Il y a sept clés à la grande porte,
Étant huit en une et une en huit,
D'abord, que ton corps soit immobile,
Rigide comme un cadavre ; afin de pouvoir avorter
Des foetus de l'agitation qui taquinent la pensée.
Puis, que ton rythme respiratoire soit faible,
Aisé, lent et régulier ;
De sorte que ton être soit en harmonie
Avec la grande pâmoison de l'océan Pacifique.
Trois, que ta vie soit pure et sereine,
Oscillant doucement tel un palmier à l'abri du vent.
Quatre, que ta volonté-de-vivre soit enchaînée
Au seul amour de la profondeur.
Cinq, que la pensée, divinement affranchie
Des sens, observe son entité.
Surveille toute pensée qui surgit ; accroît
Ta vigilance d'heure en heure!
Vif et tranchant, tourné vers l'intérieur,
Ne manque d'aucun atome d'analyse!
Six, sur une pensée solidement fixée,
Apaise tout murmure du vent!
Ainsi comme une flamme immuable et droite
Consume ton être en une parole!
Puis, calme cette extase, prolonge
Ta méditation, la rendant forte et rude,
Tuant même Dieu, s'Il devait distraire
Ton attention de l'acte choisi!
Enfin, toutes ces choses en une seule subjuguées,
Il est temps que s'épanouisse la fleur de minuit!
L'unité est. Quoique même en cela,
Mon fils, point d'erreur ne commettras
Si tu réfrènes l'expression, décoches
Un trait de ta lumière à la source enténébrante de l'extase,
Abandonnant même nom, forme, vue et emphase
De cette conscience supérieure ;
Perce au coeur! Je te quitte ici :
Tu es le Maître. Je révère
Ton éclat qui gronde au loin,
Ô Frère de l'Étoile d'Argent!
Crowley : "AHA!"
Extrait de
"AHA!", in
"Book Four, Part One" : première publication par Wieland
& Co.
(Londres, 1911).
© Philippe Pissier pour la
traduction française (5 rue
Clémenceau, F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) &
© Ordo Templi Orientis
(JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA) pour le texte anglais.