CHAPITRE VI
DHYANA
Ce mot possède deux sens complètement distincts et mutuellement exclusifs. Le premier se réfère au résultat lui-même. Dhyana est le même mot que jhana en Pali. Le Bouddha comptait huit jhanas, qui sont à l'évidence différents degrés ou types de transe. Les Hindous parlent aussi de dhyana comme d'une forme inférieure de samadhi. D'autres le regardent toutefois comme n'étant qu'une intensification de dharana. Patanjali dit : "Dharana consiste à s'accrocher à quelque objet particulier. Un flot ininterrompu de connaissance relative à ce sujet est dhyana. Lorsque abandonnant toutes formes, cela ne reflète plus que le sens, c'est samadhi". Il regroupe ces trois sous le terme samyama.
Nous traiterons plus de dhyana comme résultat que comme méthode. Jusqu'ici, les anciennes autorités ont été des guides assez fiables, excepté en ce qui concerne leur morale grincheuse ; mais lorsqu'elles abordent le sujet des résultats de la méditation, elles perdent carrément la tête.
Elles épuisent les ressources de la poésie à proclamer ce dont on peut démontrer la fausseté. Par exemple, nous lisons dans le Siva Samhita que "celui qui médite quotidiennement sur ce lotus du coeur est avidement désiré des filles des Dieux, il obtient la clairaudience, la clairvoyance, et peut marcher dans le ciel". Un autre "peut faire de l'or, découvrir des remèdes aux maladies, et voir les trésors cachés". Ce sont des propos orduriers. Quelle est la malédiction jetée sur la religion faisant que ses principes doivent toujours être associés à toutes sortes d'extravagances et de mensonges ?
Il y a une exception ; c'est l'A... A..., dont les membres sont extrêmement attentifs à ne faire aucune affirmation ne pouvant être vérifiée par la procédure usuelle ; ou si cela n'est guère aisé, à néanmoins éviter tout ce qui s'approcherait de l'énoncé dogmatique. Dans Leur second livret d'instructions pratiques, le "Liber O", on lit ces mots :
"En faisant certaines choses, certains résultats s'ensuivent. Il est très sérieusement déconseillé aux étudiants d'attribuer une réalité objective ou une validité philosophique à aucun d'entre eux".
Ces mots d'or!
En discutant de dhyana, qu'il soit donc clairement compris que quelque chose d'inattendu est sur le point d'être décrit.
Nous devons considérer sa nature et estimer sa valeur de manière parfaitement impartiale, sans nous permettre les dithyrambes habituels ou en déduire une quelconque théorie de l'Univers. Un fait en sus peut détruire une théorie existante ; c'est assez fréquent. Mais aucun fait unique ne suffit à en bâtir une.
L'on aura compris que dharana, dhyana et samadhi forment un processus continu, et peu importe quand survient exactement l'apogée. C'est de celui-ci dont nous devons parler, car c'est une question d'expérience, et en l'occurrence une expérience très frappante.
Au cours de notre concentration, nous avons remarqué que le contenu de l'esprit consiste, à tout moment, en deux choses, pas plus : l'Objet, variable, et le Sujet, invariable, ou du moins en apparence. Par le succès en dharana, l'objet est devenu aussi invariable que le sujet.
Or le résultat de ceci est que les deux deviennent un. Ce phénomène survient généralement comme un choc terrible. C'est indescriptible même par les maîtres du langage; et il n'est donc pas surprenant que des bègues semi-éduqués se vautrent dans des océans de mélasse sentimentale.
Toutes les facultés poétiques et émotionnelles sont projetées dans une sorte d'extase par un événement qui renverse l'esprit et rend le reste de la vie absolument méprisable en comparaison.
La bonne littérature est principalement une question de bonne observation et de jugement sain exprimés de la plus simple manière. Pour cette raison, aucun des grands événements de l'histoire (comme les tremblements de terre et les batailles) n'a été correctement décrit par leurs témoins oculaires, à moins que ceux-ci n'aient été hors de danger. Mais, même lorsqu'on s'est habitué à dhyana par une constante répétition, aucun mot ne semble convenir.
L'une des formes les plus simples de dhyana peut être nommée "le Soleil". Le soleil est vu (pour ainsi dire) par lui-même, non par un observateur ; et bien que l'oeil physique ne puisse contempler le soleil, l'on est contraint de reconnaître que ce "Soleil" est bien plus brillant que celui de la nature. Tout cela se passe sur un plan supérieur.
Et aussi, toutes les conditions mentales, temporelles et spatiales sont abolies. Impossible d'expliquer ce que cela signifie réellement : l'expérience seule peut vous en fournir la compréhension.
(Cela aussi possède ses analogies dans la vie courante ; les conceptions des mathématiques supérieures ne peuvent être saisies par le débutant, ne peuvent être expliquées au profane.)
Un développement ultérieur est l'apparition de la Forme universellement décrite comme humaine ; quoique les personnes la décrivant lui attribuent un grand nombre de particularités qui ne sont pas humaines du tout. Cette singulière apparition est généralement supposée être "Dieu".
Mais, quoi que ce soit, le résultat sur l'esprit de l'étudiant est immense ; toutes ses pensées sont poussées à leur plus haut point de développement. Il croit sincèrement qu'elles ont la sanction divine, peut-être même suppose-t-il qu'elles émanent de ce "Dieu". Il retourne dans le monde armé de cette intense conviction et autorité. Il proclame ses idées sans la restriction imposée à la plupart des gens par le doute, la modestie et le manque d'assurance (1) ; quoique plus tard, on peut le supposer, viennent les véritables éclaircissements.
En tout cas, la masse du genre humain est toujours disposée à être influencée par quelque chose d'aussi différent et revêtu de pareille autorité. L'histoire est pleine de récits d'officiers ayant marché sans armes contre un régiment de mutins et les ayant neutralisés par la seule force de l'assurance. Le pouvoir de l'orateur sur la foule est bien connu. C'est sans doute pour cette raison que le prophète put contraindre l'humanité à obéir à sa loi. Il ne lui vint jamais à l'esprit que quiconque puisse faire autrement. Dans la vie pratique, on peut passer devant n'importe quel gardien, tels une sentinelle ou un contrôleur de billets, si l'on peut vraiment agir de sorte à ce que l'homme soit d'une manière ou d'une autre persuadé que vous avez un droit de passage incontesté.
Ce pouvoir, soit dit en passant, n'est autre que celui ayant été décrit par les magiciens comme le pouvoir d'invisibilité. Tout le monde connaît la savoureuse histoire de ces quatre hommes de confiance qui étaient sur le qui-vive à cause d'un meurtrier, et qui avaient l'ordre de ne laisser passer personne. Par la suite, tous jurèrent en présence du cadavre que personne n'était passé. Aucun n'avait vu le facteur.
Les voleurs qui dérobèrent la Gioconda au Louvre étaient probablement déguisés en ouvriers, et embarquèrent le tableau sous les yeux mêmes du gardien ; et lui demandèrent très certainement un coup de main.
Il suffit de croire qu'une chose doive être pour la provoquer. Cette conviction ne doit pas être émotionnelle ou intellectuelle. Elle réside dans une partie plus profonde de l'esprit, et cependant pas si profonde car beaucoup d'hommes, probablement tous les hommes heureux, comprendront mon propos, ayant dans leur propre expérience des points de comparaison.
Le plus important facteur de dhyana est, quoiqu'il en soit, l'annihilation de l'Ego. Notre conception de l'univers doit être complètement détruite si nous devons admettre ceci comme valide ; et il est temps de considérer ce qui survient réellement.
L'on concédera que nous avons donné une explication très rationnelle de la grandeur des grands hommes. Ils vécurent une expérience si écrasante, si disproportionnée par rapport à tout le reste, qu'ils furent affranchis de toutes les entraves insignifiantes empêchant l'homme ordinaire de mettre ses projets à exécution.
S'inquiéter au sujet des vêtements, de la nourriture, de l'argent, de ce que les gens peuvent penser, comment et pourquoi, et par-dessus tout la peur des conséquences, paralyse presque tout le monde. Rien n'est plus aisé, théoriquement, pour un anarchiste que de tuer un roi. Il lui suffit d'acheter un fusil, de devenir tireur d'élite, et d'abattre le roi depuis un poste à une distance d'un kilomètre et quelques. Et pourtant, bien qu'il y ait abondance d'anarchistes, les attentats sont très rares. D'autre part, la police sera probablement la première à admettre que si un homme était vraiment las de vivre, dans son être le plus profond, ce qui est un état très différent de celui où l'on proclame un peu partout qu'on en a marre, il s'arrangerait d'une manière ou d'une autre pour tuer d'abord quelqu'un d'autre.
Or, l'homme ayant expérimenté quelqu'une des plus intenses formes de dhyana se trouve ainsi libéré. L'Univers est détruit pour lui, et lui pour l'Univers. Sa volonté peut poursuivre son chemin sans entrave aucune. L'on peut imaginer que dans le cas de Mahomet, ce dernier a nourri d'énormes ambitions durant des années, et ne réalisait rien car ces qualités qui se manifestèrent ultérieurement comme l'art de gouverner l'avertirent de son impuissance. Sa vision dans la grotte lui donna l'assurance nécessaire, la foi qui soulève les montagnes. Il y a, en ce monde, énormément de choses d'apparence solide qu'un enfant pourrait renverser ; mais personne n'a le courage de pousser.
Acceptons provisoirement cette explication de la grandeur, et passons. L'ambition nous a entraînés jusqu'ici ; mais intéressons-nous maintenant au travail pour lui-même.
Un phénomène très étonnant vient de se produire ; nous avons vécu une expérience qui nous fait voir l'amour, la renommée, le rang, l'ambition et la richesse comme ne valant pas plus de trente cents ; et nous commençons à nous interroger passionnément : "Qu'est-ce que la vérité ?". L'Univers s'est écroulé autour de nous tel un château de cartes, et nous nous sommes effondrés avec lui. Encore que cette ruine soit comme l'ouverture des Portes du Paradis! Il y a là un énorme problème, et il y a quelque chose en nous qui est avide de sa solution.
Voyons quelles explications nous pouvons trouver.
La première suggestion qui s'offrirait à un esprit bien équilibré, versé dans l'étude de la nature, est que nous avons expérimenté une catastrophe mentale. De même qu'un coup sur la tÍte fera qu'un homme "verra des étoiles", l'on peut supposer que l'énorme tension mentale de dharana a d'une manière ou d'une autre surexcité le cerveau, et provoqué un spasme, ou peut-être même la rupture d'un petit vaisseau. Il semble n'y avoir aucune raison d'entièrement rejeter cette hypothèse, bien qu'il soit tout à fait absurde de supposer que l'accepter reviendrait à condamner la pratique. Le spasme est la fonction normale d'au moins l'un des organes du corps. Que le cerveau ne soit pas endommagé par la pratique est prouvé par le fait que bien des gens déclarant avoir eu cette expérience de manière répétée continuent à exercer les occupations ordinaires de la vie sans diminution d'activité.
Nous pouvons donc congédier la question physiologique. Elle ne jette aucune lumière sur le principal problème, celui de la valeur de témoignage de l'expérience.
Or, c'est une question très difficile, et elle soulève la question plus vaste de la valeur de tout témoignage. Toute pensée possible a été mise en doute à un moment ou à un autre, exceptée celle ne pouvant être exprimée que par un point d'interrogation, puisque douter de cette pensée c'est l'affirmer. (Pour une complète discussion du sujet, voir "Le Soldat et le Bossu", Equinox I(1)). Mais hormis ce profond doute philosophique, il y a le doute pratique de tous les jours. L'expression populaire "douter du témoignage de ses sens" nous montre que ce témoignage est d'ordinaire accepté; mais ce n'est pas du tout le cas pour l'homme de science. Il est si bien averti que ses sens l'abusent constamment qu'il invente des instruments compliqués pour rectifier leurs erreurs. Et il est en outre conscient de ce que l'Univers qu'il perçoit directement par les sens n'est que la fraction la plus infime de l'Univers qu'il connaît indirectement.
Par exemple, l'air est composé aux quatre cinquièmes de nitrogène. Si quelqu'un apportait une bouteille de nitrogène dans cette pièce, il serait excessivement difficile de dire de quoi il s'agit ; presque tous les tests qu'on pourrait lui appliquer seraient négatifs. Nos sens nous diraient peu, ou rien du tout.
L'argon ne fut découvert qu'en comparant le poids du nitrogène chimiquement pur à celui du nitrogène de l'air. Ceci avait souvent été fait, mais personne ne disposait d'instruments assez perfectionnés pour percevoir la différence. Pour prendre un autre exemple, un scientifique célèbre affirmait il n'y a pas si longtemps qu'on ne découvrirait jamais la composition des étoiles fixes. Et néanmoins elle a été établie, et avec certitude.
Si vous interrogez un homme de science sur sa "théorie du réel", il vous dira que "1'éther", qui ne peut être perçu d'aucune manière par aucun des sens, ou détecté par aucun instrument, et qui possède des qualités qui sont, pour employer le langage ordinaire, impossibles, est bien plus réel que la chaise sur laquelle il est assis. La chaise est seulement un fait; et son existence est certifiée par une personne très faillible. L'éther est la nécessaire déduction de millions de faits, qui ont été vérifiés encore et encore, et contrôlés par tous les tests possibles de leur authenticité. Il n'y a donc pas de raison a priori pour rejeter une chose sous le prétexte qu'elle n'est pas directement perçue par les sens.
Considérons un autre point. L'une de nos garanties d'authenticité est la vivacité de l'impression. Un événement isolé du passé sans grande importance peut être oublié ; et s'il revient à la mémoire, l'on se surprendra à s'interroger : "L'ai-je rêvé ? Ou est-ce vraiment arrivé ?". Ce qui ne peut jamais être oublié est le catastrophique. Le premier décès parmi les gens que nous aimons (par exemple) ne sera jamais oublié ; car pour la première fois l'on aura réalisé ce qu'auparavant on avait seulement connu. Une telle expérience conduit parfois les gens à l'aliénation mentale. L'on a vu des scientifiques mettre fin à leurs jours parce que leur théorie favorite venait de voler en éclats. Ce problème a été abondamment débattu dans "Science et Bouddhisme!" (3), "Le Temps", "Le Chameau", et autres textes. Nous avons de bonnes raisons d'affirmer ici que dhyana doit être classé comme la plus aveuglante et la plus catastrophique de toutes les expériences. Ceci sera confirmé par quiconque étant passé par là.
Il est donc difficile de surestimer la valeur d'une telle expérience pour l'individu, spécialement s'il s'agit de son entière conception des choses, incluant sa représentation la plus profonde, le modèle auquel il avait toujours tout reporté, son propre moi, qui se trouvent réduits à néant. Et lorsque nous tentons de fournir une explication satisfaisante en parlant d'hallucination, de suspension temporaire de nos facultés ou quelque chose du même genre, nous nous avérons incapables d'y réussir. Vous ne pouvez discuter avec l'éclair qui vous a foudroyé.
Une simple théorie est facile à renverser. On peut trouver des failles dans le raisonnement, on peut présumer que les prémisses sont fausses à certains points de vue ; mais dans ce cas précis, si l'on réfute l'évidence de dhyana, l'esprit est confondu par le fait que toutes les autres expériences, attaquées de la même manière, s'écrouleraient bien plus aisément.
Quelle que soit la façon dont nous l'examinons, le résultat sera toujours le même. Dhyana peut être faux; mais dans ce cas tout le reste l'est également.
Or, l'esprit refuse d'en rester à la croyance en l'irréalité de ses propres expériences. Cela peut être autre que ce que cela paraît être ; mais il faut bien que cela soit quelque chose, et si (à tout prendre) la vie ordinaire est quelque chose, combien plus doit être cela qui par sa lumière rejette au néant la vie ordinaire!
L'homme normal remarque la fausseté, le style décousu et le manque de cohérence des rêves ; il les attribue (à juste titre) à un désordre de l'esprit. Le philosophe considère la vie éveillée avec autant de mépris ; et la personne ayant expérimenté dhyana partage la même vue, mais non par une simple et pâle conviction intellectuelle. Les raisons, quelle que soit leur validité, ne persuadent jamais totalement tandis que cet homme en dhyana possède la même banale certitude qu'un autre se réveillant d'un cauchemar. "Je ne dévalais pas un millier d'escaliers, ce n'était qu'un mauvais rêve".
Analogue est la réflexion de l'homme qui a expérimenté dhyana : "Je ne suis pas ce pitoyable insecte, cet imperceptible parasite de la terre ; ce n'était qu'un mauvais rêve". Et de même que vous ne pourriez convaincre l'homme ordinaire que son cauchemar était plus réel que son réveil, vous ne pourrez persuader l'autre que dhyana n'était qu'une hallucination, même s'il ne sait que trop qu'il est retombé de cet état dans la vie "normale".
Il est probablement rare pour une expérience unique d'ainsi bouleverser radicalement l'entière conception de l'Univers, de même que parfois, dans les premiers instants du réveil, il reste un demi-doute sur lequel du songe ou du réveil est vrai. Mais comme l'on acquiert plus d'expérience, lorsque dhyana n'est plus un séisme, lorsque l'étudiant a eu largement le temps de s'établir dans le nouveau monde, la certitude devient absolue (3).
Une autre considération rationaliste est celle-ci. L'étudiant n'a pas tenté d'exciter son esprit mais de le calmer, non pas de produire telle ou telle pensée mais de les exclure toutes ; car il n'y a aucune relation entre l'objet de la méditation et le dhyana. Pourquoi devrions-nous supposer un déséquilibre de tout le système, surtout si l'esprit ne présente ultérieurement aucune trace de perturbations telles la douleur ou la fatigue ? Cette fois sûrement, même si jamais plus, l'image Hindoue exprime la plus simple des théories!
L'image est celle d'un lac où se meuvent cinq glaciers. Ces glaciers sont les sens. Tant que la glace (les impressions) se détache continuellement dans le lac, les eaux sont troublées. Si les glaciers sont neutralisés, la surface devient calme ; et alors seulement peut-elle refléter intact le disque solaire. Ce soleil est "l'âme" ou "Dieu".
Nous devrions cependant éviter ces termes pour le moment, à cause de leurs implications. Parlons plutôt de ce soleil comme de "quelque chose d'inconnu dont la présence était cachée par toutes les choses connues, et par le connaissant".
Il est probable, également, que notre mémoire de dhyana ne soit pas le phénomène lui-même, mais l'image qu'il laissa dans l'esprit. Cependant, c'est vrai de tout phénomène, comme Berkeley et Kant l'ont prouvé de manière incontestable. Ce problème ne saurait donc nous concerner.
Nous pouvons, quoi qu'il en soit, accepter provisoirement l'idée que dhyana soit réel ; plus réel et donc de bien plus d'importance pour nous que toute autre expérience. Cet état a été décrit non seulement par les Hindous et les Bouddhistes, mais aussi par les Mahométans et les Chrétiens. Dans les textes Chrétiens, cependant, les partis pris profondément dogmatiques ont rendu leurs documents inutilisables pour l'individu moyen. Ils ignorent les conditions essentielles de dhyana, et insistent sur le superflu, dans une mesure bien plus large que les meilleurs écrivains Indiens. Mais, pour quiconque possédant expérience et connaissances en religion comparée, l'identité est certaine. Nous pouvons maintenant aborder samadhi.
NOTES
(1) NDAC : Ce manque de restriction ne doit pas être confondu avec celui observé dans les cas de folie ou d'ivresse. Encore qu'il y ait une ressemblance très frappante ; bien que purement superficielle.
(2) NDAC : Voir Crowley, Collected Works [Vol. II].
(3) NDAC : Il faut se souvenir qu'il n'existe actuellement aucune donnée permettant de déterminer la durée de dhyana. L'on peut seulement dire qu'étant certainement survenu entre telle et telle heure, cela a dû durer moins que cet espace de temps. Ainsi nous constatons, d'après le journal de Frater P., que cela peut sûrement se produire en moins d'une heure et cinq minutes.
"Dhyana," Chapitre VI de "Book Four, Part One" : première publication par Wieland & Co. (Londres, 1911).
© Philippe Pissier pour la traduction française (5 rue Clémenceau,
F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA)
pour le texte anglais.