CHAPITRE XXI
DE LA MAGIE NOIRE, DES PACTES AVEC LE DIABLE, DES PRINCIPAUX GENRES D'OPERATIONS DE L'ART MAGICKE, ET DES POUVOIRS DU SPHINX
Comme nous l'avons dit au début du second chapitre, le Seul Rituel Suprême est l'obtention de la Connaissance et Conversation du Saint Ange Gardien. C'est l'élévation de l'homme tout entier sur une ligne droite orientée à la verticale.
Toute déviation de cette ligne tend à devenir magie noire. Toute autre opération est magie noire.
Dans la Véritable Opération, l'Élévation est équilibrée par une expansion des trois autres branches de la Croix. C'est pourquoi l'Ange donne immédiatement à l'Adepte pouvoir sur les Quatre Grands Princes et leurs serviteurs (1). Vide infra.
Si le Magicien a besoin de réaliser une autre opération que celle-là, elle n'est licite qu'autant qu'elle constitue un nécessaire prélude à Cette Seule Oeuvre.
Il y a cependant plusieurs teintes de gris. Tous les Magiciens ne sont pas aussi bien armés théoriquement que les lecteurs de ce livre. Peut-être l'un d'entre eux invoquera-t-il Jupiter en vue de guérir certaines personnes de leurs maux physiques. Ce genre de choses est inoffensif (2), ou presque. Ce n'est pas maléfique en soi. Cela résulte d'un défaut de compréhension. Avant que le Grand Oeuvre n'ait été réalisé, il est présomptueux de la part du Magicien de prétendre comprendre l'univers, et dicter sa loi. Seul le Maître du Temple peut dire si tel ou tel acte est un crime. "Tuer cet enfant innocent ?" (J'entends l'ignorant s'exclamer) "Quelle horreur!", "Ah!" réplique Celui Qui Sait, ayant la prescience de l'histoire, "mais cet enfant deviendra Néron. Hâtez-vous de l'étrangler!"
Soudain apparaît un troisième homme, plus évolué, comprenant que Néron était tout aussi nécessaire que Jules César.
En conséquence, le Maître du Temple n'interfère pas avec le plan des choses, excepté dans la mesure où il exécute la Tâche qui lui a été confiée. Pourquoi lutterait-il contre l'emprisonnement, l'exil, la mort ? Tout cela fait partie du jeu dont il n'est qu'un pion. "Il était nécessaire pour le Fils de l'Homme de souffrir toutes ces choses, et d'entrer en Sa gloire".
Le Maître du Temple est si loin de l'homme en lequel Il se manifeste que toutes ces questions sont sans importance pour Lui. Il peut être important pour Son Oeuvre que cet homme s'assoie sur un trône, ou soit pendu. En pareil cas, Il informe son Magus, qui fait usage de la toute-puissance dont Il est investi, et les choses arrivent en conséquence. Quoique tout arrive naturellement, et par nécessité, et apparemment sans un mot de Lui.
Ainsi est-il de règle que le seul Maître du Temple n'ait pas la prétention d'agir sur l'Univers, excepté comme serviteur de son propre destin. Ce n'est que le Magus, Celui du grade immédiatement supérieur, ayant atteint Chokhmah, la Sagesse, qui peut oser agir. Il doit oser, bien que cela ne Lui plaise point. Mais ll doit assumer la Malédiction de Son grade, ainsi qu'il est écrit dans le Livre du Magus (3).
Il existe, bien entendu, des formes entièrement noires de magie. Pour qui n'a pas versé jusqu'à la dernière goutte de son sang dans la coupe de BABALON, tout pouvoir magique est dangereux. Mais il existe des formes de magie plus viles et plus maléfiques, des choses noires en elles-mêmes. Tel l'usage de la force spirituelle à des fins matérielles. Scientistes Chrétiens, Guérisseurs "par le pouvoir de la Pensée", Devins Professionnels, Médiums, etc., sont tous ipso facto des Magiciens Noirs.
Ils échangent l'or contre l'ordure. Ils vendent leurs plus hauts pouvoirs pour de grossiers et temporaires bénéfices.
Que la plus crasse ignorance de la Magick soit leur principale caractéristique ne constitue pas une excuse, en admettant que Dame Nature les accepte, ce qui n'est pas le cas. Si vous buvez un verre de poison au lieu d'un verre de vin, ce n'est pas parce que vous vous "excuserez" que vous ressuciterez.
Au-dessous d'eux dans un sens, et au-dessus dans un autre, l'on trouve les Frères de la Main Gauche (4). Il s'agit de ceux-là qui "se sont repliés sur eux-mêmes", ont refusé leur sang à la Coupe, ont piétiné l'Amour dans la Course pour leur propre agrandissement.
Jusqu'au grade d'Adepte Exempt, ils se trouvent sur le même sentier que la Fraternité Blanche ; car avant que ce grade ne soit atteint, le but n'est pas dévoilé. Là seulement l'on trouve les boucs, solitaires bondissants, maîtres de la montagne, séparés de l'amas confus et grégaire des moutons enchaînés à la vallée. Ceux ayant correctement appris les leçons du Sentier sont prêts à être déchirés en deux, à donner leur propre vie à l'Enfant de l'Abîme qui est - et n'est pas - eux.
Les autres, hautains dans leur pourpre, refusent. Ils se sont eux-mêmes fait une fausse couronne de l'Horreur de l'Abîme ; ils placent la Dispersion de Choronzon sur leurs fronts, ils se vêtissent des robes empoisonnées de la Forme ; ils se replient sur eux-mêmes ; et lorsque la force qui a fait d'eux ce qu'ils sont est épuisée, alors s'écroulent leurs puissantes tours, et ils deviennent les Mangeurs de Fiente au Jour du Jugement Dernier, et leurs débris, éparpillés dans l'abîme, sont perdus.
Ce n'est pas le cas des Maîtres du Temple siégeant tels de petits tas de poussière en la Cité des Pyramides, dans l'attente de la Grande Flamme qui convertira cette poussière en cendres. Car le sang qu'ils ont versé est précieusement gardé dans la Coupe de notre DAME BABALON, une puissante médecine visant à réveiller le Désir du Tout-Père, et à racheter la Vierge du Monde de sa virginité.
II
Avant de quitter le sujet de la Magie Noire, nous allons rapidement aborder la question des Pactes avec le Diable.
Le Diable n'existe pas. Il s'agit d'un faux nom inventé par les Frères Noirs en vue de donner une Unité à leur ramassis d'ignorante confusion. Un diable qui posséderait une unité serait un Dieu (5).
Le Sorcier du Jura dit que pour invoquer le Diable, il vous suffit de l'appeler de toute votre volonté.
C'est là une vérité magique universelle, s'appliquant aussi bien au Diable qu'à toutes les autres entités. Car la toute-volonté d'un homme est en réalité la toute-volonté de l'Univers.
Il est néanmoins toujours facile d'appeler les démons, car eux-mêmes sont toujours en train de vous appeler ; et tout ce que vous avez à faire est descendre à leur niveau et fraterniser avec eux. Ils vous mettront en pièces à loisir. Pas immédiatement ; ils attendront que vous ayez totalement brisé le lien qui vous relie à votre Saint Ange Gardien pour fondre sur vous - à moins que vous ne vous échappiez au tout dernier moment.
Antoine de Padoue et (à notre époque) "MacGregor" Mathers sont des exemples de pareilles victimes.
Néanmoins, tout magicien doit fermement étendre son empire jusqu'aux profondeurs de l'enfer. "Mes adeptes se tiennent droits, leurs têtes au-dessus des cieux, leurs pieds au-dessous des enfers." (6).
C'est la raison pour laquelle le magicien réalisant l'Opération de La Magie Sacrée d'Abramelin le Mage, immédiatement après avoir obtenu la Connaissance et Conversation de son Saint Ange Gardien, doit évoquer les Quatre Grands Princes du Mal en ce Monde.
"Obéissance et foi envers Lui qui vit et triomphe, qui règne au-dessus de vous dans vos palais comme l'Equilibre de Rectitude et Vérité" est votre devoir envers votre Saint Ange Gardien, et c'est aussi le devoir du monde démoniaque envers vous.
Ces puissances de nature "maléfique" sont des bêtes sauvages ; elles doivent être domestiquées, sellées et bridées ; alors deviendront-elles de fiables montures. Rien n'est inutile dans l'Univers : n'enveloppez pas votre Talent dans une serviette de table sous le seul prétexte qu'il s'agit d'une "indemnité de salissure"!
Pour ce qui est des Pactes, ils sont rarement licites. Il ne devrait pas y avoir de marchés à conclure. La Magick n'est pas un métier, les colporteurs n'ont pas à poser leur candidature. Maîtrisez toutes choses, mais soyez généreux envers vos serviteurs - du moment qu'ils se sont inconditionnellement soumis.
Il y a aussi la question des alliances avec diverses Puissances. Celles-là aussi sont difficilement admissibles (7). Toute Puissance n'étant pas elle-même un microcosme - et même les archanges atteignent rarement ce centre d'équilibre - ne saurait être apte à traiter avec l'Homme sur un pied d'égalité. Le sujet d'étude attribué à l'humanité est Dieu ; c'est avec Lui qu'elle doit faire son business, et Lui seul. Certains magiciens ont engagé des légions d'esprits en vue de quelque but spécifique ; mais cela s'est toujours avéré être une sérieuse erreur. L'idée d'échange tout entière est étrangère à la magick. La dignité du magicien lui interdit de passer des accords. "La Terre est au Seigneur, de même que sa plénitude".
III
Les opérations de l'art Magicke sont difficiles à classer, du fait qu'elles se confondent les unes avec les autres en raison de l'unité fondamentale de leurs méthodes et résultats. Nous pouvons citer :
1. Opérations telles que l'évocation, où un esprit vivant surgit de la matière inanimée.
2. Consécrations de talismans (8) lors desquelles un esprit vivant est consigné dans une matière "inanimée" et la vivifie.
3. Travaux divinatoires, lors desquels on fait en sorte qu'un esprit vivant contrôle les opérations de la main ou du cerveau du Magicien. Pareils travaux sont par conséquent très dangereux, à n'être effectués que par des magiciens avancés, et alors avec de grandes précautions.
4. Travaux de fascination, telles les opérations d'invisibilité, et les transformations de la forme apparente de la personne ou de la chose concernées. Cela consiste presque entièrement à distraire l'attention ou troubler le discernement de la personne que l'on souhaite abuser. Toutefois existent de "réelles" transformations de l'adepte lui-même qui sont fort utiles. Consulter Le Livre des Morts pour les méthodes. L'assomption des Formes Divines peut être portée jusqu'au point de transformation véritable.
5. Travaux d'Amour et de Haine, eux aussi réalisés (en règle générale) par une fascination. Ces travaux sont trop aisés et rarement utiles. Ils ont la détestable habitude de se retourner contre le magicien.
6. Travaux de destruction, pouvant être effectués de bien des manières différentes. L'on peut fasciner et plier à sa volonté une personne possédant en propre la capacité de détruire. L'on peut utiliser des esprits ou des talismans. Les plus puissants magiciens de ces derniers siècles ont employé des livres.
Dans les questions privées, ces travaux sont très faciles - dans la mesure où ils s'avèrent nécessaires. Un adepte connu du MAÎTRE THERION estima un jour nécessaire de tuer une Circé qui ensorcelait les frères. Il s'avança jusqu'à la porte de sa chambre et y traça un T Astral (traditore, et le symbole de Saturne) à l'aide d'une dague astrale. Elle se suicida dans les 48 heures (9).
7. Travaux de création et de dissolution, et les invocations supérieures.
Il existe aussi des centaines d'autres opérations (10) ; pour se procurer des objets voulus - de l'or, des livres, des femmes, et autres choses du même genre - ; pour ouvrir les portes closes, pour découvrir un trésor, pour nager sous l'eau, pour avoir des hommes armés à ses ordres, etc, etc. Il ne s'agit en fait que de questions de détail ; l'Adeptus Major comprendra aisément comment les réaliser si elles s'avèrent nécessaires (11).
L'on peut ajouter que toutes ces choses arrivent "naturellement" (12). Réalisez une opération pour avoir de l'Or : votre oncle fortuné meurt et vous laisse sa fortune ; pour avoir des livres : vous trouvez le livre dans un catalogue ce jour-même, bien que vous le cherchiez en vain depuis une année ; pour avoir des femmes : mais si vous avez contraint les esprits à vous apporter suffisamment d'or, cette opération deviendra superflue (13).
Il faut de plus remarquer que c'est absolue Magie Noire que d'employer aucun de ces pouvoirs si l'objectif est susceptible d'être autrement atteint. Si votre enfant se noie, vous devez plonger et tenter de le sauver ; invoquer les Ondins n'irait pas.
De plus, il n'est pas légitime d'invoquer ces Ondins en toutes circonstances, fussent-elles désespérées ; peut-être est-il nécessaire pour vous et pour lui que l'enfant meure. Un Adepte Exempt sur le droit chemin ne fera ici aucune erreur - un Adeptus Major n'a que trop de chances d'en commettre. Un profond entendement de ce livre armera les adeptes de chaque grade contre toutes les plus sérieuses bévues inhérentes à leurs fâcheuses positions.
IV
La nécromancie est suffisamment importante pour réclamer une section à elle seule.
Elle se justifie dans certains cas exceptionnels. Supposons que le magicien échoue à rentrer en contact avec des Maîtres vivants, ou qu'il ait besoin de telle ou telle parcelle de connaissance qu'il croit à raison disparue avec la mort d'un maître du passé, il peut lui être profitable d'évoquer "l'ombre" de ce dernier, ou de lire les "annales Akashiques" de son esprit (14).
Si l'on procède ainsi, il faudra agir correctement, précisément d'après le modèle de l'évocation d'Apollonius de Tyane, que réalisa Eliphas Lévi (15).
Les plus grandes précautions devront être prises pour éviter la mascarade de "l'ombre". Il est évidemment aisé, mais rarement recommandable, d'évoquer l'ombre d'un suicidé, ou de quelqu'un violemment trucidé ou subitement décédé. De quelle utilité une telle opération s'il ne s'agit de satisfaire la curiosité ou la vanité ?
Il nous faut ajouter un mot au sujet du spiritisme qui est une sorte de nécromancie aveugle - le terme nécrophilie est sans doute préférable - réalisée par des amateurs. Ils se rendent parfaitement passifs, et, loin d'employer quelque méthode de protection, invitent délibérément tous les esprits sans exception, démons, rémanences de macchabées, tous les excréments et toutes les ordures de la terre et de l'enfer, à les éclabousser de leur limon. Cette invitation est promptement acceptée, à moins de la présence d'un être clair, pourvu d'une aura suffisamment belle pour effrayer ces fétides habitants de l'enfer.
Aucune manifestation spirite ne se déroula jamais en la présence du simple FRATER PERDURABO ; encore moins en celle du MAÎTRE THERION (16)!
De tous les hommes qu'Il rencontra jamais, le plus éminent des spiritistes anglais (un journaliste et un pacifiste d'une renommée plus qu'européenne) possédait l'esprit le plus immonde et la bouche la plus ordurière. Il interrompait n'importe quelle conversation pour raconter une histoire stupide et grivoise, et pouvait difficilement concevoir une réunion mondaine dans un but autre que des "orgies phalliques", quelles qu'elles soient. Absolument incapable de s'en tenir à un sujet, il amenait la conversation encore et encore sur le seul sujet lui tenant vraiment à coeur - le sexe et les perversions sexuelles et le sexe et le sexe et le sexe et encore et toujours le sexe.
C'était l'évident résultat de son spiritisme. Tous les spirites sont plus ou moins pareillement affligés. Ils sentent mauvais même de l'autre côté de la rue ; leurs auras sont en lambeaux, crottées et malodorantes ; elles suintent le limon des cadavres en putréfaction.
Aucun spirite, une fois pris au filet de la sentimentalité et des fantasmes d'effroi freudiens, n'est capable d'une pensée concentrée, d'une volonté persistante, ou de caractère moral. Dépourvu de toute étincelle de la divine lumière qui était son patrimoine, proie avant la mort des affreux locataires du tombeau, le malheureux, telle la vivante et hypnotisée dépouille du Monsieur Valdemar de Poe, est une "masse quasi-liquide de nauséabonde, détestable putrescence".
L'étudiant de cette Sainte Magick est très sérieusement mis en garde contre la fréquentation de leurs séances, et même contre l'erreur consistant à les tolérer en sa présence.
Ils sont contagieux comme la Syphilis, et encore plus écoeurants et létaux. A moins que votre aura ne soit suffisamment forte pour paralyser toute manifestation des infâmes larves qui ont fait d'eux leur habitat, fuyez-les car vous n'avez aucun besoin de fréquenter de simples lépreux (17)!
V
Beaucoup a été écrit au sujet des pouvoirs du Sphinx (18). Sagement, ils ont été tenus au premier rang du véritable enseignement magique. Même le novice peut toujours jacasser qu'il doit savoir, oser, vouloir et se taire. Il est difficile d'écrire sur cette question car ces pouvoirs forment véritablement un ensemble, et leurs interactions respectives deviennent de plus en plus évidentes comme l'on approfondit le sujet.
Mais il est un principe général qui semble digne d'être ici mis en relief. Ces quatre pouvoirs sont assez complexes car il s'agit des pouvoirs du Sphinx, c'est-à-dire des fonctions d'un organisme unique.
Or, ceux qui comprennent la croissance des organismes sont au fait que l'évolution repose sur l'adaptation au milieu ambiant. Si un animal ne sachant pas nager est de temps en temps jeté à l'eau, il peut en réchapper par quelque coup de chance, mais s'il est continuellement précipité dedans il se noiera tôt ou tard, à moins d'apprendre à nager.
Les organismes étant flexibles dans une certaine mesure, ils s'adaptent bientôt au nouvel environnement, pourvu que le changement ne soit pas brusque au point de détruire cette flexibilité.
Or, un changement dans l'environnement implique une rencontre répétée des nouvelles conditions, et si vous souhaitez vous adapter à n'importe quel ensemble de conditions, la meilleure chose que vous puissiez faire est de vivre avec circonspection et persévérance parmi elles. C'est le fondement de toute éducation.
Les pédagogues démodés n'étaient pas du tout aussi stupides que voudraient nous le faire croire certains éducateurs modernes. Le principe du système était de faire impression sur le cerveau par une série de coups constamment répétés jusqu'à ce que la réaction voulue devienne naturelle à l'organisme.
Il n'est pas souhaitable d'employer des idées excitant l'intérêt, ou pouvant ultérieurement devenir des armes à portée de main, au cours de cet entraînement fondamental de l'esprit. Il est réellement préférable d'obliger l'esprit à s'occuper avec des idées premières signifiant peu de choses pour l'enfant, car vous ne tentez pas de stimuler le cerveau mais de lui donner de l'exercice. Pour cette raison, les esprits les plus évolués ont tous été disciplinés par une formation préliminaire en latin, grec et mathématiques.
Le même principe s'applique à l'éducation physique. Les exercices de base devraient être de nature à entraîner les muscles à réaliser communément n'importe quel type de travail plutôt qu'à les exercer en vue d'un type d'effort déterminé, car la concentration sur ce dernier les rendrait impropres à d'autres tâches en les privant de la flexibilité qui est la condition première de la vie (19).
Dans la Magick et la méditation, ce principe s'applique avec une terrible force. Il est tout à fait inutile d'enseigner aux gens comment réaliser des opérations magiques car il pourrait s'avérer que de telles opérations, une fois qu'ils auront appris à les effectuer, ne soient pas en accord avec leurs volontés. Ce qu'il convient de faire est d'entraîner l'Aspirant dans la dure routine des rudiments de l'Art Royal.
Pour peu que le mysticisme soit concerné, la technique est extrêmement simple et a été très simplement décrite dans la Partie I de ce Livre 4. L'on ne peut affirmer trop énergiquement que toute somme de réussite mystique quelle qu'elle soit n'est pas une compensation à la paresse pour ce qui est de la technique. Un moment peut survenir où samadhi lui-même ne fait plus partie du business du mystique. Mais le caractère développé par l'entraînement d'origine demeure un acquis. En d'autres termes, la personne qui s'est forgé un cerveau de première qualité capable de flexibilité est apte à s'attaquer à n'importe quel problème tandis que celle n'ayant fait que se spécialiser s'est inféodée à une routine, et ne peut plus s'adapter ni s'ajuster à de nouvelles conditions.
Le principe est tout à fait universel. Vous n'entraînez pas un violoniste à jouer le Concerto de Beethoven ; vous l'entraînez à jouer toute partition concevable avec une aisance absolue, et vous le limitez à l'exercice le plus monotone possible durant des années et des années avant de lui permettre de monter sur l'estrade. Vous faites de lui un instrument parfaitement capable de s'adapter à n'importe quel problème musical pouvant lui être soumis. Cette technique Yogique est le plus important détail de tout notre travail. Le MAÎTRE THERION fut lui-même quelque peu à blâmer pour avoir présenté cette technique comme étant de valeur simplement du fait qu'elle mène à de grandes récompenses du genre samadhi. Il aurait fait preuve de plus de sagesse en basant exclusivement Son enseignement sur le terrain de l'évolution. Mais sans doute pensait-Il aux paroles du poète :
"Vous agitez une carotte devant son nez,
Et elle va où qu'aille la carotte."
Parce qu'après tout, on ne peut expliquer la nécessité d'étudier le latin aux enfants imbéciles ou aux stupides pédagogues ; car n'ayant pas étudié le latin, ils n'ont pas développé leurs cerveaux pour l'étude de quoi que ce soit.
Les Hindous, comprenant ces difficultés, ont opté en la matière pour l'attitude de Dieu Tout-Puissant. Si vous vous présentez à un maître Hindou, il vous traitera comme si vous étiez moins qu'un ver de terre. Vous devez faire ceci, et vous devez faire cela, et il ne vous est pas permis de savoir pourquoi vous le faites (20).
Après des années d'expérience pédagogique, Le MAÎTRE THERION n'est pas vraiment convaincu qu'il ne s'agisse point de la bonne attitude. Lorsque les gens commencent à discuter des choses au lieu de les mettre en pratique, ils deviennent absolument impossibles. Leurs esprits ressassent encore et encore, et ils s'en vont par la même porte que celle par laquelle ils étaient rentrés. Ils demeurent abrutis, volubiles et incompréhensifs.
La technique de la Magick est aussi importante que celle du mysticisme, mais là nous sommes en face d'un problème bien plus difficile, car l'unité première de la Magick, le Corps de Lumière, est déjà quelque chose d'étranger à la personne du commun. Toutefois, ce corps doit être développé et entraîné précisément dans la même sévère discipline que le cerveau dans le cas du mysticisme. L'essence de la technique Magicke réside dans le développement de ce Corps de Lumière, dont les limites devront être reculées jusqu'à inclure tous les organes du corps, et à vrai dire du cosmos.
Les travaux pratiques les plus importants sont :
1. La fortification du Corps de Lumière par l'emploi constant de rituels, par l'assomption de Formes Divines et par le bon usage de l'Eucharistie.
2. La purification, la consécration et l'exaltation de ce Corps au moyen de rituels d'invocation.
3. L'éducation de ce Corps par l'expérience. Il doit apprendre à voyager sur tous les plans, à briser tout obstacle pouvant se présenter. Cette pratique doit être aussi régulière et systématique que possible ; car il est inutile de seulement visiter les sphères de Jupiter ou Vénus, ou même d'explorer les 30 Ethers, si l'on néglige les méridiens peu séduisants (21).
L'objectif est d'acquérir un Corps en mesure d'effectuer aisément n'importe quelle tâche lui pouvant être confiée. L'on ne doit pas sélectionner une expérience spécifique interpellant notre désir immédiat. L'on doit franchir assidûment tous les pylônes possibles.
FRATER PERDURABO avait la grande malchance de ne posséder aucun instructeur magique à même de Lui expliquer ces choses. Il fut plutôt encouragé dans un travail dépourvu de méthode. Fort heureusement, Il rencontra d'autre part un guru qui Lui enseigna les véritables principes du Yoga, et Il fut capable, ayant suffisamment de jugement pour reconnaître l'universelle application de tels principes, de corriger dans une certaine mesure Ses imperfections d'origine. Mais même aujourd'hui, en dépit du fait que Son inclination première soit plus forte envers la Magick qu'envers le mysticisme, il est bien moins compétent en Magick (22). Une trace de ceci peut même être relevée dans Sa méthode alliant les deux divisions de notre science, car dans cette méthode Il fait porter à la concentration la Croix de l'Oeuvre.
C'est peut-être une erreur, probablement un défaut, certainement une impureté de la pensée, et la source doit en être recherchée dans Sa mauvaise discipline d'origine pour ce qui est de la Magick.
Si le lecteur consulte le récit de ses voyages astraux dans le Second Numéro du Premier Volume de The Equinox, il s'apercevra que ces expériences étaient tout à fait capricieuses. Déjà, lorsque au Mexique Il eut l'idée d'explorer les 30 Ethers systématiquement, Il abandonna la vision après n'en avoir sondé que deux.
Très différent est Son journal après que l'entraînement de 1901 E.V. L'ait mis sur le chemin de la discipline (23).
En conclusion de cette partie de notre livre, l'on peut résumer toute l'affaire par ces quelques mots : Il n'est aucun objectif digne d'être atteint si ce n'est le constant développement de l'être de l'Aspirant par un travail scientifique soutenu ; il ne doit pas s'efforcer de courir avant de pouvoir marcher ; il ne doit pas souhaiter aller quelque part avant d'être certain de l'endroit qu'il veut atteindre.
NOTES
(1) NDAC : Voir Le Livre de la Magie Sacrée d'Abramelin le Mage.
(2) NDAC : Il y a toutefois l'objection générale à ce que l'énergie spirituelle soit déviée de sa véritable trajectoire, qui est de s'écouler via les canaux de l'Initiation pour déboucher dans la Mer de l'Accomplissement, vers des douves irriguant les champs du profit matériel. C'est une mauvaise affaire que de payer en bon argent des produits périssables ; comme se marier pour des raisons financières ou prostituer son génie poétique à des fins politiques. Le cours inverse, quoique également inacceptable car souillant la pureté des plans, est du moins respectable pour sa noblesse. L'ascète de la Thébaïde ou le Monastère Trappiste sont infiniment plus estimables que le "colporteur de santé" ou le "monsieur réussite" de Boston ou Los Angeles ; car l'un offre ce qui n'est que pacotille temporaire afin de gagner la richesse éternelle, tandis que l'autre n'apprécie la substance spirituelle qu'autant qu'elle peut contribuer à une meilleure condition physique, et à une prise plus ferme sur les dollars.
(3) NDAC : Equinox I(7), pp. 5-9.
(4) NDAC : A ce sujet, consulter et étudier avec soin le Liber 418. Equinox I(5), Supplément.
(5) NDAC : "Le Diable" est, historiquement, le Dieu de quiconque haï personnellement par un autre. Cela a conduit à une telle confusion de pensée que LA BÊTE 666 a préféré laisser les noms tels quels, et simplement proclamer qu'AlWAZ - le solaire-phallique-hermétigue "Lucifer" - est Son propre Saint Ange Gardien, et "le Diable" SATAN ou HADIT de notre unité particulière de L'Univers Etoilé. Ce serpent, SATAN, n'est pas l'ennemi de l'Homme, mais Celui qui crée des Dieux de notre race, connaissant le Bien et le Mal ; ll ordonne : "Connais-Toi Toi-même!" et professe l'Initiation. Il est "le Diable" du Livre de Thoth, et Son emblème est BAPHOMET, l'Androgyne qui est l'hiéroglyphe de la perfection arcane. Le nombre de Son ATU est XV, ce qui est yod hé, le Monogramme de l'Eternel, le Père un avec la Mère, la Semence Vierge une avec l'Espace qui contient tout. Il est par conséquent la Vie, et l'Amour. En outre, sa lettre est ayin, l'Oeil ; il est Lumière, et son image Zodiacale est le Capricorne, le bouc bondissant dont l'attribut est Liberté. (Notez que le "Jéhovah" des Hébreux s'y rattache étymologiquement. L'exemple classique d'une telle antinomie, ayant mené à de si désastreux malentendus, est celle entre NU et HAD, le Nord et le Sud, Jésus et Jean. Le sujet est trop abstrus et compliqué pour être ici traité dans le détail. L'étudiant consultera les écrits de Sir R. Payne Knight, du Général Forlong, de Gerald Massey, Fabre d'Olivet ; etc., etc. ; pour les données sur lesquelles ces réflexions sont en fin de compte basées).
(6) NDAC : "Liber XC", verset 40. Consulter The Equinox, I(6). [Aussi in The Equinox III(9)].
(7) NDAC : Néanmoins, il existe certains corps d'entités spirituelles, dans les rangs desquels on trouve non seulement des forces angéliques mais aussi des élémentaux ou même des daemons, ayant atteint une si Juste Compréhension de l'Univers qu'ils se sont ligués ensemble en vue de devenir des Microcosmes, et ont réalisé que le meilleur moyen pour eux d'y parvenir était de se vouer au service des véritables intérêts de I'Humanité. Les associations de forces spirituelles, structurées d'après ce modèle, disposent d'énormes ressources. Le Magicien lui-même voué au service de l'humanité peut compter sur l'aide la plus chaleureuse de la part de ces Ordres. Leur sincérité peut toujours être vérifiée en testant leur adhésion à la Loi de Thelema. Quiconque dénie "Fais ce que tu voudras sera toute la Loi" confesse par là-même qu'il est toujours en proie à un conflit au sein de sa propre nature ; il n'est pas, et ne veut pas être, sincère avec lui-même. A fortiori, il sera faux dans ses relations avec vous.
(8) Un talisman ou telesma est toute chose chargée d'une force magicke pouvant agir depuis une certaine distance. Les armes sont en elles-mêmes des talismans. C'est un terme doté d'un sens très large. Je doute de l'étymologie du mot telesma : il est probablement (d'après moi) à la fois erroné et blasphémateur, et relevant de la magie noire, que d'employer le mot comme étant équivalent à, ou ayant le même sens que, celui donné plus haut.
(9) NDAC : Ainsi qu'il est expliqué plus haut, relativement à un autre sujet, celui qui "détruit" un être doit l'assumer, avec toutes les responsabilités afférentes, comme partie intégrante de lui-même. L'Adepte dont il est ici question fut en conséquence obligé d'incorporer l'esprit élémental de la fille - elle n'était pas humaine, le fourreau d'une Etoile, mais un daemon planétaire avancé, dont l'ambition téméraire s'était emparée d'un corps au-delà de son aptitude à le diriger - dans son propre véhicule magique. Il s'engagea de ce fait à subordonner tout le brusque afflux de qualités - elle était irascible, capricieuse, impulsive, irrationnelle, égoïste, imprévoyante, libidineuse, volage, folle et désespérée - à sa Vraie Volonté ; à les discipliner, les coordonner et les employer dans le Grand Oeuvre, sous peine d'être déchiré en deux par les chevaux sauvages qu'il avait fermement arrimés à son propre corps en "détruisant" leur conscience autonome et leur contrôle du véhicule qu'ils s'étaient choisi. Voir Son Journal Magique, An XX, 2 en è [sept.-oct. 1924 E.V.] et plus loin.
(10) NDAC : Des exemples de Rituels pour divers objectifs de cet ordre sont livrés dans The Equinox. [Voir Appendice I, §1.]
(11) NDAC : Morale : devenez un Adeptus Major!
(12) NDAC : La valeur de la preuve de ce que vos opérations auraient influencé le cours des événements ne peut être évaluée que par l'application des Lois de probabilité. Le MAÎTRE THERION ne saurait accepter un cas unique comme concluant, aussi improbable soit-il. Que les chances soient de dix millions contre une ou seulement de trois, un homme pourra tout autant deviner la réponse juste. Si quelqu'un ramasse un caillou, les probabilités étaient incalculablement grandes contre ce caillou particulier, et pourtant, quel que soit celui choisi, la même chance "intervient". Cela réclame une série d'événements antérieurement invraisemblables pour déduire l'existence d'un dessein sous-jacent, conclure que les changements observés soient produits causalement et non fortuitement. La prédiction des événements est une preuve supplémentaire de ce qu'ils sont produits par la volonté. Ainsi, tout homme peut raccrocher une dizaine de coups au billard, ou même une suite de plusieurs coups gagnants. Mais la chance ne peut expliquer une réussite persistante, même modérée, lorsqu'elle couvre une longue période de temps. Et l'habileté de l'expert à "nommer son coup" manifeste une connaissance des relations de cause à effet confirmant le témoignage de sa dextérité empirique, selon lequel sa réussite ne tient ni de la chance ni de la coïncidence.
(13) NDAC : Cette affirmation cynique est une absurdité de la Magie Noire.
(14) NDAC : Les seuls esprits susceptibles d'être utiles au Magicien appartiennent à des Adeptes ayant juré de souffrir la réincarnation à de courts intervalles, et les meilleurs éléments de tels esprits sont reliés au "Moi Inconscient" de l'Adepte, et non en proie à une errance inutile sur le Plan Astral. Il sera donc plus avantageux d'essayer de rentrer en contact avec le "Maître Mort" via son présent avatar. Du reste, les Adeptes se donnent du mal à consigner leurs enseignements dans des livres, des monuments ou des images, et à nommer des gardiens spirituels préservant de tels héritages au-travers des générations. Chaque fois qu'ils sont détruits ou perdus, la raison en est habituellement que l'Adepte lui-même juge leur utilité périmée, et retire les forces qui les protégeaient. Nous conseillerons donc à l'étudiant de se résigner ; les sources d'information à sa disposition ont probablement été sélectionnées par les Gardiens de l'Humanité au vu de ses réels besoins. Il faut apprendre à avoir confiance en l'aptitude de son Saint Ange Gardien à habilement façonner les circonstances. Si l'on est tout entier absorbé dans l'ardeur de son aspiration envers Lui, il faudra en vérité peu de temps pour que l'Expérience instille la ferme conviction que Ses oeuvres et Ses voies sont infiniment appropriées à nos besoins.
(15) NDAC : Voir Dogme et Rituel de la Haute Magie ; Rituel, ch. XIII.
(16) NDAC : Même les plus précoces des Initiations confèrent une protection. Voyez la crainte ressentie par D.D. Home pour Eliphas Lévi. Consulter Equinox I(10), The Key of Mysteries [La Clef des Grands Mystères, par E. Lévi].
(17) NDAC : Il arrive dans certains cas rares qu'un très exceptionnel degré de pureté personnelle allié à une probité et une force de caractère puissent fournir, même à l'ignorant, une certaine protection naturelle, et n'attirer dans son aura que des entités intelligentes et bienfaisantes. Il se peut que de telles personnes pratiquent le spiritisme avec d'évidents mauvais résultats, ou même de bons résultats, dans certaines limites. Mais pareilles exceptions n'invalident aucunement la règle générale, et ne sauraient nullement fournir un argument contre la théorie magique esquissée plus haut avec tant de suave persuasion.
(18) NDAC : Dans le Liber CXI (Aleph), le sujet est traité avec une profonde et toute-exhaustive sagesse.
(19) NDAC : Quelques formes d'exercices sont dispensées de ces critiques. La varappe, notamment, entraîne chaque muscle d'une infinie variété de manières. Elle contraint du reste l'élève à utiliser son propre jugement, à compter sur lui-même, à développer ses ressources, et à se fier à sa propre originalité pour attaquer tout nouveau problème se pouvant présenter. Ce principe est applicable à toutes les branches de l'éducation des enfants. Ils devraient être mis en rapport avec tous les types de vérités, et autorisés à manifester leurs propres réactions et réflexions vis-à-vis de ces derniers, sans que rien ne soit tenté pour influencer leur jugement. Les élèves magiques devraient être entraînés de la même manière. Il faudrait qu'ils oeuvrent seuls dès le début, parcourent tout le chemin avec impartialité, élaborent leurs propres expériences et en tirent leurs propres conclusions.
(20) NDAC : Cela n'entre pas en conflit avec l'optique du "faites-en à votre tête" mise en avant dans la note précédente. Un Adepte autocratique est en vérité une bénédiction pour le disciple, non parce qu'il peut guider "droit" l'élève dans ce sentier particulier se trouvant convenir à sa personnalité, mais parce qu'il peut forcer le débutant à s'affûter au contact du travail le plus lassant en vue de lui faire acquérir une compétence universelle, et l'empêcher d'extirper hors de la Tourte de la Connaissance les prunes l'interpellant trop vivement, ce qui le rendrait malade d'un excès de friandises - ayant négligé un régime équilibré, composé d'aliments sains.
(21) NDAC : L'Aspirant doit se souvenir qu'il est un Microcosme. "Universus sum et Nihil universi a me alienum puto" [Lat., "Je suis de l'univers et rien de l'univers ne m'est étranger."] devrait être sa devise. Il conviendrait que voyager sur le Plan Astral devienne sa pratique quotidienne, explorant tour à tour chacune des zones les plus synthétiques, les Séphiroth et les Sentiers. Celles-ci étant parfaitement comprises, et un Ange appointé dans chacune pour le garder ou le guider selon le besoin, il pourra entamer une nouvelle série d'expéditions ayant pour objet leurs subdivisions. Il pourra ensuite pratiquer l'Elévation sur les Plans à partir de ces sphères, l'une après l'autre à tour de rôle. Lorsque les diverses méthodes permettant de parer à d'inattendues circonstances critiques lui seront devenues tout à fait familières, il pourra poursuivre en explorant les régions des Qliphoth et des Forces Démoniaques. Ce devrait être son objectif que d'obtenir une connaissance exhaustive du Plan Astral tout entier, avec un amour impartial de la vérité pour elle-même ; tout comme un enfant étudie la géographie de la planète dans sa totalité sans pour autant avoir l'intention de jamais quitter son pays natal.
(22) NDAC : La révision de ces remarques, à la requête d'un fidèle confrère, L'oblige à concéder que ce n'est peut-être pas le cas. Il est vrai que toute Réalisation Mystique théoriquement possible Lui fut accordée, tandis que Ses capacités en Magick semblent être inégales et imparfaites. Malgré cela, il se peut qu'Il ait toutefois accompli ce qui était de l'ordre du Possible. Car les Réalisations Mystiques ne sont jamais mutuellement exclusives ; l'extase de la Tristesse (par exemple) n'est pas incompatible avec la Vision Béatifique ou la "Farce Universelle". Mais, en Magick, toute Opération interdit à son exécutant d'en effectuer telle autre. La raison en est que le Serment de n'importe quelle Oeuvre enchaîne le Magicien une fois pour toutes aux principes s'y trouvant impliqués. Voir le Chapitre XV, Partie I. En outre, il est manifestement possible d'atteindre l'essence d'une chose sans interférer avec d'autres s'entravant les unes les autres. Les randonnées à travers champs sont très rarement pratiques.
(23) NDAC : De récents progrès L'ont rendu à même de rectifier cette situation, de sorte que ce Livre ( tel qu'il est à ce jour, enfin corrigé pour l'imprimerie) peut être considéré comme pratiquement dénué de sérieuses imperfections à cet égard.
"Of Black Magic: Of Pacts with the Devil: Of the Main Types of the Operations of Magick Art: And of the Powers of the Sphinx," chapitre XXI de "Magick in Theory and Practice" : première publication par Lecram Press (Paris, 1929-30).
© Philippe Pissier pour la traduction française (5 rue Clémenceau,
F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA)
pour le texte anglais.