SIRIUS VEGA
Le couple d¹étoiles Sirius Véga est un couple dualiste de contradiction à la
situation non seulement de réalité, mais de manifestation, Sirius étant à Véga
ce que la Bête est au Dragon. Mais il y a une différence radicale : la Bête
était passion déterminée en statisme enchaîné. Sirius est aussi passion déterminée,
mais en dynamisme incarné dans un animal domestique - donc lieu de la révolution
du mourir et pas de la mort qui concerne l¹espèce humaine -, et Sirius est
passion déterminée, mais en situation dynamique de son statisme premier puisqu¹il
aboie. Il est donc le Verbe de la parole en action réagissante, étoile témoignant
par son lever de la coïncidence avec l¹inondation du Nil, qui est bien passion
déterminée en état et en action : il coule, mais en réaction aussi par sa
passion, puisqu¹il déborde et inonde ses rivages, profondément à l¹intérieur
des terres, tandis que Véga est en situation de réaction déterminée en
situation de statisme de son dynamisme premier. Et Véga témoigne du Silence
immanent en réaction, et il est Principe, alors que Sirius n¹est pas silence
mais au contraire bruit, pas son, de ses aboiements. Véga, étant réaction déterminante
mais en situation de statisme de son dynamisme premier, est - je crois bien - témoignage
unique du collectif d¹écritures secrètes du Verbe et présence du Principe en
demeure - pas en véhicule, tandis que Sirius est Verbe en véhicule - l¹animal
-, pas en demeure.
Véga est étoile de l¹exception, Sirius est étoile du miracle.
Sirius est étoile plus de Nature que de Surnature; Véga est étoile plus de
Surnature que de Nature.
Sirius est l¹étoile où le trop plein du Chaos s¹écoule, commence à s¹écouler
; Véga est l¹étoile où le trop vide commence à se remplir, où l¹intemporel
commence à s¹ouvrir à l¹histoire exceptionnellement.
Dans le cas de Sirius, l¹histoire commence à s¹ouvrir miraculeusement à la
non-histoire, à l¹intemporel.
Le système solaire collectif dont la Terre est l¹unique par excellence - alors
que chaque planète est unique sans excellence - est le domaine de l¹existence
entre le Chaos - donc entre Sirius et ses Vertus - et le Néant - donc entre Véga
et ses Vertus.
Le Chaos est lieu de la Vie où la nature l¹emporte sur la surnature, le Néant
est lieu de l¹esprit où la surnature l¹emporte sur la nature, CHAOS étant l¹origine,
le Néant étant le terme.
Entre les deux et leurs deux étoiles, le système solaire, ses astres et ses
luminaires, est le collectif du domaine de l¹existence dont la Terre est le
lieu unique par excellence où paraîtra l¹humain et son existence,
alors qu¹il y a déjà le cosmique et le divin, le chaos étant au cosmique ce
que le néant est au divin ; mais le cosmique ne pourra surgir que du trop plein
du chaos vidé, alors que le divin ne pourra surgir que du trop vide du Néant
rempli.
Donc la Terre est le lieu unique où peut surgir l¹humain de l¹univers. Il n¹y
a que la Terre réelle pour être le lieu de l¹humanité possible. Il n¹y a
pas d¹humanité ailleurs.
Sur cette terre apparaît la rencontre entre le mâle et la femelle, qui devient
dans l¹acte conception, fécondation, gestation, tout ça étant naissance,
puis passage par l¹accouchement au Naître, puis à l¹exister de l¹être
local qui deviendra global en forgeant peu à peu la conscience qui deviendra
conscience absolue de la conscience relative. Et après l¹exister, l¹être et
son devenir, son avoir ,son agir, son faire, il y a le mourir et la mort, et la
victoire nécessaire et inévitable sur la mort durant un certain temps, par la
résurrection par le phénomène déclencheur, acte unique de l¹apocalypse et
apparition de la parousie où la résurrection devient le corps glorieux
transparent, après le corps physique opaque de l¹existence qui a précédé le
mourir et la mort. Et le corps glorieux de l¹âme acquise au cours du devenir
de l¹existence est en situation d¹essence et non d¹existence, malgré la présence
de la chair. C¹est par l¹acquisition de la conscience au degré ultime que l¹essence
qu¹est le corps glorieux devient existence, et le corps opaque devient le corps
brillant répandant la clarté autour de lui, comme serait le phare dans l¹océan
nuit et jour.
Comme le Chaos est à l¹origine et le Néant au terme, avec l¹existence du
système solaire, de ses planètes et de ses luminaires et de la Terre au centre
subjectif de tout, ou plutôt domaine d¹intersubjectivité où l¹objet est
plus et mieux que le sujet, le physique, quoique produit par la métaphysique
qui est tout de même première avant l¹accession à la norme physique du corps
qui atteint ainsi un certain degré de maturation et de maturité donc du
devenir de l¹être, de l¹agir, du faire et de l¹avoir, l¹exister, le mourir
et la mort vaincue où l¹humain s¹est adjoint le cosmique et le divin. Puis,
le néant apparaît comme terme absolu en étant mourir et mort.
Mais si la mort devient le terme absolu, l¹homme est capable - par ses vertus d¹humain
- de devenir, d¹être, d¹agir, de faire, d¹avoir et de dépasser tout ça par
l¹acquisition lente mais toujours révolutionnaire à son degré ultime de
conscience absolue de conscience relative ; il est capable, donc, de remplir le
Vide du Néant, ce qui est une transmutation, la transmutation radicale où
le Néant, lieu du Non-être, devient malgré tout et par conversion
absolue, lieu de l¹être et en plus de sa conscience, donc sûrement et nécessairement
- à un certain moment - victoire sur le mourir et sur la mort par la résurrection
et l¹accession au corps glorieux de l¹âme créée pendant l¹existence précédant
la mort et le mourir ; corps glorieux transparent qui n¹est encore qu¹essence,
deviendra, par l¹acquisition en devenir absolu de la conscience ultime où le
corps glorieux de l¹âme qui n¹était qu¹essence devient enfin existence dans
un corps brillant et non plus opaque et définitivement LIBRE et capable
de créations absolues et permanentes pour chaque être humain et pour tous les
humains, y compris l¹explosion de l¹enfer et l¹implosion du Paradis lors du
passage de l¹éternité absolue à la situation d¹éternité relative ; de même,
passage - aussi - de l¹infini absolu à la situation d¹infini relatif,
explosion et implosion qui sont contemporaines de ces passages dialectiques de l¹éternité
et de l¹infini.
[ Texte publié in BUNKER n°6, 1983 ]