des êtres et leur lien. Le Père ne produit pas les êtres, ils émanent tous du Propator, mais les fait émaner, il les sollicite, il les suscite à émaner, à se produire, mais dans l’ordre qu’il lui plait et avec le degré de réalisation qu’il lui plait. Chaque être est ainsi une unité simple comme l’être parfait lui-même, une monade. Faire passer de la virtualité à la réalité de l’être, c’est faire passer du non-être à l’être, c’est tirer les êtres du néant, de la mère universelle. C’est faire réel ce qui n’est pas réel, faire exister ce qui n’existait pas. Et c’est créer dans le sens intelligible du mot. On voit donc que la création se concilie avec l’émanation. On voit par ce qui précède que l’Etre se polarise en quelque sorte et se manifeste sous une double forme : un être parfait, des êtres à tous les degrés et perfectibles : un être parfait, premier né de l’être et sa manifestation suprême, souverain Esprit par qui existent tous les êtres.

L’attraction que le Père exerce sur les êtres consiste en une sorte de charme que par sa perfection il exerce sur les êtres et qui fait que tous soupirent vers lui, soit d’une manière presque inconsciente, soit avec pleine conscience, selon leur degré de développement.

La perfection est le bien où chaque être doit parvenir. Mais les êtres n’ont pas leur perfection, non plus que leur existence par eux-mêmes : comme l’être premier, il faut qu’ils deviennent parfaits par l’action de celui à qui il appartient de les faire être. Et lui-même ne serait point parfait, s’il leur enviait l’être qu’il tiennent de lui.- s’il leur refusait cet être qu’ils ont en puissance, dont il ne tient qu’à lui de leur permettre la réalisation. Les êtres sont donc destinés à former une société d’êtres parfaits unis à Dieu. Le Divin Père, qui en suscite les êtres, est leur commencement, leur Alpha ; il fait se développer, se perfectionner leur être, en les attirant à lui il est leur fin, leur Oméga.

Les trois puissances du Père constituent trois Aeons, trois rôles du Père, ces trois Aeons secondaires ne forment qu’un seul et même grand Aeon.

Ces trois Aeons sont moins distincts entre eux que les autres Aeons dont nous aurons à parler. La volonté qui est la faculté prédominante du Père, exprime surtout l’unité. Or, quand il s’agit pour nous d’expliquer l’unité de l’être, les paroles nous manquent. C’est pourquoi la connaissance du Père rentre dans celle du mystère de l’ineffable.

Les deux autres grands tridynames sont deux déterminations opposées et parallèles qu’on nomme les deux grands Aeons jumeaux.

L’être passe de la puissance à l’acte en prenant conscience de lui-même, c’est-à-dire en rapport, en relation avec lui-même. Cette relation, ce rapport se nomme intimité. Ce rapport doit être ordonné conformément à l’essence, par conséquent selon l’unité, selon l’essence propre et l’essence entière. L’intimité sous le caractère de l’essence propre est la pensée ou la conscience de soi. Dieu a donc la conscience et le sentiment de lui-même ; Dieu se connaît tel qu’il est, sent tout ce qu’il est. Cette connaissance et ce sentiment, manifestés sans restrictions, sont identiques à la vérité et la félicité. La conscience de soi est la vérité, le sentiment de soi est la félicité, qui dans le premier tridyname se confondent en une unité avec la volonté, sont à l’origine de deux grandes déterminations divines qui sont entre elles comme l’essence propre et la pensée sont à l’essence entière et au sentiment.

Cependant l’essence divine étant une et indivisible, elle est toute entière dans chacune de ses déterminations. Alors comment ces déterminations peuvent-elles être opposées ? Elles sont opposées en ce qu’elles possèdent le rapport de l’essence propre à l’essence entière, d’une part sans la prédominance du propre, de l’autre, sans la prédominance de l’entièreté. Dans l’une toute l’essence divine se manifeste sous la prédominance de l’existence en soi et pour soi ou de la pensée, dans l’autre sous la prédominance de l’enchaînement, de l’ensemble ou du sentiment. Mais Dieu est aussi d’une manière indivise chacune de ses deux déterminations avec prédominance de la volonté. D’où les trois déterminations.

Les trois puissances du second tridyname sont l’intelligence, le logos, l’humanité.

L’intelligence divine c’est Dieu considéré comme l’être intelligent par excellence, pouvant connaître toute vérité.

Dieu se détermine comme sujet intelligent, mais son intelligence ne ressemble pas à la nôtre. Ce n’est pas par un raisonnement inductif ou déductif que Dieu connaît mais par une simple vue ou comme on dit par intuition. La connaissance de Dieu est toujours vraie et certaine. Dieu ne se trompe jamais, il connaît toujours la vérité. L’intelligence infinie, c’est le pouvoir de connaître tout ce qui est connaissable absolument.

Le logos est la connaissance que Dieu a du possible ou de l’intelligible. C’est l’ensemble des idées qui constituent la pensée divine ou la science divine.

La représentation de l’être possible, de l’intelligible dans la pensée du parfait être est le logos. Les idées sont contenues les unes dans les autres, elles s’unissent et s’opposent les unes dans les autres. Toutes découlent d’une seule idée. Elles se déroulent dans la connaissance avec unité, variété et harmonie. Elles forment un discours, une science (logos).

L’homme divin c’est Dieu considéré comme le type de la nature humaine.

L’homme comme Dieu est intelligence et capable de science. Il est fait par conséquent à l’image du second tridyname et celui-ci est son modèle, son type. Mais le type n’est pas le modèle de tel ou tel homme, mais de toute l’humanité prise comme un seul homme, il n’est pas le modèle de la moitié masculine ou de la moitié féminine de l’humanité, mais celui de l’une et l’autre moitié à la fois. C’est pourquoi on dit que l’homme divin est androgyne.

Ces trois puissances forment un seul grand Aeon qui est formé de trois Aeons.

Les trois puissances du troisième tridyname qui correspondent aux trois puissances du second sont l’amour, la vie et l’assemblée.

J’entends par l’amour le pouvoir qu’à le troisième grand Aeon d’établir entre lui et les êtres un rapport d’attachement et de pénétration.

Dieu n’est pas seulement un être intelligent possédant la vérité, il est aussi un être aimant possédant la félicité. De là une détermination divine qui est Dieu rattachant à lui tous les êtres en les pénétrant de lui-même. Les deux Aeons, intelligence et amour, sont parallèles ou coordonnés, ils forment un couple ou Sygigie.

La vie, c’est le pouvoir qu’à le troisième tridyname de solliciter les êtres à développer tout ce qui est dans leur essence.

La vie soit spirituelle, soit corporelle, est le développement de ce qu’un être contient en puissance. Tous les êtres se développent, sont vivants. Et de même qu’ils sont suscités à l’existence par le Père, ils sont sollicités au développement à la vie par le troisième tridyname. La vie universelle est la réalisation du logos dans l’univers. Le logos et la vie forment une grande Sysigie.

L’assemblée ou Eglise, c’est le pouvoir qu’à le troisième tridyname de réunir en un seul être, tous les êtres, de les unifier.

Tous les êtres rassemblés par un amour mutuel forment comme un seul être qui est l’Eglise. Le troisième tridyname est le principe de tous ces amours, et également leur somme et même la surpasse. Tous les êtres se réunissent dans l’assemblée comme tous les hommes trouvent leur type dans l’homme divin. Celui-ci et l’assemblée forment une Sygigie.

Les trois couples d’Aeons secondaires ne doivent pas être considérés comme formes d’un Aeon masculin et d’un Aeon féminin, ce n’est qu’une manière poétique de parler pour signifier l’opposition des deux Aeons formant un couple ou sygigie.

La Sainte Gnose distingue 5 + 6 déterminations dans le second Aeon, qui s’opposent à 5 + 6 déterminations du troisième Aeon.

Les cinq déterminations du deuxième grand Aeons sont : 1° Le fils unique du Père , 2° sorti de la profondeur du principe ; 3° Dieu comme le Père, mais Dieu jeune puisqu’il est fils, il ne vieillit pas ; 4° existant par lui-même puisqu’il est Dieu, bien qu’engendré 5° moteur immobile auprès de Dieu.

Le Père s’unit à l’intelligible ( la mère ) distincte de lui, autre que lui et de leur commerce naît la pensée divine, la raison souveraine, le fils unique aussi ancien que le Père, le logos engendré de toute éternité et que les latins nomment le verbe .

Le Fils a toujours été représenté sous les traits d’une jeune homme ( Apollon, l’intelligence et l’harmonie, Ares la jeunesse et le printemps ).

Les six autres déterminations du deuxième grand Aeon sont : 1° Illuminateur, vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde ; 2° Formateur et ordonnateur du monde, tout a été fait par lui et rien n’a été fait sans lui ; 3° Nourricier spirituel entretenant la vie ; 4° Chantant l’universelle harmonie ; 5° orateur universel ; 6° l’idéal.

Le fils unique du Père prononce un discours ( le logos ) il émet des ondes vibratoires qui sont la lumière, ondes qu’on peut comparer aux ondes sonores. En même temps qu’orateur, harangueur ou ecclésiastique il est musicien, chantre, il chante les louanges de l’être, il raconte la gloire du Tout-Puissant. Par les mêmes vibrations, il éclaire, il chauffe, il est feu. Comme formateur, Valentin le nommait le paternel comme nourricier, il le nommait le maternel.

Les cinq déterminations du troisième grand Aeon sont : 1° la splendeur de la vérité ( la beauté ) ; 2° le principe d’union de tous les êtres ; 3° force d’exaltation et d’enthousiasme produisant la joie ; 4° L’attraction qui réunit tous les êtres ; 5° la délectation et la parfaite félicité.

Selon les grecs, l’Aeon amour était le plus beau des immortels, et d’après la tradition cathare, ce troisième grand Aeon est d’une beauté ineffable et c’est une des plus grandes joies des anges que de la contempler.

Les six autres déterminations du troisième grand Aeon sont : 1° Consolateur, celui qui donne la foi, qui console ; 2° Rénovateur de toutes choses, ce qui permet aux malheureux d’espérer ; 3° le sanctificateur, le purificateur, celui qui rend l’homme plein de charité ou saint ; 4° Procureur de la béatitude ; 5° l’inspirateur ; 6° celui qui fait qu’on se conduit avec prudence et sagesse, parce que lui-même est prudence et sagesse.

On nomme l’ensemble des Aeons des trois ordres, qui forment les trois grands tridynames, le plérome divin, ou le divin plérome.

Il n’y a aucune différence entre le divin plérome et l’Etre parfait que nous appelons Dieu.

Toutes les déterminations de Dieu ou les Aeons n’étant que les différents rôles de Dieu, il est clair que tous les Aeons ne forment qu’un seul et même Dieu. On voit aussi que les trois parties du plérôme ou les trois tridynames ne forment qu’un seul et même Dieu. Seulement quand nous considérons dans son unité l’Être parfait, nous l’appelons Dieu ; quand nous le considérons dans l’ensemble des déterminations, nous l’appelons le plérôme. Ajoutons que les déterminations dont nous avons parlé ici, sont les principales, mais qu’il y en a une infinité d’autres.

Le Christ et l’Esprit

On nomme les manifestations des deux tridynames jumeaux dans l’univers l’Aeon Christ et l’Aeon Esprit-saint.

Le Christ est la manifestation universelle de l’intelligence, du logos et de l’homme divin. C’est le second tridyname agissant dans l’univers.

Le mot Christ signifie l’oint et l’Oint c’est le feu .

Le feu en sanscrit se nomme agni, d ’où le latin ignis et le nom propre agnus qu’on donne au Christ. Comme on répend sur le feu de l’autel ( considéré comme le feu par excellence ) du beurre clarifié ou de l’huile, le feu est oint ou sacré, il est Christos en grec, unctus en latin, aktra en sanscrit. On a donc l’habitude au lieu de dire le feu Oint, de dire simplement l’oint.

Le feu est le mouvement vibratoire causé par l’Aeon intelligence immobile auprès de Dieu le Père, foyer de l’univers, qui exprime le logos, et qui agite tous les êtres.

Au delà de l’étoile la plus éloignée que le télescope le plus puissant puisse nous découvrir, se trouve à une distance inconcevable pour nous, le soleil de tous les soleils, le soleil dans sa vraie forme, le centre de toute forme, le foyer de toute intelligence, l’être parfait. De ce centre divin, de ce trésor de lumière partent des ondulations, des vibrations en nombre inconcevable, d’une rapidité incompréhensible. Elles remplissent tout l’espace, pénètrent toutes choses, mais sont à leur tour modifiées par les choses quant au mode et à la rapidité des vibrations. Toutes les manifestations physiques et spirituelles sont le résultat d’interférences, de modifications apportées au mode vibratoire. Ainsi tous les corps incandescents de l’univers manifestent aussi ce mouvement vibratoire relativement très ralenti et qui frappe nos sens sous forme de chaleur et de lumière. Tous les esprits manifestent aussi ce mouvement vibratoire sous forme de productions mentales, émotions, idées, etc.

On distingue trois sortes de vibrations ou de radiations principales dans le feu : les physiques, les psychiques -et les pneumatiques. Les premières sont les moins rapides et les dernières les plus rapides.

Ces trois sortes de vibrations sont parfois comparées à trois répercussions de son, trois réponses, trois amen ou trois voix.

On distingue sept notes ou rayons dans chacune de ces trois sortes de vibrations. Ces sept notes ou rayons se nomment sept amen ou sept voix.

Le feu Christ est le fils unique agissant à l’extérieur de lui-même, le logos non plus pensé, mais proféré, parlé ou chanté.

L’Esprit-Saint est la force qui produit une sorte de courant partant du foyer divin de l’univers et arrivant aux confins du monde physique, pour de là retourner au foyer divin.

Nous avons déjà dit que le soleil divin formait le pôle positif de l’univers et que le cénome (1) ténébreux qui entoure l’univers en était le pôle négatif. Le premier pôle peut être considéré comme un point, le second comme une surface sphérique. Des lignes de forces sont établies entre les deux pôles, suivant tous les rayons de la sphère et ces rayons sont en nombre indéfini. Tous les êtres se déplacent et se classent suivant ces lignes de force. Le magnétisme de cet aimant universel est la manifestation extérieure du troisième tridyname pris dans son unité et se nomme l’Esprit-Saint ( pneuma-agion ).

Il faut prendre ici le mot Esprit dans le sens de souffle, de vent électrique. Le vent a toujours été considéré comme la manifestation physique de l’Esprit-Saint.

De même que tous les feux terrestres sont des manifestations du Christ et dérivent de lui, de même tous les courants électriques qui agitent notre atmosphère et produisent un vent sont des manifestations de l’Esprit-Saint et dérivent de lui. De même que le Christ est la cause première de tous les feux, de même l’Esprit-Saint est la cause première de tous les courants fluidiques. Les prophètes reconnaissaient l’inspiration de l’Esprit-Saint dans le léger souffle du vent du soir.

L’Esprit-Saint électrise les êtres, il les magnétise physiquement et spirituellement.

De même que le Christ chauffe et éclaire spirituellement et physiquement, de même l’Esprit-Saint électrise ou magnétise physiquement et spirituellement.

On appelle les enfants de l’enfant les deux grands Aeons : Christ et Esprit-Saint.

Les deux jumeaux procèdent tous deux du Père et bien que le Fils seul soit engendré par le Père, on les considère tous les deux comme les enfants du Père. Mais le Père est lui-même le premier né de l’Être. Les jumeaux sont donc les enfants de l’enfant (2).


(1) Dans les Documents de l’eglise Gnostique, J. Bricaud précise le sens du mot cénome : « La divine Mère est l’espace réceptacle de tous les êtres en actes et qui contient aussi l’être en puissance. « On le nomme Cènome ou le vide. « Une image empruntée à la kabbalc, fera fort bien comprendre ce qu’il faut entendre par Cénome. Quand l’être en puissance ( le Propator ) voulut se manifester, il se concentra en un certain point qui devint lumineux, laissant autour de lui le vide et les ténèbres qui sont le Cénome. Le point lumineux cst le soleil universel la source inépuisable de la lumière, le trésor de la Lumière ».

(2) Ce texte de Jean Bricaud est tiré du fonds J. Bricaud, cote ms 6120 à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Première publication in LE GRIFFON n°9, revue du CEH, 1996