QUO
STET OLYMPUS ?
OÙ VIVENT LES DIEUX ET LES ANGES ?
Cara Soror,
Fais ce que Voudras sera le Tout de la Loi.
Nous avons défini récemment ce qu'étaient les Dieux, les anges, les démons,
les élémentaires; nous avons aussi dit comment ils vivaient, et
maintenant, insatiable Chercheuse, vous me demandez où. En Inde, la
terre était supportée par un éléphant qui se tenait sur une tortue - qui.. ?
Pas de plancher au-dessus. Juste l'espace vide fourmillant de galaxies; pas de place
pour le "paradis". Plus simple de nommer Olympe ou Méru la demeure
des Dieux - croyez-le ou non! ne posez pas de questions!
Néanmoins, la difficulté est à chaque fois notre propre stupide création. La
considération la plus élémentaire quant à la nature des Dieux, anges, démons,
et du reste, telle qu'exhibée par leurs pouvoirs particuliers, les classe
instantanément comme des Entités appartenant à plus de trois dimensions! De même
qu'aucun nombre de lignes ne suffit à produire le plus petit plan, de même
qu'un cube est capable de contenir un nombre infini de carrés, loin qu'il n'y
ait aucune place pour le paradis, il n'y a absolument rien d'autre que cette
place!
Mais, bien sûr, la nature de cet espace est toujours incompréhensible, voire
inconcevable, pour un être d'une dimension inférieure. Ce n'est que lorsque
nous avons réussi à unir notre Personne Consciente (tri-dimensionnelle) à
notre Personne Inconsciente (tétra-dimentionnelle), que nous pouvons alors
compter sur une conception symbolique de comment les choses se produisent
"dans leurs parties étrangères".
La spéculation sur de tels points est inexcusablement sans profit; j'ai
seulement consacré ces quelques paragraphes au sujet car il est utile de réfuter
la critique du genre orateur de carrefour qui croit pouvoir invalider toute la
thèse "Sunt Daemones" par l'interrogation bête et arrogante
de "quo Stet Olympus?".
L'Amour est la loi, l'amour sous la volonté.
Fraternellement vôtre,
666.
[Traduction du chapitre 36 de "Magick without Tears" d¹Aleister Crowley,
1954. Texte anglais : © Ordo Templi Orientis.
Traduction française : © Philippe Pissier, 1990.]