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Colères, principe de survie, Une bataille de cerfs dans une forêt paisible. Ta paix est différente de la mienne. Le vide peut prendre toutes les formes. Tu me rappelles Bodhgaya et ses croisés Au crâne rasé, Chantant à cœur perdu des mantras oubliés. Se tapant la tête dans le mur en endormant les gens. Rappelle-toi bien la pauvre dame que tu as croisée Et que tu as prise en photo, avant d'engloutir ton thé à la « tibetan style ». Mahabohdi dans lequel on met tant d'espoir, Attrape touriste, spiritualité de supermarché. Avant de méditer sur la respiration, médite sur la tension, Et la souffrance que tu perpétues sous prétexte de paix. Ta paix est ma guerre mon ami. Une nouvelle guerre mondiale dans cette ère du verseau, Ou l'on mâche ses souffrances et Ou l'on prend ses larmes et ses grincements de dents, Pour le salut final. Vas-tu ruminer tes conneries encore longtemps, Brûle tes livres, montre ta bite pendant ton cours, Ta méditation sera peut-être plus honnête. La souffrance est un espace fermé, Et l'on prend un malin plaisir à succomber à cette étroitesse. Toutes les justifications sont bonnes. Tu as peur, tu es terrifié, petit enfant qui joue au Guru. Vois ma colère comme une pure manifestation De mon Ego démesuré. Regarde le bien cet ego, tu vas devoir te le Coltiner longtemps, très longtemps. Mais pas le mien non, MOI JE suis parti, je suis parti, Comme ce fleuve que l'on croyait tranquille, Et qui d'un coup s'enfuit comme un torrent. Oui je me suis enfui, cette fuite qui est mon alliée, Je suis le cerf des bois, Que le chasseur se perd à cibler, L'oiseau qui entend et qui disparaît. Et je suis seul, sauvage, incapable de jouer le jeu. Jeu social, aspiration collective, qui fonce dans le mur de l'illusion. Je suis fier de ma clope sous les étoiles et de mes éternelles questions. Je suis fier de ne pas être englué dans une mode, Que l'on ose appeler Tradition, La tête haute, sans faire de bruit. Guerrier d'occident, pensant à sa dame, rôdeur, Chevalier errant, ronin, sâdhus alcooliques, Fous du volant, voyageur à idéal à la con, Bikers de l'OTO, reikistes pervers, Martinistes théâtraux et franc maçons bedonnants. Yogis hallucinés, baba Lionel et le lion Nakul, Lama Tashi et son arthrose. Katak et ses rots dans la cuisine, Zdenek et son silence, Christian le viking, Doux comme un agneau. Cosmos et son savon, et son idiot du village. L'idiot de Rishikesh et Suzannah l'infirmière. Guru Maharaj et ses mensonges. Maa Shakti, Kalima que tu veux fuir, Que tu déconsidères. Elle prendra ton sang. Je danse avec cet univers que j'emmerde, C'est un Tango passionné, lent et vigoureux. Clac clac, comme le dit Ahmed le communiste d'avant-garde. Clac clac, tout est dans les hanches, à même la chose. Tu nous demandes, moutons que nous sommes, De tourner la tête de regarder autour de nous. Histoire de nous mettre mal à l'aise. La frustration n'est elle pas notre meilleure alliée? Je crois bien que je n'irai jamais foutre les pieds en Thaïlande, Ca serait donc ma prochaine destination. Ah Mahabodhi et ta croisade, La noble lignée du vajra dans la tronche, A donc bien de la patience... En occident, tu aurais provoqué une nouvelle St Barthélemy. Le jour de la naissance de ma mère d'ailleurs...
Ladakh, suite à un cours de méditation, Juin 2006
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Dernier survivant du cataclysme Les lettres roulent comme les éboulis de montagnes lointaines. Une main tend la main comme le serpent se mord la queue. Dernier survivant du cataclysme. La fumée des shiloms monte et exhibe les cadavres Une peau morte éclatante et ton visage rose en flamme. Les intouchables s'engueulent, sur le chantier de la mort, Il y a une tension, mais aucun maître à l'horizon. J'arrive, le chien vient renifler les ordures, A la recherche d'un sang frais, pas trop carbonisé. Un ascenseur se présente, je m'incline et me relève. Le sâdhu allume son portable et lit son journal. Mais ce soir là, ce soir là, Il l'a éteint et son journal brûle les nouvelles du monde. Trident perché comme une ligne électrique. Le prêtre descend les marches et s'enfonce dans les profondeurs. Nonchalamment, extase moderne d'un ciel clair obscur. Les cloches sonnent, les tambours retentissent, la guerre S'estompe. On ne sait pas trop comment. Dernier survivant du cataclysme.
Ladakh, juin 2006, souvenirs de Manikarnika Ghât (Benares)
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Jugement sans fins qui me condamne. Le poêle brûle toujours à Khaspang, Et la cuisine... Illuminée par mille Vajra. Des pies se battent, Le vieux Tashi ne médite plus. Et le soleil se couche, impassible, A demain...
Ladakh, juin 2006, à propos du Monastère de Khapang
Morgan
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