La magie ( et on verra que cela reste le terme le plus juste ) relève de la psychiatrie, de Jung, des archétypes, de la religion, de la théologie mystique, de la rééducation des réflexes sexuels, et d'une gymnastique de la volonté et de l'imagination assez ardue. Certainement pas plus ardue que l'entraînement d'un navigateur spatial. Il y a un siècle, des académies de science proclamèrent que les chemins de fer allaient irrémédiablement détraquer les systèmes nerveux. Un vitesse insensée de 30 km/heure ferait de chaque passager un fou furieux. Qu'auraient-ils dit, à cette époque-là, de l'entraînement des navigateurs spatiaux ? Ou de simples pilotes d'avions à réaction ? Chacun est prisonnier de sa petite vie, plus ou moins moyenne, plus ou moins insignifiante. On n'y peut rien ? Quel mensonge grotesque ! Ainsi affirmait-on que d'après les desseins de la Providence l'homme était fait pour ramper sur l'écorce terrestre. Le vol serait par la nature des choses réservé aux oiseaux ! Et pourtant ce n'est pas la nature qui a créé les oiseaux supersoniques.
Ce sont les pionniers annonciateurs d'un nouvel état de conscience qui l'ont créé.
Imagine-t-on qu'on réussira à vivre à l'âge atomique sans violer un subconscient encore attaché à l'âge de pierre ?
Journal d'un sorcier p. 254
Le réveil magique ! C'est un coup d'éponge qui efface les frontières entre la vie et la mort.
Journal d'un sorcier p. 267
Ah, dignes et discrets magiciens, grand-prêtres sentencieux et hermétiques, ce n'est pas pour rien que depuis dix mille ans vous vous camouflez derrière je ne sais quelle loi occulte, qui vous oblige au silence !
Il est dangereux de révéler le secret, dîtes-vous ? Cela provoquerait la vengeance des forces de la nuit ?
Eh bien je finirai par le révéler et je suis sûr que les seigneurs des ténèbres se tiendront coi. Et il y a certainement eu des sorciers aussi communicatifs et aussi téméraires que moi-même.
Seulement : combien le silence et les phrases obscures sont plus commodes ( surtout pour les illettrés ) que de trouver les mots pour l'écrire, non, pour laisser peu à peu deviner les véritables évènements du monde occulte et du royaume de ce dieu qui est en nous.
Ou, du moins, qui peut y être.
Journal d'un sorcier p. 275-276
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