APPENDICE IV

LIBER SAMEKH

 

POINT II

 

Ars Congressus Cum Dæmone (1)

 

Section A

 

Que l'Adeptus Minor se tienne dans son cercle sur le carré de Tiphereth, armé de sa Baguette et de sa Coupe ; mais qu'il réalise la totalité du Rituel en son Corps de Lumière. Il peut brûler les Gâteaux de Lumière, ou l'Encens d'Abramelin ; il peut être préparé par le "Liber 175", la lecture du "Liber LXV", et par les pratiques Yogiques. Il peut invoquer HADIT par du "vin et des drogues étranges" [II : 22] s'il le désire (2). Il apprête le cercle par les formules usuelles de Bannissement et de Consécration, etc.

 

Il récite la Section A comme une énumération devant Son Saint Ange Gardien des attributs de ce dernier. Chaque phrase doit être ressentie dans toute sa force concentrée, de sorte à faire samadhi aussi parfaitement que possible sur la vérité proclamée.

 

Ligne 1

 

Il identifie son Ange à l'Ain Soph, et au Kether afférent ; une formulation de Hadit dans l'illimité Corps de Nuit.

 

Lignes 2, 3, 4

 

Il affirme que Son Ange a créé (en vue de l'auto-accomplissement via la projection dans une Forme conditionnée) trois paires d'opposés : (a) Le Fixe et le Volatile ; (b) Le Non-Manifesté et le Manifesté ; et (c) l'lmmobile et le Mobile. Autrement dit, le Négatif et le Positif pour ce qui est de la Matière, de l'Esprit et du Mouvement.

 

Ligne 5

 

Il acclame son Ange comme "Lui-Même Devenu Parfait" ; ajoutant que cette Individualité est inscrutable et inviolable. Dans le Rituel de Néophyte de la G... D... (tel qu'imprimé in Equinox I(2), pour le vieil éon ), le Hiérophante est l'Osiris accompli, qui décide le candidat, l'Osiris naturel, à s'identifier à lui. Mais dans le nouvel Eon le Hiérophante est Horus (Liber CCXX, I : 49) et par conséquent le Candidat sera Horus lui aussi. Quelle est donc la formule initiatique d'Horus ? Ce ne sera plus celle de l'Homme passant par la Mort. Ce sera la croissance naturelle de l'Enfant. Ses aventures ne seront plus considérées comme catastrophiques. Leur hiéroglyphe est le Fou : l'innocent et impuissant Enfant Harpocrate devient l'Horus Adulte par l'obtention de la Baguette. "Der reine Thor" (3) s'empare de la Lance Sacrée. Bacchus devient Pan. Le Saint Ange Gardien est le Moi Inconscient de la Créature - le Phallus Spirituel. Sa Connaissance et Conversation contribue à la puberté occulte. Il est donc opportun de remplacer le nom Asar Un-nefer par celui de Râ-Hoor-Khuit au début, et par celui de son propre Saint Ange Gardien lorsqu'il lui aura été communiqué.

 

Ligne 6

 

Il Le salue comme BESZ, la Matière qui détruit et dévore la Divinité, en vue de l'Incarnation de quelque Dieu que ce soit.

 

Ligne 7

 

Il Le salue comme APOPHRASZ, le Mouvement qui détruit et dévore la Divinité, en vue de l'Incarnation de quelque Dieu que ce soit. Les efforts conjugués de ces deux DIABLES tendent à permettre au Dieu qu'ils prient d'entrer dans la jouissance de l'existence au travers du Sacrement des "Vie" (Pain - la chair de BESZ) et "Amour" partagés (Vin - le sang ou venin d'APOPHRASZ).

 

Ligne 8

 

Il acclame Son Ange comme ayant "mangé du Fruit de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal" ; autrement dit, étant devenu sage (dans la Dyade, Chokmah) et comprenant donc la formule d'Equilibre qui est désormais la Sienne, étant apte à S'adresser correctement à l'environnement qu'Il a pris sur Lui de constituer.

 

Ligne 9

 

Il acclame Son Ange comme ayant établi la Loi d'Amour comme formule Magique de l'Univers, afin qu'Il puisse à nouveau résorber le phénoménal dans sa phase nouménale par l'union de n'importe quelle paire d'opposés en une passion extatique.

 

Ligne 10

 

Il acclame Son Ange comme ayant institué cette formule d'Amour non seulement pour effectuer la dissolution de la séparation des Amoureux en Sa propre Divinité impersonnelle, mais également leur coordination dans un "Enfant" quintessencié à partir de ses parents afin d'incarner un ordre d'Existence supérieur au leur, de sorte que chaque génération est un processus alchimique visant la perfection et orienté en direction de complexités successives. De même que la Ligne 9 proclame l'Involution, la Ligne 10 proclame l'Evolution.

 

Ligne 11

 

Il acclame Son Ange comme ayant imaginé cette méthode d'auto-accomplissement; l'objet de l'Incarnation étant d'obtenir une claire compréhension de l'Ame en mesurant ses réactions à ses relations avec d'autres Entités incarnées et d'observer celles qu'elles entretiennent entre elles.

 

Section Aa

 

Ligne 1

 

L'Adepte affirme son droit d'entrer en communication consciente avec Son Ange, du fait que cet Ange lui a Lui-Même enseigné la Magick Secrète grâce à laquelle il peut nouer le lien approprié. "Mosheh" est MH, la formation, en Jechidah, Chiah, Neschamah, Ruach, - les Sephiroth de Kether à Yesod - puisque 45 est S1-9 tandis que Sh, 300, est Sl-24, qui surajoute à ces Neuf nombres Quinze nombres de plus. (Voir dans le "Liber D" les significations et correspondances de 9, 15, 24, 45, 300, 345).

 

45 est de plus ADM, homme. "Mosheh" est donc le nom de l'homme considéré comme Forme-recelant-un-Dieu. Mais, dans le Rituel, que l'Adepte remplace ce "Mosheh" par sa propre devise d'Adeptus Minor. Qu'à "Ishrael" il préfère sa propre Race Magique, suivant les obligations de ses Serments envers Notre Saint Ordre! (La Bête 666 Lui-Même employa "Ankh-f-n-khonsu" et "Khem" dans cette section).

 

Ligne 2

 

L'Adepte rappelle à son Ange qu'Il a créé Cette Substance Unique dont Hermès Parle dans la Table d'Emeraude, dont la vertu est d'unir en elle tous les modes opposés d'Etre, servant ainsi de Talisman chargé de l'Energie Spirituelle de l'Existence, un Elixir ou Pierre composé de la base physique de la Vie. Cette Commémoration se situe entre les deux recours personnels à l'Ange, comme pour réclamer le privilège de partager cette Eucharistie qui crée, sustente et rachète toutes choses.

 

Ligne 3

 

Il affirme maintenant qu'il est lui-même "l'Ange" ou messager de cet Ange ; c'est-à-dire qu'il est un esprit et un corps dont l'office est de recevoir et transmettre la Parole de cet Ange. Il salue son Ange non seulement en tant que "un-nefer", la Perfection d'"Asar" lui-même comme homme, mais aussi en tant que Ptah-Apophrasz-Râ, l'identité (Hadit) entourée du Dragon (Nuit) et par là manifestée comme un Soleil (Râ-Hoor-Khuit). L'"Oeuf" (ou Cœur) "ceint d'un Serpent" est un symbole analogue ; l'idée se trouve exprimée ainsi plus loin dans le rituel. (Voir le "Liber LXV" qui développe ceci au suprême degré).

 

 

Section B

 

L'Adepte passe de la contemplation à 1'action dans les sections qui suivent, de B à Gg. Il doit voyager astralement autour du cercle, faisant les pentagrammes, sceaux et signes appropriés. Sa direction est contra-solaire. Il trace ainsi trois courbes, chacune couvrant les trois quarts du cercle. Il devrait donner le signe de Celui qui Entre (4) en passant devant la kiblah (5), ou la Direction de Boleskine. Ceci recueille la Force irradiant naturellement de ce point (6) et la projette en direction du sentier du Magicien. Les sceaux sont ceux livrés dans The Equinox I(7), Planche X à l'extérieur du carré ; les signes sont ceux présentés dans le Vol. I, N°2, Planche "Les Signes des Grades" (7). Durant ces invocations, il devrait développer au plus haut point sa corpulence et sa stature (8), adoptant la forme et la conscience du Dieu Elémentaire de la région cardinale. Après cela, il commencera à vibrer les "Noms Barbares" du Rituel.

 

Maintenant, que non seulement il remplisse au suprême degré son être tout entier de la force des Noms ; mais qu'il formule sa Volonté, parfaitement comprise comme étant l'esprit dynamique de son Moi Créateur sous une apparence symboliquement juste, je ne dis pas en la forme d'un Rayon de Lumière, ou d'une Epée Flamboyante, ou quoi que ce soit d'autre hormis ce Véhicule corporel du Saint-Esprit qui est consacré à BAPHOMET, que par sa vertu dissimulant Lion et Serpent toujours Son Image puisse-t-elle adorablement apparaître sur Terre.

 

Puis que l'Adepte accroisse sa Volonté au-delà du Cercle, sous cette Forme imaginée, et qu'elle rayonne d'une Lumière convenant à l'Elément invoqué, et que chaque Parole soit lancée le long de la Flèche avec élan passionné, comme si sa voix lui ordonnait de s'imposer en bondissant vers l'avant. Et qu'aussi chaque Parole accumule l'autorité, de sorte que la Pointe de la Flèche puisse s'enfoncer deux fois plus profond pour la Seconde Parole que pour la Première, et Quatre Fois plus pour la Troisième que pour la Seconde, et ainsi jusqu'à la fin. En outre, que l'Adepte y précipite en avant sa conscience toute entière. Puis, à la Parole finale, qu'il ramène en toute hâte sa Volonté à l'intérieur de lui-même, qu'elle s'y écoule régulièrement, et qu'il s'offre à ses pointes, comme Artémis à PAN, que cette concentration parfaitement pure de l'Elément le purge totalement et prenne possession de lui sous le signe de la passion.

 

Lors de ce Sacrement étant totalement en accord avec cet Elément, que l'Adepte profère l'Exhortation "Ecoute-Moi, et fais que..." avec la forte impression que cette unité avec cette région de l'Univers lui confère la plus grande liberté et les plus grands privilèges y étant associés.

 

Que l'Adepte prenne note des termes de l'Exhortation. Le "Firmament" est le Ruach, le "plan mental" ; c'est le royaume de Shu, ou Zeus, où tourne la Roue des gunas, les Trois Formes (9) d'Existence. L'Ether est 1'"akasa", 1'"Esprit", l'Ether de la physique, qui est l'ossature sur laquelle toutes formes se greffent ; il reçoit, enregistre et transmet toutes les impulsions sans souffrir d'altération pour autant. La "Terre" est la sphère où l'opération de ces forces "fondamentales" et éthériques devient perceptible. "Sous la Terre" est le monde de ces phénomènes nous informant de ces projections perçues et déterminant leur caractère particulier. La "Terre ferme" est le lieu des "choses matérielles" inertes, "ferme" (i.e. inconnaissable) car incapable d'agir sur nos esprits. "L'Eau" est le véhicule grâce auquel nous ressentons pareilles choses ; "l'air" leur menstruum où ces sensations sont mentalement perçues. Il est dit "tourbillonnant" à cause de l'instabilité de la pensée, et de l'imbécillité de la raison, dont nous sommes toutefois dépendants pour ce qui est de ce que nous appelons la "vie". Le "Feu Impétueux" est le monde où la pensée errante s'enflamme en Volonté rapide à s'élancer. Ces quatre étapes expliquent comment le non-Ego est transmué en Ego. Un "Charme" de Dieu est toute forme de conscience, et un "Fléau" toute forme d'action.

 

L'Exhortation, dans son ensemble, demande à l'Adepte la maîtrise de chaque détail de l'Univers que Son Ange a créé afin de pouvoir Se manifester à Lui-Même. Cela inclut 1a maîtrise de 1a projection originelle du Possible dans l'individualité, dans l'artifice antithétique qui est le mécanisme de l'Esprit, et dans une triplicité équilibrée de modes ou états d'être dont les combinaisons constituent les caractéristiques du Cosmos. Cela inclut également une structure type, une rigidité rendant possible la référence. Sur ces fondements de la situation, qui ne sont pas des choses en elles-mêmes mais le canon ou code auquel se conforment les choses, est construit le Temple de l'Existence, dont les matériaux sont eux-mêmes parfaitement mystérieux, inscrutables comme l'Ame, et comme l'Ame se représentant au moyen de symboles que nous pouvons sentir, percevoir, et adapter à notre usage sans jamais connaître toute la Vérité à leur sujet. L'Adepte récapitule tous ces items en affirmant son autorité sur toute forme d'expression possible à l'Existence, qu'il s'agisse d'un "charme" (idée) ou d'un "fléau" (acte) de "Dieu", c'est-à-dire de lui-même. L'Adepte doit accepter chaque "esprit", chaque "charme", chaque "fléau", comme faisant partie de son environnement, et les "assujettir" tous à lui ; c'est-à-dire les considérer comme des causes contribuantes de lui-même. Elles l'ont fait ce qu'il est. Elles correspondent exactement à ses facultés propres. Elles sont toutes - en fin de compte - d'égale importance. Le fait qu'il soit ce qu'il est prouve que chaque item est équilibré. L'impact de chaque nouvelle impression affecte le système tout entier en bonne mesure. Il doit par conséquent réaliser que tout événement lui est soumis. Cela survient parce qu'il en a besoin. Le fer rouille car les molécules exigent de l'oxygène pour satisfaire leurs tendances. Elles ne réclament pas de l'hydrogène ; et donc la combinaison avec ce gaz est un événement qui ne survient point. Toutes les expériences contribuent à nous parfaire en nous-mêmes. Nous nous sentons soumis à celles-ci aussi longtemps que nous échouons à reconnaître cela ; mais une fois que c'est fait, nous les percevons comme nous étant soumises. Et à chaque fois que nous nous efforçons d'éviter une expérience, quelle qu'elle soit, nous nous faisons du tort. Nous contrarions nos propres tendances. Vivre c'est changer ; et s'opposer au changement est se révolter contre la loi que nous avons décrétée pour régir nos vies. Offenser le destin consiste donc à abdiquer notre souveraineté et invoquer la mort. De fait, nous avons promulgué la peine de mort pour toute infraction à la loi de vie. Et tout échec à incorporer n'importe quelle impression affame cette faculté particulière qui en a besoin.

 

Cette Section B invoque l'Air à l'Est, avec une flèche de gloire dorée.

 

 

Section C

 

L'adepte invoque maintenant le Feu au Sud ; les rayons surgissant de son verendum (10) sont rouge feu.

 

 

Section D

 

Il invoque l'Eau à l'Ouest, sa Baguette ondoyant devant lui une radiance bleue.

 

 

Section E

 

Il va au Nord afin d'invoquer la Terre ; des fleurs de feu vert jaillissent de son arme. Comme la pratique rend l'Adepte parfait en cette Oeuvre, il devient machinal de relier tous ces desseins et idées compliqués aux paroles et actes leur correspondant. Lorsque ceci est acquis, il peut aller plus loin dans la formule en amplifiant ses correspondances. Ainsi peut-il invoquer l'eau à la manière de l'eau, déployant sa volonté d'un mouvement irrésistible et majestueux, attentif à sa force d'attraction, cela malgré une sereine et doucereuse apparence de faiblesse. En outre, il peut appliquer la formule de l'eau de la manière qui lui est spécifique lorsqu'elle reflue dans sa sphère, l'employant avec adresse et conscience à la purification et à l'apaisement des éléments réceptifs et impressionnables de son caractère ainsi qu'à la dissolution ou destruction des mauvaises herbes emmêlées que sont les préconceptions l'entravant dans sa liberté d'agir comme il le veut. Des applications similaires des invocations restantes se présenteront à l'esprit de l'Adepte disposé à s'en servir.

 

 

Section F

 

L'Adepte retourne maintenant au carré Tiphereth de son Tau, et invoque l'Esprit, faisant face à Boleskine, par les Pentagrammes actifs, le sceau nommé la Marque de la Bête (11), et les Signes de L.V.X. (voir planche 3 déjà mentionnée). Il vibre alors les Noms, accroissant sa volonté de la même manière qu'auparavant, mais verticalement et vers le haut. En même temps, il dilate la Source de cette Volonté - le symbole secret du Moi - à la fois autour et au-dessous de lui, comme pour affirmer ce Moi, double dans sa forme, peu disposé à admettre son échec à coïncider avec la Sphère de Nuit. Qu'il imagine maintenant, à la dernière Parole, que la pointe de sa volonté, où sa conscience est établie, rouvre la fissure (le brahmarandhra cakra, à la jonction des sutures crâniennes) et exsude une goutte de rosée claire et cristalline, et que cette perle est son âme, une chaste offrande à son Ange, pressée hors de son être par la violence de son Aspiration.

 

 

Section Ff

 

En proférant ces mots, l'Adepte ne rétracte pas sa volonté à l'intérieur de lui comme dans les sections précédentes. Il se les figure comme étant un reflet de la Vérité à la surface de la rosée, là où son Âme se cache en tremblant. Il les considère comme la première formulation dans sa conscience de la nature de Son Saint Ange Gardien.

 

Ligne 1

 

Les "Dieux" incluent tous les éléments conscients de sa nature.

 

Ligne 2

 

L'"Univers" inclut tous les phénomènes possibles dont il peut avoir connaissance.

 

Ligne 3

 

Les "Vents" sont ses pensées, qui l'ont empêché d'atteindre son Ange.

 

Ligne 4

 

Son Ange a fait la "Voix", l'arme magique produisant des "Paroles", et ces paroles sont la sagesse grâce à laquelle Il créa toutes choses. La "Voix" est nécessaire comme lien entre l'Adepte et son Ange. L'Ange est "Roi", Celui qui "peut", la "source de l'autorité et l'origine de l'honneur" ; et aussi le Roi (ou Fils de Roi) qui délivre la Princesse Ensorcelée et fait d'elle sa Reine. Il est "Souverain", la "Volonté inconsciente" ; n'étant plus contrariée par la fausse volonté ignorante et capricieuse de l'homme conscient. Et Il est "Aide", la cause de l'élan infaillible qui propulse l'Âme, l'envoie progresser rapidement dans les cieux, sur son sentier propre et à une vitesse telle que l'attraction d'orbites étrangères ne suffit plus à la faire dévier. La proposition "Ecoute-Moi" est maintenant proférée par la conscience humaine normale, revenue dans le corps physique ; l'Adepte doit délibérément abandonner son accomplissement, car ce n'est pas encore tout son être qui se consume devant le Bien-Aimé.

 

 

Section G

 

L'Adepte bien qu'étant de retour, devra avoir maintenu l'Extension de son Symbole. Il répète désormais les signes comme auparavant, sauf qu'il trace les Pentagrammes Passifs d'Invocation de l'Esprit (12). Il concentre sa conscience dans son Symbole-Jumeau du Moi, et s'efforce de l'endormir. Mais si l'opération est correctement effectuée, son Ange aura accepté l'offrande de Rosée, et saisi avec ferveur le symbole de la Volonté tendu vers Lui. Puis, Il secouera impétueusement ce dernier avec des vibrations d'amour répercutant les Paroles de la Section. Même aux oreilles physiques de l'adepte en parviendra un écho : il ne sera toutefois pas en mesure de le décrire. Cela lui semblera à la fois plus bruyant que le tonnerre et plus discret que le murmure du vent nocturne. Ce sera tout à la fois inarticulé et plus significatif que tout ce qu'il a jamais entendu.

 

Maintenant, qu'il lutte de toutes les forces de son Ame pour résister à la Volonté de son Ange, se cachant dans la plus impénétrable des cellules de la citadelle de la conscience. Qu'il se consacre à résister à l'assaut de la Voix et de la Vibration jusqu'à ce que sa conscience s'évanouisse dans le Néant. Car s'il demeure là, inabsorbé, ne serait-ce qu'un seul atome du faux Ego, cet atome souillera la virginité du Vrai Moi et profanera le Serment ; cet atome serait alors tellement excité à l'approche de l'Ange qu'il accablerait tout le reste de l'esprit, le tyranniserait, et deviendrait un despote insensé provoquant la ruine totale du royaume.

 

Mais, tout son être mort à la raison, qui donc est capable de lutter contre l'Ange ? Il intensifiera la tension de Son Esprit de sorte à ce que Ses fidèles légions de Lions-Serpents surgissent de leur affût, éveillant l'adepte à l'attestation de leur Volonté et l'entraînent avec eux dans leur enthousiasme, ce afin qu'il participe consciemment à leur dessein, et voit dans sa simplicité la solution à tous Ses embarras. Ainsi l'Adepte deviendra-t-il conscient qu'il est emporté au-travers de la colonne de son Symbole-Volonté , et que son Ange est de fait lui-même, leur intimité étant vive au point de devenir identité, et cela non dans un Ego unique, mais dans tout élément inconscient prenant part à ce multiple envoi de renforts (13).

 

Cette extase est presque toujours accompagnée d'une tempête de brillante lumière et aussi, fort souvent, d'une éruption sonore, à chaque fois sublime et prodigieuse, bien que son caractère puisse varier dans de larges limites (14).

 

Le déluge d'étoiles jaillit de la tête du Symbole-Volonté, et est éparpillé en galaxies brillantes sur le ciel. Cette dispersion détruit la concentration de l'adepte, dont l'esprit ne peut maîtriser pareille multiplicité de majesté ; en règle générale, il retombe tout simplement abasourdi dans la normalité, ne se souvenant en rien de son expérience hormis une vague bien que très vive impression de totale délivrance et ineffable extase. La répétition le fortifie dans sa compréhension de la nature de son accomplissement; et son Ange, une fois le lien noué, le fréquente et 1'entraîne subtilement à devenir sensible à sa sainte présence, et à sa persuasion. Mais il peut arriver, spécialement après un succès répété, que l'Adepte ne soit pas rejeté en sa mortalité par l'explosion du déluge d'Etoiles, mais identifié à un "Lion-Serpent" particulier, prolongeant la conscience qu'il en a jusqu'à ce qu'il trouve sa place juste dans l'Espace, lorsque son moi secret fleurit en avant telle une vérité, vérité que l'Adepte peut alors ramener sur terre avec lui.

 

Ce n'est qu'une question d'importance secondaire. Le principal objectif du Rituel est de fonder la relation entre le moi subconscient et l'Ange d'une manière telle que l'Adepte soit averti du fait que l'Ange est l'Unité manifestant la totalité des Eléments de ce Moi, que sa conscience normale recèle des éléments étrangers introduits par les hasards de l'environnement, et que cette Connaissance et Conversation de Son Saint Ange Gardien détruit tout doute et toute illusion, confère toute grâce, enseigne toute vérité, et contient tout délice. Mais il est important que l'Adepte ne se limite pas à vivre son extase sans pouvoir se la formuler et sorte de sa torpeur afin de soumettre la relation à l'analyse, de la transcrire en termes rationnels, et d'ainsi éclairer son esprit et son cœur par une conscience aussi supérieure à l'enthousiasme fanatique que l'est la musique de Beethoven aux tambours de guerre d'Afrique occidentale.

 

 

Section Gg

 

L'Adepte devrait s'être rendu compte que son Acte d'Union à l'Ange implique (1) la mort de son vieil esprit excepté dans la mesure où ses éléments inconscients préservent sa mémoire lorsqu'ils l'absorbent, et (2) la mort de ses éléments inconscients eux-mêmes. Mais leur mort est plutôt une sortie leur permettant de renouveler leur vie au travers de l'amour. Alors, par un entendement conscient d'eux pris séparément et ensemble, il devient 1'"Ange" de son Ange, de même que Hermès est la Parole de Zeus, dont la propre voix est Tonnerre. Ainsi, dans cette section, l'Adepte profère distinctement, autant que les mots le peuvent, ce que son Ange est à Lui-Même. Il dit cela, avec son scin-læca (15) totalement rétracté en son corps physique, contraignant Son Ange à habiter son cœur.

 

Ligne 1

 

"Je suis Lui" proclame la destruction du sentiment de séparation entre le moi et le Moi. Il affirme l'existence, mais de la troisième personne seulement. "L'Esprit Sans Naissance" est affranchi de tout espace, "ayant la vue dans les pieds", ce afin qu'ils puissent choisir leur propre sentier. "Fort" est GBR, le Magicien escorté par le Soleil et la Lune (voir "Liber D" et Liber 777). Le "Feu Immortel" est le Moi créateur ; l'énergie impersonnelle ne peut périr, peu importe quelle forme elle revêt. La Combustion est Amour.

 

Ligne 2

 

La "Vérité" est l'indispensable relation de deux choses ; par conséquent, et bien qu'impliquant la dualité, cela nous permet de concevoir deux choses comme étant une chose telle que devant être formulée par des complémentaires. Ainsi, une hyperbole est une idée simple, mais sa construction réclame deux courbes.

 

Ligne 3

 

L'Ange, tel que le connaît l'Adepte, est un être en Tiphereth, éclipsant Kether. L'Adepte n'a pas officiellement conscience des Sephiroth supérieures. Il ne peut percevoir, comme l'Ipsissimus, que toutes choses sont également illusion et également Absolues. Il est en Tiphereth, dont l'office est Rédemption, et il déplore les événements qui ont causé l'apparente Affliction à laquelle il vient juste d'échapper. Il est aussi conscient, même à l'apogée de son extase, des limites et imperfections de son Accomplissement.

 

Ligne 4

 

Ceci fait référence aux phénomènes accompagnant l'Accomplissement.

 

Ligne 5

 

Ceci signifie la reconnaissance de l'Ange comme le Vrai Moi de son moi subconscient, la Vie occulte de sa vie physique.

 

Ligne 6

 

L'Adepte se représente tout souffle, toute parole de son Ange comme chargée de feu créateur. Tiphereth est le Soleil, et l'Ange est le Soleil spirituel de l'Âme de l'Adepte.

 

Ligne 7

 

Ici est résumé tout le processus consistant à amener l'Univers conditionné à la connaissance de lui-même par la formule de la génération (16) ; une âme s'implante et dans un corps aux sens trompeurs et dans un esprit captif de la raison, les rend conscients de leur Détenu, et ainsi à même de partager sa propre conscience de la Lumière.

 

Ligne 8

 

"Grâce" possède ici son sens propre de "Charme". L'existence de l'Ange est la justification du mécanisme de la création (17).

 

Ligne 9

 

Cette ligne doit être étudiée à la lumière du "Liber LXV" (Equinox III(1), p. 65 ).

 

 

Section H

 

Cette récapitulation réclame le départ commun de l'Adepte et de son Ange, qu'ils aillent "prendre leur plaisir sur Terre parmi les vivants".

 

 

Section J

 

La Bête 666 ayant conçu le présent mode d'emploi de ce Rituel, ayant constaté par sa propre pratique qu'il est d'une puissance infaillible lorsqu'il est correctement effectué et l'ayant maintenant couché par écrit pour le monde, ce sera un ornement pour l'Adepte qui l'adopte que de proférer un Salut à Son nom au terme de son oeuvre. De plus, ceci l'encouragera en Magick que de se souvenir qu'en vérité il y en eut Un qui atteignit par son usage la Connaissance et Conversation de Son Saint Ange Gardien, lequel ne l'abandonna plus, mais fit de Lui un Magus, la Parole de l'Eon d'Horus!

 

Car sachez-le, le Nom IAF dans son sens le plus secret et le plus puissant proclame la Formule de la Magick de LA BÊTE grâce à laquelle il opéra de nombreux miracles. Et parce qu'il veut que le monde tout entier s'élève jusqu'à cet Art, Il la cache maintenant ici afin que celui en étant digne puisse parvenir à Sa sagesse.

 

Que I et F affrontent tout (18) ; mais préservent néanmoins leur A de l'assaut. L'Ermite pour lui-même, le Fou pour les ennemis, le Hiérophante pour les amis, Neuf par nature, Rien par accomplissement, Cinq par fonction. En paroles rapide, subtil et secret ; en pensées créatif, impartial, illimité ; en actes modéré, patient et persévérant. Hermès pour écouter, Dionysos pour toucher, Pan pour contempler.

 

Une Vierge, un Enfant, et une Bête!

 

Un Menteur, un Idiot, et un Maître d'Hommes!

 

Un baiser, un grand rire, et un mugissement ; que celui qui a des oreilles pour entendre entende!

 

Prends dix qui est un, et un qui est un en trois, pour les cacher dans le six!

 

Ta Baguette à toutes les Coupes, et ton Disque à toutes les Epées, mais ne trahis point ton œuf!

 

Et de plus, IAF est en vérité 666 par la vertu du Nombre ; et il s'agit d'un Mystère des Mystères ; Qui le connaît est l'adepte des Adeptes, et Puissant parmi les Magiciens!

 

A présent, ce mot SABAF, étant numériquement Trois vingtaines plus Dix (19), est un nom d'ayin, l'Oeil, et Notre Seigneur "Le Diable", et le Bouc de Mendès. Il est le Seigneur du Sabbat des Adeptes, et il est Satan, et donc également le Soleil, dont le nombre en Magick est 666, le sceau de Son serviteur la BÊTE.

 

Mais encore SA est 61, AIN, le Néant de Nuit ; BA signifie aller, pour HADIT ; et F est leur Fils le Soleil qui est Râ-Hoor-Khuit.

 

Que l'Adepte appose donc ce sceau sur tous les mots qu'il a écrit dans le Livre des Oeuvres de son Vouloir.

 

Et qu'alors il achève tout, disant, Telles sont les Paroles! (20) Car il proclame ainsi devant tous ceux qui sont autour de son Cercle que ces Paroles sont justes et puissantes, liant ce qu'il voudrait lier, déliant ce qu'il voudrait délier.

 

Que l'Adepte réalise correctement ce Rituel, parfait en chacune de ses parties, une fois par jour durant une lune, puis deux fois, à l'aube et à la nuit tombante, durant deux lunes, puis trois en rajoutant le midi, durant trois lunes, ensuite, minuit faisant son service, quatre fois par jour durant quatre lunes. Que soit ensuite totalement consacrée à cette Oeuvre la Onzième Lune ; qu'il soit pressé en une continuelle ardeur, rejetant tout hormis ses besoins vitaux : manger et dormir (21). Car sache que la véritable Formule (22), dont la vertu s'avèra suffisante à La Bête en cet Accomplissement, était celle-ci :

 

INVOQUE SOUVENT (23)

 

Qu'ainsi tous les hommes puissent enfin parvenir à la Connaissance et Conversation du Saint Ange Gardien : ainsi dit La Bête, et elle implore Son propre Ange que ce livre soit comme une Lampe qui brûle, et comme un vif printemps, ce afin de fournir Lumière et Vie à ceux qui y liront.

 

 

666

 

 

 

 

NOTES

 

 

(1) [Lat., "L'Art du Congrès avec le Daïmon".]

 

(2) NDAC : Toute formule de cet ordre ne devrait être employée avant que l'adepte ne possède une pleine connaissance basée sur l'expérience du maniement de telles substances.

 

(3) [All., "le pur Fou."]

 

(4) [Voir Figure 31 A.]

 

(5) [Arabe, "la direction de la prière".]

 

(6) NDAC : C'est une hypothèse basée sur Liber Legis II, 78 et III, 34.

 

(7) [Voir Figures 31 C-G.]

 

(8) NDAC : Ayant poursuivi avec succès les pratiques du "Liber 536", Batracojreuobookosmomacia.

 

(9) NDAC : Elles correspondent aux Soufre, Sel et Mercure de l'Alchimie; aux sattva, rajas et tamas du système Hindou ; et ce sont plutôt des modes d'action que de véritables qualités même lorsque conçues comme latentes. Elles constituent le dispositif de communication entre les plans ; et comme telles il s'agit de conventions. Aucun moyen d'appréhension mentale que ce soit ne présente de validité absolue ; à moins que nous ne soumettions ces esprits du Firmament en établissant de justes relations ( dans les limites possibles ) avec l'Univers, nous tomberons dans l'erreur lorsque développerons notre nouvel instrument de compréhension directe. Il est essentiel que l'Adepte entraîne ses facultés intellectuelles à lui dire la vérité, dans la mesure de leurs capacités. Mépriser l'esprit en raison de ses limitations est la plus désastreuse des gaffes ; c'est la cause courante des infortunes qui jonchent tant de rivages des débris de l'Armada Mystique. Bigoterie, Arrogance, Confusion, toutes les formes de désordre mental et moral, si souvent observées chez des gens de haut niveau spirituel, ont jeté le discrédit sur le Sentier lui-même; presque toutes les catastrophes de cet ordre sont dues à la tentative de construire le Temple de l'Esprit sans prêter l'attention qui convient aux lois mentales présidant à la structure et aux nécessités physiques de la fondation. L'esprit doit être porté à son plus haut point de perfection, mais conformément à ses propriétés intrinsèques ; on ne peut nourrir un microscope de côtelettes de mouton. Il doit être considéré comme un instrument mécanique de connaissance, indépendant de la personnalité de son possesseur. On doit le traiter exactement comme l'on traiterait un électroscope ou ses propres yeux ; il faut se protéger du danger résultant de l'influence de nos souhaits. Un médecin a recours à un collègue pour soigner sa propre famille, sachant que l'anxiété personnelle peut troubler son jugement. Un microscopiste qui se fie à ses yeux lorsque sa théorie favorite est en jeu peut falsifier les faits, et s'apercevoir trop tard qu'il s'est couvert de ridicule.

Pour ce qui est de l'initiation elle-même, l'histoire porte les cicatrices des blessures infligées par cette Dague. Cela nous rappelle constamment le danger qu'il y a à accorder confiance aux facultés intellectuelles. Un juge doit connaître la loi dans le moindre de ses détails, et être indifférent aux préjugés personnels ainsi qu'incorruptible, sinon l'iniquité triomphera. Le dogme, avec la persécution, l'erreur, la paralysie du progrès, et bien d'autres maux pour satrapes, a toujours établi une tyrannie lorsque le Génie l'a proclamé. L'Islam faisant un feu de joie de la Sagesse écrite, et Haeckel contrefaisant l'évidence biologique ; les physiciens ignorants de la radioactivité contestant les conclusions de la géologie, et les théologiens ne supportant pas la vérité en lutte contre la pensée admise ; toutes les personnes de cet ordre doivent périr des mains de leur propre erreur consistant à faire de leurs esprits, intérieurement défectueux ou extérieurement déviés, la mesure de l'Univers.

 

(10) [Lat., "baguette".]

 

(11) [Voir "Liber V", Appendice VI, note 11.]

 

(12) [Voir Figure 34 A.]

 

(13) NDT : "uprush" = envoi de renforts ; mais c'est aussi un terme employé en psychanalyse pour désigner la montée des contenus refoulés vers le conscient.

 

(14) NDAC : Ces phénomènes ne sont pas entièrement subjectifs ; ils peuvent être perçus, quoique souvent sous d'autres formes, même par l'homme ordinaire.

 

(15) [Norvégien (archaïque), "fantôme brillant", i.e. Corps de Lumière.]

 

(16) NDAC : C'est-à-dire yod hé s'accomplissant, Volonté et Compréhension, dans les jumeaux vau hé, Esprit et Corps.

 

(17) NDAC : Mais voir aussi la solution universelle à l'Enigme de l'Existence in Le Livre de la Loi et son Commentaire - Partie IV du Livre 4.

 

(18) NDAC : Si nous adoptons la nouvelle orthographe VIAOV (Livre 4, Partie III, Chap. V), nous devons lire "Le Soleil-6-le Fils" etc., pour "tout" ; et en conséquence élaborer d'autres manières l'interprétation donnée ici. Ainsi O (ou F) ne sera pas "Le Hiérophante" mais "Le Diable" - l'Oeil - Baphomet, etc., "Le Quinzième par fonction" au lieu du "Cinq", etc., et "en actes libre, résolu, ambitieux, extatique", plutôt que "modéré" etc., comme dans le présent texte.

 

(19) NDAC : Il existe une orthographe alternative TzBA-F où la Racine, "une Armée", a pour valeur 93. Le Practicus devra entièrement raviver ce Rituel à la Lumière de ses propres recherches en Qabal, et en faire ainsi sa propriété personnelle. L'orthographe ici proposée implique que celui qui prononce la Parole proclame son allégeance aux symboles 93 et 6 ; qu'il est un guerrier dans l'armée du Vouloir et du Soleil. 93 est aussi le nombre d'AIWAZ et 6 celui de La Bête.

 

(20) NDAC : Les consonnes de LOGOS, "Verbe", totalisent (en hébreu) 93. Et EPH, "Paroles" (d'où vient "Epique") a aussi cette valeur : EIDE TA EPH [Grec, "vois les paroles"] pourrait être la locution ici voulue : son nombre est 418. Cela voudrait donc signifier l'accomplissement du Grand Oeuvre ; c'est la conclusion naturelle du Rite. Cf. CCXX, III : 75.

 

(21) NDAC : Ces besoins sont modifiés durant le processus Initiatique, à la fois en quantité et en qualité. Il ne faut pas s'angoisser sur sa santé physique ou mentale pour des raisons a priori, mais ne prêter attention qu'aux indubitables symptômes de détresse, devraient-ils survenir.

 

(22) NDAC : Les Oracles de Zoroastre disent ceci :

"Et lorsque, invoquant souvent, tous les spectres se seront évanouis, tu verras ce Feu Sacré et Sans Forme, ce Feu qui s'élance et brille d'un bout à l'autre des Profondeurs cachées de l'Univers ; écoute alors la Voix du Feu!

"Un Feu semblable s'étendant flamboyant à travers les impétuosités de l'Air, ou bien un Feu informe d'où vient l'Image d'une voix, ou bien même une Lumière éclatante, abondante, en rotation, qui tourbillonne en avant, en poussant de grands cris. Il y a aussi la vision du Coursier de Lumière flamboyant, ou aussi celle d'un Enfant, en l'air porté sur les palerons du Destrier Céleste, igné, ou vêtu d'or, ou nu, ou tirant à l'arc des traits de lumière, et se tenant sur les palerons du cheval, puis si ta méditation se prolonge, tu uniras tous ces symboles sous la Forme d'un Lion."

Ce passage - joint à plusieurs autres - est poétiquement paraphrasé par Aleister Crowley dans son Tannhäuser [Emphase de Crowley].

 

" Et lorsque, invoquant souvent, tu verras

Ce Feu sans forme ; lorsque toute la terre est ébranlée,

Que les étoiles ne demeurent point, et que la lune s'en est allée,

Tout Temps refoulé dans l'Eternité,

L'Univers par le séisme gagné,

La Lumière n'est pas, et roulent les tonnerres,

Le Monde est fait :

Lorsque dans les ténèbres Chaos gronde à nouveau

Dans le cerveau surexcité :

Qu'alors ô ton regard ne réclame point cette visible

Image de la Nature : fatal est son nom!

Il ne convient pas à ton Corps de contempler

Cette vivante lumière de l'Enfer,

La flamme morte, non-lumineuse,

Avant que passé par le creuset

Ton corps ne soit devenu or pur!

Car, depuis les confins de l'univers matériel,

La demeure crépusculairement mobile,

Les portes de la matière, et le sombre seuil,

Devant les faces des Choses occupant

Les Demeures de la Nuit,

Surgissent à la vue

Des démons à tête de chien, ne montrant aucun signe

Humain de Vérité, mais profanant la Lumière Divine,

Corrompant les mystères sacrés.

Mais après que tout ce Peuple d'Effroi soit chassé

Par la vengeresse lumière de l'éclair

Qui déchire les cieux en leur éclosion,

Contemple cette Flamme Sainte et Sans Forme

Qui de nom n'a point ;

Le Feu qui s'élance et brille, rampe et se tord,

Reptiligne en sa robe royale

Cerclant de blessures cette gloire évanouie du globe,

Vers ces nues au-delà de l'abîme étoilé,

Au-delà des Rets du Temps, - formule alors

En ton propre esprit, lumineux, concentré,

Le Lion de la Lumière, un enfant se tenant

Sur les larges palerons du Destrier de Dieu :

Ou ailé, ou décochant des flèches rapides, ou chaussé

Des sandales de flammes.

Elève alors tes mains!

Centre-toi en ton cœur une écarlate pensée

Limpide de l'éclat de la Lumière d'en haut!

Aspire au néant

Tout ce qui est vie, mort, haine, amour :

Tout ton être impliqué par ce seul désir -

Ecoute la Voix du Feu!"

 

(23) NDAC : Voir Equinox I(8), p. 22.

 

 

"Liber Samekh," Point II,

Appendice IV de "Magick in Theory and Practice" :

première publication par Lecram Press (Paris, 1929-30).

 

© Philippe Pissier pour la traduction française (5 rue Clémenceau,

F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA)

pour le texte anglais.