UNE NOTE

[ AU SUJET DES PARTIES I-II ]

 

 

Ce livre, à dessein, n'est pas l'oeuvre de Frater Perdurabo. L'expérience montre que son écriture est trop concentrée, trop abstruse, trop occulte, pour que des esprits ordinaires y comprennent quoi que ce soit. Il est espéré que cette consignation par écrit de fragments décousus de sa conversation courante puisse s'avérer à la fois plus intelligible et plus convaincante, et pour le moins constituer une étude préliminaire permettant à l'étudiant de se mettre à l'oeuvre, armé d'une connaissance et d'une compréhension générales de ses idées, et de la forme sous lesquelles il se les représente.

 

La Partie II, "Magick", est rédigée dans un style plus avancé que celui de la Partie I ; l'on espère de l'étudiant qu'il connaisse un peu la littérature sur le sujet, et soit capable d'en avoir une opinion intelligente. Cette partie est, quoi qu'il en soit, réellement explicative de la Partie I, qui n'est qu'une première ébauche grossière.

 

Si les deux parties sont consciencieusement étudiées et comprises, l'élève aura alors acquis une véritable connaissance de tous les fondements et points essentiels de la Magick comme du Mysticisme.

 

J'écrivis ce livre sous la dictée de Frater Perdurabo à la Villa Caldarazzo, Posilippo, Naples, où j'étudiais sous sa tutelle, une villa qui nous avait été effectivement prophétisée, bien avant d'atteindre Naples, par ce Frère de l'A... A... qui m'apparut à Zurich. Tout point me semblant obscur était éclairci lors d'un nouveau discours (les discours furent remaniés en conséquence). Avant l'impression, l'oeuvre fut relue dans son intégralité par plusieurs personnes d'une intelligence plutôt en dessous de la moyenne, et tout point qui n'était pas parfaitement clair, même pour eux, fut élucidé.

 

Puisse la Voie être désormais libre pour tous!

 

Frater Perdurabo est le plus honnête de tous les grands instructeurs religieux. Les autres ont dit : "Croyez-moi!". Lui dit : "Ne me croyez pas!". Il ne cherche pas de disciples ; il les mépriserait et les rejetterait. Ce qu'il veut, c'est un ensemble d'étudiants, indépendant et sûr de lui, où ceux-ci appliqueraient leurs propres méthodes de recherche. S'il peut leur épargner du temps et de la peine en leur donnant quelques "tuyaux" utiles, son travail aura été payé de retour.

 

Ceux qui ont désiré que les hommes les croient étaient absurdes. Une langue ou une plume persuasives, ou une épée efficace, agrémentées du chevalet de torture et du bûcher, créèrent cette croyance qui est contraire à, et destructrice de, toute véritable expérience religieuse.

 

La vie toute entière de Frater Perdurabo est dorénavant consacrée à vous faire obtenir cette vivante expérience de la vérité pour, par, et en vous-mêmes!

 

SOROR VIRAKAM (Mary d'Este Sturges)

 

"A Note," in "Book Four, Part One" : première publication par Wieland & Co. (Londres, 1911).

© Philippe Pissier pour la traduction française (5 rue Clémenceau,

F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA)

pour le texte anglais.