APPENDICE VIII
LA GRANDE INVOCATION (1)
A, comme prêtre. Signe de "Celui Qui Entre."
Unité profondément révélée!
J'adore la puissance de ton souffle,
Suprême et terrible dieu,
Qui fait trembler devant toi
Et les dieux et la mort!
Moi, je t'adore! ("Signe de Protection.")
A ka dua
Tuf ur biu
Bi aa chefu
Dudu ner af an nuteru!
ABRAHADABRA!
B, comme prêtre. Signe de Celui Qui Entre et Signe de Protection à chaque phrase.
Ô toi qui es semblable à un faucon d'or!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi dont la face est semblable à l'émeraude, et dont le némès est bleu à l'égal du ciel nocturne!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi qui portes le disque de lumière flamboyante sur tes sourcils, autour duquel est lové le serpent smaragdin!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi dont les yeux flamboient de lumière! Dont les yeux sont tels le soleil et la lune en leurs courses!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi qui tiens le Double Bâton de Pouvoir, le Bâton de la Force de Coph Nia!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi dont la main gauche est vide, car tu as anéanti un univers, et rien ne demeure!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô Toi qui es ceint de la peau de léopard : dont le pagne est de vert et d'or!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi dont le coeur est un soleil secret dans les cavernes de ton coeur : dont la peau est indigo à l'égale de la voûte nocturne!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi qui as formulé ton père et rendu fertile ta mère!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Ô toi qui sièges sur un trône de rubis et de lapis-lazuli!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
Par le Char des Saints! Par Heru-Râ-Ha! Par Râ-Hoor!
Toi, toi je t'invoque! A ka dua, etc.
ABRAHADABRA!
C, comme prêtre divin, lève les mains ; en sa dextre est le Baculum tenu à la verticale.
Vois! Je suis Hier, Aujourd'hui, et Demain!
Je renais encore et encore.
Je voyage dans le ciel!
Je foule le firmament de Nu.
Je suis l'Etre divin et caché qui les dieux crée : j'offre de sépulcraux repas aux habitants du Tuat, de l'Amennti, et du Duat, la demeure étoilée.
Je suis le gouvernail de l'Est!
Miennes sont les deux faces de majesté où l'on voit ses rayons.
Je suis le Seigneur de la Résurrection : je suis le Puissant qui surgit des ténèbres, et je suis né dans la Demeure de la Mort.
Je vous salue! vous les deux Faucons sur vos pinacles, veillant sans cesse sur l'Univers! Vous qui accompagnez le Cercueil jusqu'à la Demeure du Repos, et même jusqu'à la secrète Demeure, vous qui guidez Râ, et l'accompagnez jusqu'au Sanctuaire des hauteurs célestes!
Salut au Seigneur du Sanctuaire de l'Axe de la Terre!
Apparais sur le trône de Râ!
Ouvre les voies du Khu!
Eclaire les voies du Ka!
Les voies du Khabs pénètrent
Pour me troubler ou m'apaiser!
Aum! que cela me comble!
ABRAHADABRA.
D, comme Dieu. Même position.
Vois! Il est en moi et moi en Lui!
Mien est l'éclat du cristal, en lequel Ptah flotte au-dessus de son firmament.
Je suis Râ réjoui, Râ heureux dans la loi du jour magnifique, dans la magnifique loi du jour.
Je suis entré dans Annu par la Porte de Khemmennu : j'arrive à l'Est, et les dieux crient de joie à ma venue.
Les voies sont heureuses pour moi et vastes les sentiers comme je passe de la terre aux cieux!
Envoie ta lumière, Ô âme inscrutable et inconnue! Toi qui te retires devant le bruit des pieds des hommes comme des dieux, envoie ta lumière! car j'y prendrai part et le divin discours du Tuat sera également mien.
J'ai échappé à celui dont les yeux divins le soir se ferment, lorsqu'il est rassemblé en son entier, et que le jour s'abîme dans la nuit.
Je suis fort. Je suis fort. Je viens tel celui qui force une porte, et la radiance qu'a engendrée mon coeur durera à jamais.
Je ressuscite comme Seigneur de Vie par suite de la magnifique loi du jour.
Je me fraye un chemin au travers des cornes de l'adversaire, au milieu des puissants, chez l'ennemi secret, parmi ceux qui panse contre le sol se vautrent dans la poussière.
ABRAHADABRA.
E, comme Dieu-prêtre. Même position.
Salut, Ô An-Kert, qui cache ton compagnon dans ta matrice!
Salut, Khephrâ, qui t'es toi-même créé!
Fais que le mort Ankh-f-n-khonsu parvienne victorieusement à contempler le Disque, et qu'il puisse poursuivre son voyage jusqu'à ce qu'il voit le Grand et Inscrutable Dieu qui demeure dedans l'Infini.
Qu'il voyage en paix! Qu'il franchisse le ciel de Nu! Qu'il adore la radiance de la splendeur de ce qui s'offre à sa vue!
Qu'il s'élève dans les airs tel un oiseau et s'en aille voir l'assemblée de Khus qui sont en présence de Râ jour après jour!
Salut, Hemti! Salut, Hemti, toi le rapide, guide des ombres des morts! Accorde-moi un chemin stable dans le Tuat : de peur que les rayons de mon âme ne soient éparpillés parmi les larves des morts.
La Déesse enceinte a déposé sur terre son fardeau.
La porte qui était close est abattue! Je me réjouis de la rectitude de la voie.
Heureux, oui! heureux, heureux celui qui a regardé le cercueil durant son voyage jusqu'à la demeure du repos! Car le coeur du Dieu est en paix, et il en fait sa demeure sacrée.
ABRAHADABRA.
F.
Par conséquent te dis-je : Viens à moi depuis ta demeure établie dans le silence! Toute-Force! Tout-Feu! Toute-Lumière! Toute-Puissance!
Par le Char du Triomphe! Par les Huit et par les Onze! Viens et révèle-moi les Secrets de Sagesse par ton nom de Râ-Hoor!
Par ton nom de Heru-Râ-Ha je te dis : debout, en route, apparais-moi!
Par le mystérieux charme du défunt Seigneur de Khem : par sa
miraculeuse révélation faite à la Bête, le Prophète du Soleil :
A ka dua
Tuf ur biu
Bi aa chefu
Dudu ner af an nuteru!
Je t'invoque!
ABRAHADABRA!
G, comme Dieu, assis sur un trône.
Je suis ressuscité, je suis ressuscité en grandiose faucon d'or : de l'Oeuf d'Or suis-je issu.
Je m'envole et m'abats tel un faucon de quatre coudées : de Mère-d'émeraude sont mes ailes dont imposante est l'envergure.
Je suis issu du coeur de la barque de Sektet : j'ai érigé mon trône sur la barque d'Atet.
Et alors l'assemblée des Khus me suivit : et les habitants de la nuit également m'adorèrent!
Ils crièrent de joie tout en se prosternant devant moi : leur hommage était doux à mes oreilles.
Je suis ressuscité! Je me suis entièrement rassemblé en un magnifique Faucon d'Or.
Ma tête est la tête de l'oiseau Bennu, et Râ écoute ma voix Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Oui! Je suis intronisé comme premier-né de Nuit.
Car je suis venu voir celui qui habite en son divin Uraeus, face à face et yeux dans les yeux, et j'inspire le souffle de sa venue.
Ma vue faiblit car percevant ta gloire, Ô toi Dieu-Lion, toi Enfant au sein de l'Oeuf Bleu!
Néanmoins mon apparence est celle de Khephrâ : ma chevelure s'écoule comme s'écoule celle de la terre devant Tum, celle de la terre devant Tum!
J'y suis entré comme un Fou, et j'en reviens tel un puissant Khu, et ma forme est la forme des hommes et des femmes pour toujours et à jamais.
ABRAHADABRA.
H, comme Dieu-prêtre : toujours assis.
Et donc,
Paroles de Mentu par le frère qui dit la vérité
Qui fut le maître de Thèbes depuis sa naissance :
Ô mon coeur, coeur de ma mère!
Ô coeur que j'avais sur terre!
Ne te dresse pas contre moi comme témoin!
Ne t'oppose pas à moi, juge, dans ma quête!
Ne m'accuse pas d'inaptitude
Devant le Puissant Dieu, le terrible Seigneur de l'Ouest!
Car j'ai attaché l'un à l'autre
Par un charme qui entoure leur mystique grandeur,
La terre et l'Ouest merveilleux,
Quand je prospérais, ô terre, sur ton sein!
Le mort Ankh-af-na-Khonsu
Dit de sa voix de vérité et de sérénité :
Ô toi dont le bras est unique!
Ô toi qui scintilles dans la lune!
Je te lie au charme qui se tisse ;
Je t'attire avec la mélodie houleuse.
Le mort Ankh-af-na-Khonsu
A quitté les foules dans l'obscurité ;
A rejoint les habitants de la lumière,
Ouvrant le Duat, les demeures des étoiles,
Recevant leurs clés.
Le mort Ankh-af-na-Khonsu
Est entré dans la nuit,
Son plaisir sur terre d'accomplir
Parmi les vivants.
ABRAHADABRA.
NOTES
(1) NDAC : Intéressant car indiquant la manière dont les mystiques modernes élaborent des rituels pratiques à partir de manuscrits égyptiens. Le signe de "Celui Qui Franchit Le Seuil" s'effectue en proférant A ka dua, et le signe de "Défense et Protection" en proférant nuteru. Cependant que le signe d'Apophis, s'effectuant avec le Baculum enserré des deux mains, coïncide avec "Abrahadabra".
"The Great Invocation", première publication in Appendice VIII de "Magick, Liber ABA, Book Four, Parts I-IV, revised and enlarged" :
première édition par Samuel Weiser, Inc. (York Beach, Maine, USA, 1994).
© Philippe Pissier pour la traduction française (5 rue Clémenceau,
F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA)
pour le texte anglais.