Tout astrologue a le complexe de Dieu, alors qu'il n'est qu'un infime
adjudant en prévoyant - et parfois prédisant - l'avenir ou le futur de sa
clientèle. En réalité, il pratique complètement - mais en fait pas complètement
- une partie de la théorie de l'astrologie, ou mieux ou pire : des recettes d'astrologie.
J'ai la théorie complète de l'astrologie jusqu'à la perfection. J'en ai, j'en
suis toute la connaissance - et je la transmets, par exemple, entre
autres, à Robert Changeux qui devient alchimiste, mais je n'interprète pas de
thème. Marx a dû dire - à peu près - que c'est par la pratique qui engendre
le discours qu'on peut connaître la théorie, par l'expérience qu'on atteint
la connaissance.
Mais, en réalité, dans l'histoire avec le temps qualitatif, on n'arrive jamais
qu'à une connaissance, mais pas à la connaissance. Tandis que si on
passe par l'intemporel, par la vertu de l'intuition de vitesse immédiate
née de la foi et du désir en Noces, on peut toujours atteindre la toute
connaissance, à condition d'être révolutionnaire des deux révolutions ( intérieure
et extérieure ), en y adjoignant nécessairement - et par liberté - la
tendresse infinie de l'amour absolu, et surtout l'humilité ultime de l'ultime,
etc, etc, etc.
L'intemporel concerne à la fois l'unité et le surnombre, et - par exception
seulement - le Nombre. Donc l'intemporel est lieu de la contradiction du Capital
et du Travail, du Tout et du Rien, du Chaos et du Néant, etc, etc, etc. Mais le
maniement - au degré de la virtuosité - de la dialectique et de la maïeutique
nées des Noces de l'être global et de la conscience ultime, peut découvrir la
solution de toutes ces contradictions, avec - évidemment - la toute
connaissance ou la lumière avec la clarté et la tendresse infinie de l'amour
absolu : tout ça, en situation doublement révolutionnaire ( intérieure et extérieure
), c'est aussi la dissolution positive dont j'ai parlé dans un texte précédent.
Mais dissolution positive qu'on peut dépasser par le désir et la foi, capables
alors du choix de l'incarnation ultime et nouvelle - partout et toujours, ici et
maintenant.
Il y a les petits mystères - ceux de la tradition, et les grands mystères -
ceux de la révolution éventuelle déjà, celle jointe à la tradition : d'ou l'hindouisme
et le bouddhisme. Les petits mystères concernent la liberté relative, - celle
de la personne. Les grands mystères concernent la liberté absolue, - celle de
l'ensemble. Le bouddhisme diffère de l'hindouisme qui est fait de mythes démesurés
comme surnombre. Le bouddhisme concerne donc l'humain au degré aussi cosmique
et divin. Chacun étant unique, chaque ensemble, chaque pays est unique et use d'une
langue chaque fois différente - d'ou beaucoup de langues qui sont toutes l'émanation
du langage et du verbe - dont le principe et tout ce qui le précède sont l'essence
radicale.
Ainsi, il est fondamental d'être révolutionnaire, d'être humble, et d'aimer
pour vivre juste et vrai dans les noces, même pendant l'existence avant le
mourir et la mort qu'on peut alors traverser glorieusement en étant personne -
donc rien et forcément tout comme conséquence.
Vulcain dispose de la poésie et de l'art pour rendre toujours actuel, jeune, -
de plus en plus et de mieux en mieux jeune -, tout instant de l'éternel présent.
Il est suffisamment alchimiste, - mieux: il est alchimie -, pour qu'avec lui
rien ne soit passé, ancien, usé, usagé, terminé etc..._ C'est lui qui
produit des engrais, - au degré de l'excellence - venant de toutes les pires
ordures. C'est avec le pire - et pas avec le bien - que Vulcain fait le
meilleur. La terre, - par la présence de la pierre philosophale qui lui est
reliée -, fait alors passer le meilleur à la situation de perfection de l'espèce
humaine et des trois règnes qui concernent la terre, unique par excellence.
Terre géocentrique, - donc sujet; Terre héliocentrique, - donc objet en
situation de noces malgré leur contradiction, mais aussi par le mystère de la
vie qui les habite toutes les deux et par la présence - aussi - de l'esprit
dissout entièrement dans cette vie là. Les noces de l'essence et de l'existence,
c'est la substance, c'est le dessert au terme, et le hors d'oeuvre à l'origine.
La substance, c'est l'âme à son degré d'immanence, à la fois demeure dans le
corps et véhicule enfin hors du corps. Vulcain arrive à vaincre l'obstacle, il
est adroit. Il passe de la confrontation à l'affrontement. Mercure tourne l'obstacle,
il est seulement habile.
[ carnet 32, pages 1 à 28 ]