LES CAHIERS DE LA MACUMBA

de Paul Gregor

II


LA PSYCHO-SYNTHESE SEXUELLE

une nouvelle méthode de développement des forces inconnues ("Magiques") du subconscient, déduite de la discipline secrète des sorciers brésiliens.


 

Les deux dessins que vous voyez ci-contre ( cliquez sur les liens aux paragraphes suivants) expliqueront mon silence, qui vous a sans doute intrigué. Vous trouverez leur clef plus loin, dans le fascicule.

Le premier dessin est destiné à ceux qui ont, malgré mon silence, continué les exercices commencés. Ce sont les "durs", les inflexibles, qui forceront les portes de la vie supérieure, en dépit des doutes, en dépit de la "nuit noire" des mystiques. Les sorciers appellent cette race de lutteurs : les "curupiras".

Le dessin n°2 s'adresse à ceux qui ont interrompu les exercices, pendant plus de sept jours consécutifs. Ils appartiennent à une autre famille d'esprits, non moins doués pour la magie que les premiers, mais d'une nature différente. Ce sont les "jacumas", selon la terminologie de la Macumba. Leurs auto-défenses sont souples, leur intuition décèle certains moments de saturation psychique, certains moments, ô très mystérieux de l'évolution magique, où il s’agit de reculer pour mieux bondir, pour mieux dépasser les points morts de la croissance intérieure.

Excusez-moi, mais c'était indispensable. Il a fallu que vous fassiez cette expérience, le "BAMBURRAL" de mes étranges maîtres : cette douche écossaise psychologique qui est en substance le sentiment de la solitude et d'une expectative, en apparence frustrée.

Tout à l'heure je vous indiquerai les lignes générales, les règles qui en découlent. Mais permettez-rnoi de vous rappeler ici que toute la force de la macumba vient de la synthèse de la coexistence de contrastes, à première vue inconciliables. Oui, il faut être capable de persévérance et aussi de moments d'abandon, (Je parle de notre travail maintenant.) Nous tendons à des états de transition (les seuls vraiment dignes d'être vécus), que vous apprendrez à fixer, à prolonger. Quels, sont ces états, comment les décrire? Je vous les désigne symboliquement, en disant, par exemple :

Avoir bu, sans être ivre, vivre l'amour, sans s'y perdre, lutter pour la survie au-delà de la mort (car la survie, comme vous verrez , dépend aussi de l'évolution psychique), sans être paralysé par La peur de l'anéantissement. C'est entre des contrastes extrêmes que s'ouvrira devant vous la voie royale de la régénération magique.

Je voudrais donc, d'abord, vous transmettre quelques conseils afin de vous préparer après l'épreuve, l'isolement du "BAMBURRAL", au plus décisif de mes fascicules que voici et que vous ne devez aborder énergiquement qu'après une transition de 7-8 jours comme je vous le montrerai tout à l'heure. Ses indications, les rites et exercices qui suivent, représenteront un tournant dans votre développement, dont vous vous rendrez bientôt compte. Au demeurant, il y aura un second, très grand changement, chez vous dans 3-5 mois. Peut-être pourrai-je vous mettre alors en contact direct avec le monde de la magie brésilienne, avec l'ambiance de mon "Journal d'un Sorcier".


 

Un souvenir personnel au sujet de l'épreuve du "BAMBURRAL".

C'est pour vous faire deviner le sens magique (ou psychologique si l'on veut) de cette épreuve, du sentiment d'avoir été abandonné par le maître que je vous raconterai rapidement cet épisode de mon initiation.

Dans un "terreiro" ("chapelle" forestière de la Macumba), le maître m'attacha solidement les mains derrière le dos à un anneau. Je me trouvais immobilisé, le dos contre le mur, debout, en face de l'autel des dieux de la forêt. Je pouvais juste tourner la tète, à gauche et à droite.

C'était nécessaire, car voila - le maître me laissa seul avec une jeune Noire, armée d'un couteau et "habitée par le dieu Exu", ou autrement dit, en proie à un dangereux délire homicide.

"Quand cette clepsydre sera vide, m'avait dit le sorcier, je reviendrai pour te délier.

En attendant, je devais me défendre contre les attaques de l'obsédée avec mon regard.

( il s'agit d'un aspect de la Macumba qui ne concerne pas directement notre cours d'évolution psychique.)

C'est parfaitement possible, mais c'est très fatiguant. Chaque fois que le corps souple, musclé, de La jeune fille délirante s'approche de moi, chaque fois que le couteau me menaça de trop près, je plantai mon regard dans ses yeux fiévreux, exécutant en même temps une très intense crispation des muscles, tout en visualisant un bras qui repoussait l'assaillante (et en alternance encore une autre image) et en prononçant une formule qui exige une grande concentration. Alors elle reculait, comme devant un mur invisible, prononçant d'effrayantes imprécations, pour revenir haletante, à l'assaut au bout de quelques minutes d'hébétude.

La clepsydre était vide depuis longtemps, comme je me sentais vidé de ma substance psychique, de ma force nerveuse. C'était l'heure du crépuscule. L'intérieur de la chapelle devenait de plus en plus ténébreux. Pas la moindre trace du maître!

La folle était de nouveau devant moi. Dans la pénombre, le couteau reluisit devant mon visage.

Alors, complètement engourdi, paralysé par mon propre effort, mon subconscient abandonna la partie. Je vis les yeux fébriles tout près des miens. Je ne crispai plus mes muscles, je ne durcis plus mon regard. Avec une subite et instinctive passivité, j'accueillis, je laissai entrer le fluide des yeux délirants dans les miens.

Soudain j'entendis le couteau tomber par terre et je sentis la caresse d'un corps souple qui s'appuyait contre le mien.

Alors entra le maître qui me dit (adoptant ses mots à la pensée européenne) à peu près ceci :

" Tu es de la race des "jacumas". Tu as trouvé ton rythme de l'effort et de l'abandon. C'est une des images de l'effort psychique : si deux personnes tirent les deux bouts d'une corde et si l'une lâche la corde ou bon moment, l'adversaire (ou La résistance psychique, l'obstacle) S'écroule.

 


Quelques conseils pour une période de transition.

Elle sera d'une durée de 7-8 jours.

Je remarque que désormais pour les questions de durée, qu'il s'agisse de jours ou de minutes (lors des exercices), vous devez vous confier de plus en plus à la voix de votre intuition. Elle vous envoie des idées, des impulsions : au niveau actuel, votre voix intérieure vous indiquera les nuances, les moments les plus propices. C'est ainsi qu'on découvre aussi dans ma psychologie magique ses propres réactions : en tâtonnant. Au demeurant - vous ne pouvez pas commettre d’erreurs très graves car pendant tout votre "démarrage" magique, je serai là pour vous montrer les grandes lignes qu'il faut suivre.

 


 

Une règle générale qui découle du "BAMBURRAL"

NON SEULEMENT PENDANT CETTE TRANSITION, AUSSI PLUS TARD, TOUJOURS :

A) La tension (crispation) des "curupiras" sera plus longue. ils s'efforceront jusqu'à l'extrême limite de leurs possibilités. En somme, ils appliqueront les indications du premier fascicule.

B) Les "jacumas" chercheront (toujours en interrogeant leur propre intuition) un rythme légèrement différent. Tout en faisant un effort aussi violent que jusque présent, ils l'interrompront plus souvent. Autrement dit, le rythme de l’alternance tension-détente sera plus rapide, plus court chez eux.

Exemple - certains d'entre eux pourront arriver au rythme : 3-5 secondes de tension, 10-30 secondes de détente. Seul critère : il faut arriver à un maximum de tension. Il s'agit de diminuer sa durée (pas son intensité).

 


 

La transition.

Les "curupiras" : Qu'ils arrêtent le travail systématique pendant 7-8 jours. Au bout de quelques jours, ils éprouveront le désir de refaire l'un ou l'autre des exercices. Qu'ils le fassent "comme en vacances", sans le sentiment de l'obligation, du "devoir", de la durée, en s’observant, en jouant pour ainsi dire.

Qu'ils contemplent de temps en temps le dessin n°l en essayant de le compléter suivant la légende ( plus loin). Qu'ils fassent cela de préférence le soir mais pas forcément tous les soirs (intuition, voix intérieure!).

Les "jacumas" : Qu'ils continuent leurs "vacances" pendant 3-4 jours. Qu'ils reprennent pendant le reste de cette transition (3-5 jours) les exercices du premier fascicule avec régularité, tenant compte cependant du nouveau rythme de la tension. (En le cherchant, un sentiment de force, une plus grande netteté des images évoquées leur indiquera leur rythme idéal.)

Qu'ils utilisent le dessin n°2, comme je viens de le recommander aux "curupiras" ( au sujet du dessin n°l).

 


 

APRÈS LA TRANSITION,

Nous recommençons en principe tout le travail, tous les exercices du premier cahier, seulement nous les approfondissons, nous y introduisons des variantes.

Autrement dit, nous creusons aux mêmes endroits mais nous nous rapprochons davantage du noyau secret du subconscient où se trouvent ensevelies nos facultés supérieures.

Pages six et sept du premier cahier

Premier rite : Lorsque la cordelette en question est trop raccourcie par le traitement prescrit (par la flamme), de sorte qu'il devient malaisé de la manipuler, il faut La remplacer par une autre.

(Selon les sorciers, vos fluides négatifs, vos défauts, faiblesses, etc., imprègnent graduellement cet objet.)

Brûlez, incinérez un soir à la flamme de la bougie les bouts de cordelettes, entièrement (En vous servant d'une pince et d'un mouchoir pour La tenir.) Ajoutez à la cendre quelques gouttes de rhum et de votre salive, dans une soucoupe ou cendrier, mélangez avec le bout de la pincette. Emballez le tout dans un morceau de papier et jetez dans un buisson. Explication des sorciers : une partie de vos fluides négatifs est éliminée observez si au bout de 3-4 semaines le buisson ne présente pas de feuilles prématurément sèches).

De toute façon : si c'est une autosuggestion, elle agit trés fortement.

Trempez la nouvelle cordelette dans un verre de rhum pur. Au préalable, soufflez lentement, de près, sur la surface du liquide, aspirant lentement. Répétez douze fois. Ensuite, mouillez la cordelette. Ne l'appliquez plus sous l'aisselle droite. Appliquez-la désormais sur la cuisse droite nue, aussi haut que possible.

Second rite : Jusqu’à nouvel ordre, cessez l'application du sang. Humectez désormais chaque soir la pointe du couteau de votre salive en la touchant de votre langue. Au préalable, tenez le couteau pendant à peu près une minute sous l'aisselle gauche. Après l'avoir humecté et avant de l'utiliser (page 7 en bas), brûlez pendant un instant la pointe en la plongeant dans la flamme de la bougie.

Pendant la détente (page 9, en bas) : placez votre main droite vers le milieu de votre région abdominale. Au préalable (avant le début de la détente), vous aurez gardé cette main pendant une minute sous votre aisselle gauche et ensuite vous aurez légèrement humecté les bouts de ces doigts de votre langue, laissez reposer la main sur votre épiderme nu, et ensuite, tout en continuant votre rêverie, décrivez lentement de petits cercles, de gauche à droite, sur votre épiderme. C'est le début de l'auto-induction magnétique. De temps en temps, dans quelques jours, vous sentirez un léger frisson qui intensifiera et réchauffera votre irnagination.

 


 

L'auto-induction magnétique des sorciers brésiliens (page 12)

Ce rite sera provisoirement remplacé par un autre. Gardez la boule de cire et l'aiguille pour plus tard.

Le présent exercice peut être dissocié, c'est-à-dire : on peut l'exécuter indépendamment des autres rites. Il faut l'exécuter dans l'obscurité, couché, déshabillé (au moins partiellement).

Première phase - Couché sur le dos, on approche ses dix doigts rassemblés de sa bouche et l'on se met à souffler lentement dessus, comme on l'a fait avec le verre de rhum.

En aspirant l'air lentement et en soufflant (10-20 fois, selon votre intuition), songez :

1/ à un être désiré, mais sans intensité, que votre pensée l'effleure à peine.

2/ songez, rapidement, à la qualité magnétique de votre souffle qui vient de votre intérieur et qui est fortement stimulé par les exercices, surtout par la tension, le "stop" et les ébauches de auto hypnose

3/ songez, rapidement, sans approfondir la pensée, qu'il y a en chacun de nous des glandes et des caractéristiques du sexe opposé, que la vibration magique vient en partie de la prise de possession des extrêmes opposés en nous et que vos mains deviennent, momentanément, par le circuit magnétique qui s'amorce, l'expression du sexe contraire.

Je reparlerai de tout cela. Ici, maintenant, il s'agit de méditer sur ces trois thèmes : 1/ l'être désiré, 2/ le magnétisme accru de votre souffle, 3/ vos mains = l'expression de l'autre sexe.

Il suffit que ces thèmes vous passent vaguement par la tête.

Seconde phase : Sans toucher votre épiderme délibérément (vous allez peut-être, par hasard, légèrement effleurer votre peau, ce qui n'est pas nuisible), les doigts des deux mains légèrement courbés, les approchant à une distance minime (1/2 cm - 1 cm) de votre corps.

Vous commencez à décrire avec vos paumes et doigts de petits cercles au-dessus de votre région abdominale.

Vous pouvez varier la direction de ces mouvements circulaires au gré de votre inspiration.

Vous pouvez monter ou descendre. Votre intuition dirigera vos mouvements. Mais ne vous touchez pas délibérément.

Continuez pendant à peu près cinq minutes. Un tout léger frémissement nerveux se fera sentir.

Vous êtes en train de "charger" les accus de vos forces nerveuses d'un courant très subtil et très fort dont vous sentirez l’effet au bout d'une semaine déjà.

Après cet exercice, retournez-vous, restez pendant 1-2 minutes couché sur le ventre, sans crispation ni détente, sentez dans l'obscurité le poids de votre corps, ce poids qui est aussi : force, vibration, chaleur, magnétisme. Sentez dans l'obscurité l'approche lente de la substance d'une PRÉSENCE AIMÉE.

 


 

La petite mort de la "Kwimbanda" (pages 13-14-15)

Recommencez à pratiquer ce coup d'arrêt psychologico-magique, surtout en ce qui concerne la parole et la pensée.

Mais le moment est venu d’appliquer ce "stop" au domaine de l'imagination érotique.

Pour commencer, essayer d'interrompre une rêverie érotique (éventuellement provoquée par une photo ou une lecture), essayez de passer d'une telle rêverie à l'observation attentive d'un objet quelconque, pour revenir au bout de quelques instants au point de départ ( à la rêverie ).

Bientôt viendra le moment où vous commencerez à pratiquer l'immobilisation physique (transitoire) dans certaines situations. Mais de cela, je préférerais vous parler personnellement car je pense que nous parviendrons à nous rencontrer bientôt.

Auto-hypnose (pages 15-16)

Il faut augmenter, doubler le temps consacré à ce chapitre, quitte à dépasser les trente minutes prévues. (il s'agira d'une différence de 5-10 minutes. Plus tard, comme on le verra, on pourra diminuer la durée de certains rites, dans le sens qu'on les exécutera, à d'autres moments, souvent en compagnie de personnes qui ne se doutent pas de ce que vous êtes en train de faire dans le secret de votre être intime.)

Utilisez le dessin 4 du premier fascicule sans le modifier délibérément. Si votre subconscient brode, tant mieux ; mais observez le dessin dans un état passif.)

Faites l'exercice comme avant, pendant à peu prés 5 minutes.

Vous pouvez essayer au lieu du mot IROUNGA, un autre : OUNDOUROUBIRA - OUNDOUROUBIRA (accent sur le i. Ce mot doit être, comme l'autre, répété à une allure vertigineuse).

Maintenant, interrompez la séance.

Rapprochez vos yeux de la bougie à un demi-mètre. Regardez la flamme pendant 10-15 secondes. Rapprochez La flamme à 20-25 cm. Regardez pendant 10-15 secondes.

Vous aurez préparé un simple miroir de poche. Vous détournez le regard de la bougie.

Vous vous accoudez confortablement à une table.

Vous tenez le miroir des deux mains, tout près de vos yeux, à quelques centimètres de distance : vous voyez juste une partie de votre nez, de votre front et au milieu : vos yeux.

Restez ainsi pendant une minute.

Pensez pendant tout cet exercice qu'il y a là devant vous : vous-même et un autre , votre personnalité inconnue, que vous ne connaissez pas encore, votre personnalité qui cache en puissance, des forces inimaginables, votre personnalité mystérieuse qui ne peut pas être détruite.

Regardez donc comme vos propres yeux, vous semblent, ainsi vus, différents, inconnus, secrets.

\/otre propre regard, qui est celui d'un autre "moi", plonge dans votre cerveau. Un circuit magique s'établit entre un être qui est de cette terre et un être supérieur.

Maintenant, tout en continuant cette méditation (sans grand effort), rapprochez le miroir, au point de toucher presque la racine de votre nez.

Efforcez-vous de voir vos deux yeux : Les yeux se confondront, leurs images se superposeront; essayez de nouveau de les voir séparément.

En même temps, retenez votre respiration aussi longtemps que possible, jusqu'à la limite de la suffocation. Respirez au moment où cela devient indispensable, recommencez à retenir votre respiration, et ainsi de suite,

Pendant tout ce temps (environ cinq minutes), tenez le miroir presque appuyé contre La racine de votre nez : laissez-vous pénétrer par cet étrange et très fort regard qui est le vôtre.

Maintenant : encore un regard sur la flamme, de tout prés.

Ensuite : accoudé, couvrez vos yeux des paumes en croisant vos mains superposées au-dessus de la racine de votre nez.

De cette obscurité, dans cet état, peuvent sortir des images très vivantes : si vous le désirez, durant quelques secondes.

Les contours d'une tête, d'un cou, par exemple. Laissez-les venir, tranquillement.

Puis soudain, quitte à disperser l'image :

Une crispation violente, et un moment de rage artificielle, abstraite.

Imaginez par exemple que vous serrez ce cou, non pas à l'étrangler mais pour subjuguer.

Répétez : rappelez l'image, déclenchez de nouveau l'onde de fureur quasi-meurtrière.

Sachez : dans cet état de l’auto hypnose, répété 10-15 fois, il y a de fortes chances que la personne visée commence à penser à vous simultanément, ou rêve de vous si elle est endormie.

Le plus étrange : ce mouvement de rage quasi-meurtrière est transformé dans le système nerveux de la personne visée. Il devient : sympathie, intérêt, force d'attraction.

Plus tard, quand vous dominerez entièrement vos réactions, essayez de reconstituer ce mouvement de rage derrière un visage calme, derrière un regard absolument impassible que vous plongerez pendant quelques instants dans les yeux d'une personne présente.

Le résultat est souvent ahurissant, la personne change toute son attitude à votre égard et se montre manifestement attirée par vous.

 


 

Encore quelques mots au sujet de mes projets. Je sais que dans quelques mois vous serez vous-mêmes étonnés par l'éclosion de vos forces psychiques, d'une nouvelle personnalité et surtout des perspectives insoupçonnées d'un nouveau mode d'existence.

Mais pour arriver au plus haut degré de cette évolution, il est très utile de joindre à l'évolution psychique :

1/ l'usage de certaines plantes

2/ la participation à certains rites collectifs, de nature extatique.

Le Brésil est le pays idéal qui réunit ces deux éléments.

Des plantes ! Je pourrais en parier pendant des heures. Il y a des plantes qui changent le visage, qui régénèrent la peau, les cheveux, les glandes, toute la personnalité, qui effacent des années et des années.

Quant aux rites, quant aux courants telluriques et aux contacts personnels, quant à leur richesse et chaleur naturelle, je me bornerai à dire qu'il y a certains événements qui vous galvanisent pendant des années.

Seulement, il est évident que pour échapper à l'emprise de certains préjugés et d'une législation puritaine, il faut que je sois très prudent.

Un voyage au Brésil (guidé par moi) serait la meilleure solution.

Tout indique que je pourrai obtenir des conditions tout à fait exceptionnelles pour le trajet de petits groupes, 1-2 fois par an.

Voulez-vous bien me répondre :

a) si en principe vous pourriez aller au Brésil pour y passer un mois environ.

b) à quel moment?

c) quand et où nous pourrions éventuellement nous voir afin de discuter de tous ces sujets?

Je serais heureux d'avoir bientôt de vos nouvelles.

 


 

Une remarque au sujet des dessins

On les appelle "pontos", donc "points" (en portugais, cette fois-ci, les "macumbeiros" sont bilingues). Pourquoi "points"? Ce sont des points de départ psychologico-magiques.

Le sorcier les dessine sur le sol, avec un bâton. Les traits sont grossiers, maladroit, approximatifs.

La précision, le dessin, importent peu, pourvu qu'on puisse reconnaître les motifs. Ce sont comme des idéogrammes, des allusions à d'obscures associations d'idées-forces qui deviennent peu à peu claires, plausibles, saisissantes. Pour le "macumbeiro", il s'agit évidemment de mobiliser les forces de la nature. Nous savons que celles-ci se trouvent aussi en nous, qu'elles habitent notre subconscient.

Dessin n°1, pour les "curipuras

Comme vous voyez, c'est une transformation et condensation partielle du "ponto" n°4 du premier fascicule. Peu à peu, il s'en dégagera une espèce de résonance psychologique de la force dramatique des "curupiras".

Dessin n°2, pour les "jacumas", dérivé du "ponto" n°5 du premier fascicule.

Pas de condensation visuelle. Amplification, définition plus précise, démarche intuitive, graduelle de l’esprit "jacuma" vers l'idée mystérieuse du sacrifice sanglant de la "macumba".

 


 

Qu'on contemple ces traits dans un état passif, détaché.

Des associations d'idées, d'images, des pulsions d'énergies occultes se manifesteront peu à peu.

Les uns comme les autres s'approcheront, peu à peu, de ce frisson mystérieux qui émane de l'idée du sacrifice sanglant -et qu'on retrouvera aussi à la source secrète de la sexualité.