POLITIQUE DE L'ADOLESCENCE SEXUELLE

 

 

Cette réflexion sera raide : sur une question aussi grave je refuse, dans quelque direction qu'ils aillent, de suivre le sens des courants. Je veux aussi n'y engager qu'une position personnelle, mais à fond et rigoureusement.

 

Dans un effort de sexo-politique, non pas de religion du N'importe quoi, j'essayerai de bien distinguer ici révolte et révolution sexuelles. Cela spécialement à propos des adolescents : c'est-à-dire d'abord en moi-même, 55 ans et déjà presque toutes mes dents.

 

 

C'est une plaisanterie en effet, dans une Humanité dont la fonction sexuelle est pour tous et très évidemment perturbée, d'une façon profonde, archétypique et ancestrale, avec des répercussions sur toutes les autres fonctions humaines, dans l'ordre du sentimental, du mental, de l'actionnel, et de toutes façons peu ou prou en toute relation un peu réellement vécue, tout rapport social, toute attitude politique, de supposer qu'il existe aujourd'hui un homme ou une femme, sur cette planète, qui n'est pas, du point de vue psycho-sexuel, de quelque façon encore un adolescent. Qui plus, qui moins, d'accord. Je crains celui ou celle qui se supposent pleinement "normaux", "adultes" et capables séparément de fournir un modèle excellent à tous les autres, en cette affaire.

 

On doit noter par ailleurs qu'il s'agit bien d'instincts déréglés : le même phénomène, d'universelle difficulté, perturbation du naturel, par toutes sortes de superbes certitudes, purement mentales, "culturelles", ne se rencontre pas dans le reste du monde animal où l'Auto-régulation de toutes les relations sexuelles, de cent et mille manières différentes, existe, n'y faisant du mal à aucun être et que du bien à tous. Les instincts animaux déterminent des jeux, des luttes, mais jamais celles-ci ne vont à la destruction de son congénère. La pure animalité ne connaît qu'Eros, la vie, pas Thanatos, la Mort (1).

 

Si l'Oedipe, mortifère, briseur de Fratrie, tel que Freud s'est à moitié trompé en le définissant, par influence sur lui de la neuro-psychologie bourgeoise, n'est pas universel, pourtant la perturbation sexuelle humaine est bien universelle. On ne peut que le constater. Elle doit donc venir d'une autre cause.

 

On a des hypothèses là-dessus. Elles se centrent sur ce qui se passe en chacun de nous autour de la puberté. Passant alors la frontière humaine unique, qui sépare en deux la vie humaine, et la richesse humaine, du monde des enfants, de la pénurie et sottise savante, du monde des "adultes", nous restons tous, d'une manière ou d'une autre, plus ou moins stoppés à nos rêves de cet âge-là.

 

 

de quel droit ?

 

 

Un autre jour, ou dans d'autres travaux, où nous aurons plus de place, nous pourrons essayer d'approfondir cette question fondamentale (2). Mais elle est tellement grave, pour nous tous, et sa gravité, notre adolescence collective, semble prendre une accélération tellement forte, pour l'avenir prochain de notre espèce humaine tout entière, faisant impossible sa pourtant urgente révolution sexuelle, et non adolescente révolte sexuelle (signe, comme toute révolte, qu'on ne veut pas réussir une révolution ; qu'on veut seulement obéir, préférant en fait sa petite sécurité et son esclavage, en se donnant faussement la bonne conscience que ce n'est pas de sa faute : puisqu'on essaye indéfiniment - évitant bien d'en prendre les moyens - que le système social change ; en sachant bien, soyons contents contents, que révolte amène répression ; et qu'ainsi on ne changera rien), cette question de notre adolescence collective, en progrès constant et constamment accéléré, selon ce que je peux pour ma part constater, au bout de mon adolescence de 55 ans, cette question est tellement grave qu'une des choses à laquelle je m'oppose et m'opposerai jusqu'à la tombe, avec toutes les dents que j'ai déjà et toutes celles qui me resteront, est ceci : que des gens prétendent individuellement ("individualisme libéral bourgeois") savoir ce qu'il faut faire, pour l'éducation sexuelle des adolescents ; et qu'ils entreprennent individuellement ("liberté d'entreprendre", individualiste bourgeoise), ou en holdings d'individus (non sans leur argent) (produit par les autres), de le faire. De quel droit, s'il vous plaît, ces gens-là toucheraient-ils aux adolescents de ma République ?

 

Elle ne sait déjà pas trop bien, ma pauvre République (les Républiques ancestrales, anti-oedipiennes, des sociétés noires naturelles par exemple, le savent mieux), ce qu'elle doit faire collectivement de ses adolescents. Alors on ne pourrait pas, au moins, laisser ceux-ci à leurs propres instincts ? Ils fonctionneront moins mal entre eux, on peut en être sûr, que si des initiatives privées "d'adultes" s'en mêlent, individuellement ; ou en holdings d'individus.

 

Car qu'on m'excuse, mais je les connais, ces magnifiques "libérateurs" de la sexualité des adolescents ; je les ai rencontrés partout, et des centaines avant d'être journaliste, au cours de plus de vingt ans, de ma carrière d'éducateur professionnel d'adolescents. Tout ce que j'ai pu constater d'eux est qu'ils étaient incapables d'assurer, à des collectivités d'adolescents, une atmosphère sociale d'auto-organisation, où les capacités naturelles adolescentes puissent s'épanouir entre elles librement ; incapables d'oser organiser quelque assemblée générale que ce soit d'adolescents ; incapables d'abandonner la plus petite miette de leur autoritarisme "d'adultes" aux leaders adolescents, naturels et/ou élus par leurs assemblées générales ; mais capables seulement, tournant autour des collectivités d'adolescents, sous toutes sortes de beaux prétextes et d'éducation "spécialisée", en ceci ou en cela, de détraquer tout le fonctionnement instinctuel de ces collectivités, donc plus ou moins de chacune-chacun qui se trouve dedans : en y pratiquant une pêche à la ligne individualiste, de tous les adolescents ou adolescentes à la sexualité encore assez fragile pour leur paraître touchants ; et pour mériter, à l'écart de tous les autres, leurs soins "éducatifs" individuels.

 

 

attirance sexuelle

 

 

Et il faut bien préciser : ce ne sont pas les homosexuels et les pédérastes qui, en tant que tels, sont à craindre, autour des adolescents. Personne ne peut ignorer que les milieux éducatifs les attirent comme l'aimant attire la limaille de fer, les hôpitaux les sadiques et le pouvoir les impuissants. L'expérience commune révèle aussi que ce sont, statistiquement, des éducateurs remarquables. On dit : pour se faire pardonner leur homosexualité ou leur pédérastie, donner le change, passer inaperçus. Je ne le pense pas : la raison la plus évidente, de leurs réelles et non comiques capacités pédagogiques, est que simplement ils sont motivés : ils aiment les adolescents, pour des motivations psycho-sexuelles x, y et z, et encore abcd, etc., très différentes ; elles tiennent à leur propre sexualité native, ou à ses directions dans leur propre éducation.

 

A cela il n'y a pas, en soi, de problème : autant de sexualités que d'individus, une vraie République doit admettre ce fait, dans ses milieux éducatifs comme à l'usine ou au bureau. Une vraie République doit donner leur statut social à toutes les sexualités : les protéger chacune, et faire que toutes les autres soient protégées, de tous les abus possibles de chacune. Qu'a-t-on à se soucier, dans une vraie République, de relations "perverses", si elles ne pervertissent personne ?

 

Je retiens le leit-motiv du Dr Chilgren, l'un des plus audacieux des sexologues américains, répété dans presque toutes ses interventions au Congrès international de sexologie en 1974 : "La question n'est pas d'avoir des désirs sexuels, tels ou tels, mais de savoir ce qu'on en fait".

 

Ce n'est pas l'attirance sexuelle pour les adolescents qui est un vice, chez des éducateurs ; on devrait plutôt craindre son absence. Comme ce n'est pas l'attirance sexuelle pour la femme, le mari d'autrui, qui est un vice ; ce serait peu les honorer, que de les considérer comme de purs esprits ; et je ne donne pas cher, pour mon compte, de l'intérêt qu'on peut alors leur accorder, si ne fonctionne à leur égard que son propre "esprit".

 

Mais l'attirance en moi pour la femme d'autrui ne m'a jamais obligé, aussi loin que remonte ma mémoire, à frustrer autrui de sa femme. De même l'attirance sexuelle pour une adolescente, un adolescent, ne m'a jamais obligé à les mettre dans mon lit.

 

Et de même encore que la tendance sadique, présente de façon impressionnante dans le personnel soignant d'un hôpital, n'oblige aucun médecin, infirmier, infirmière, à faire souffrir quelque malade que ce soit, au contraire donne souvent une énergie particulière à la conscience professionnelle, et provoque, en équilibre de tendances humaines, une plus grande tendresse, de même l'homosexuel(le) ou le pédéraste consciencieux sont consciencieux. Ils respectent la sexualité adolescente et sa fragilité, ses chances de s'épanouir librement et de façon à chacune-chacun personnelle, qui n'est pas forcément la leur. Précisément parce qu'ils ont charge d'éducateur, d'éducatrice, ils ne se permettent pas, et précisément parce que leur motivation éducatrice est puissante (tension dialectique dynamique entre leur pulsion sexuelle et leur pulsion sociale, leur instinct politique ; dynamique équilibre, sexo-politique) ce qu'ils pourraient se permettre en privé, et hors leurs responsabilités éducatives.

 

L'homosexualité entre adultes ne pose, dans les milieux éducatifs, aucun problème, si elle sait ne pas se manifester socialement, exemplairement, apostoliquement, dans ces milieux. La pédérastie pose un problème plus pénible, à l'éducateur lui-même ; car il est rare qu'il puisse trouver, hors le milieu éducatif qui lui est confié, un moyen républicain, c'est-à-dire d'abord égalitairement respectueux de toute sexualité non mûrie, de satisfaire sa tendance. Il en souffre souvent tellement qu'il trouve alors et en équilibre, dans sa responsabilité professionnelle, une motivation supérieure à ne pas imposer cette souffrance future à des adolescents ; et à chercher des partenaires adultes plus activement, à titre au moins compensatoire ; et à faire un travail sur lui-même, d'ordre psychothérapique, pour dépasser en lui-même une non attirance pour la sexualité adulte, si son problème purement personnel fait qu'il ne l'éprouve pas assez, pas du tout.

 

 

confusion libérale

 

 

Ce qui est à craindre, en sexo-politique de l'éducation des adolescents, ce n'est donc pas en tant que telle la présence abondante, dans les milieux éducatifs, d'adultes homosexuels ou pédérastes de tendances (et qu'un peu d'habitude permet d'y repérer très facilement). Ce qui est à craindre est, chez un grand nombre de tels éducateurs, l'absence d'esprit républicain, la tendance POLITIQUE libérale individualiste bourgeoise.

 

"Bürgerlichen Sexualreform", dénonçait dès 1927, en ouvrant à Vienne ses "dispensaires d'hygiène sexuelle sociale", le psychanalyste disciple direct de Freud que nous préférons ici, Wilhelm Reich. Sexualité collective, républicaine ; c'est-à-dire qui commence par le refus du pouvoir psycho-sexuel, parfois sexuel tout court et très peu largement psychique ; ne mettant guère en jeu que fort peu d'instincts relationnels humains : sous le prétexte d'un amour "libre", qui est surtout l'amour de sa propre liberté ; prenant les autres pour des objets, sans importance ; et les adolescents en particulier, c'est plus facile ; et leur propre liberté pour rien ; en rusant de toutes les manières pour la circonvenir, dès qu'on la voit faible, on dira ensuite, en toute bonne conscience libérale, individualiste bourgeoise : "C'est leur problème" ; on pensera que s'ils ne le résolvent pas, c'est qu'ils sont de "mauvais élèves" ; on leur avait pourtant "appris", en effet, à aimer ainsi "librement" ; eux-mêmes peuvent, à leur tour, devenir ainsi "enseignants".

 

C'est ainsi que "toute l'humanité", dira encore Reich à la veille de sa mort, près de trente ans plus tard, et fidèle à lui-même en cette affaire, "a été conduite à l'abîme, par cette espèce de confusion libérale" : entre la liberté républicaine pour tous, et la liberté individualiste "pathologique", disait-il, de quelques-uns.

 

Je ne crois donc pas, de longue expérience, à la possibilité, ni même seulement à l'innocuité, des tentatives de révolution sexuelle à l'initiative, dans le monde des adolescents, d'adultes individuels, ou de holdings d'adultes individuels. Je crois par contre, j'ai toujours cru dès mes premières rencontres éducatives avec des collectivités d'adolescents, moi-même encore adolescent - de 17, de 25, de 40 ans : l'expérience, claire du premier coup sur les deux points que je vais dire, avait pu commencer tôt ; j'ai eu la chance, en effet, d'éducateurs tels que la seule décennie vraiment inventive de ce siècle, parce que la poussée socialiste y dominait sur la poussée libérale, la décennie 1930-1940, en avait fait naître ; et ils me font de la peine tous les gens qui, en pédagogie, s'épuisent à inventer la lune, quand j'ai déjà vu faire, dans ma propre éducation, et complètement, avec audace, ce qu'eux-mêmes essayent partiellement, avec timidité glorieuse.

 

Au cours de mes 17 ans, 1941 et en pleine guerre, mes éducateurs favorisaient, ne dirigeaient pas, l'épanouissement de mes tendances sexuelles ; et ils me donnaient bien l'idée que la sexualité humaine était en problème, que ce problème était aux racines du capitalisme et de sa guerre, que le retard d'une révolution sexuelle, retour à des instincts vraiment naturels, faisait le risque de la mondialisation du grand Drame : elle est venue, le 7 novembre 1942, la guerre "mondiale" (à l'initiative de la "Libre" Bourse de New York ; et non en 1939, qu'on sache dire les choses comme elles sont, si vraiment on veut éviter qu'elles recommencent, et cette fois pour la Destruction apocalyptique et totale) ; et au cours de mes 17 ans, mes éducateurs favorisaient, ne dirigeaient pas, l'épanouissement de mes instincts sociaux, politiques ; ils n'avaient pas peur des collectivités de jeunes très nombreuses, 800, 1.500, 3.000, comme je l'ai toujours pratiqué par la suite, et quand je suis venu à mon tour à leurs fonctions : organisation de Républiques de jeunes, mini-Républiques, où toutes les fonctions d'une liberté socialiste étaient systématiquement essayées, pour nous apprendre à les vivre ; et l'assemblée générale pour un oui ou un non convoquée, si la moindre minorité le demandait, s'estimant écrasée ; à 17 ans déjà, avec la vigilance des éducateurs pour m'épargner les erreurs, non me diriger, j'avais, quand l'assemblée générale m'y désignait à mon tour, des fonctions républicaines, pour le bien commun et des particuliers dans la collectivité : fonctions en petit, réellement législatives, exécutives et administratives, judiciaires ; on y passait très vite, pour que s'y forme plus de monde, comme au temps de Socrate dans la République d'Athènes, modèle perdurant de nos Républiques.

 

Et les assemblées générales savaient faire que personne ne s'accroche au "pouvoir" ; et au judiciaire, il arrivait même qu'on ait à trancher de problèmes de sexualité : à 17 ans, il y a des pénis et des clitoris qui fonctionnent, sinon encore beaucoup d'utérus ; pourquoi ces affaires relèveraient-elles des "adultes", exclusivement, quand affaires il y a ? J'ai l'impression, en mémoire, qu'on les réglait avec plus de tolérance, de sérieux en même temps, pour le bien commun et celui de chacune-chacun, que ne sauraient le faire aujourd'hui des éducateurs adultes prétendus "sexologues"... - j'ai toujours cru, donc, dès le premier exercice de fonctions responsables dans des collectivités d'adolescents, et toute leur suite plus de vingt ans, à deux choses importantes, concernant la sexualité des adolescents :

 

1. Que la sexualité humaine est une fonction en problème, et que les adolescents en font fortement les frais ; qu'une révolution sexuelle est donc à faire, en toute humanité ; et qu'elle urge, un peu plus chaque jour, si l'on veut éviter le Dérèglement mental général et la Violence, montant régulièrement et partout sur le globe (voir dans Sexpol n°23 et 24 l'étude de J.W. Prescott sur les causes sexuelles de la Violence).

 

Les problèmes sexuels que j'ai trouvés dans les massives collectivités d'adolescents de la forêt tropicale sont certes moins lourds, et pas les mêmes, que dans nos pays de "libéralisme avancé" ; partout ils sont graves cependant, partout il y a de l'inhumain - et est-ce que c'est "le judéo-christianisme" qui fait, par exemple, la clitoridectomie multi-millénaire des filles en Afrique noire ? Je signale par ailleurs, pour toute information, que je n'ai jamais entendu un missionnaire judéo-chrétien parler, en terre de mission, de la "position du missionnaire" ; je n'ai appris ce que c'était que par les livres de psychanalyse libérale bourgeoise ; qui semblent l'avoir appris eux-mêmes de la clientèle libérale bourgeoise, judéo-chrétienne nonobstant, paraît-il, des psychanalystes libéraux bourgeois ; une élite avancée, de toutes façons, comme chacun sait, (par son argent) (produit par le travail des autres).

 

2. Que le problème sexuel n'a pas la plus petite chance d'être collectivement, révolutionnairement résolu, si ce sont des individus qui, "librement", le prennent en charge ; comme aucun, absolument aucun problème de collectivité, d'ailleurs ; et pas plus par des "groupes", des holdings d'individus, estimés compétents, parce qu'ils se sont "spécialisés" dans ce problème.

 

Car s'ils s'y sont spécialisés, ils n'ont plus aucune chance de sentir comment le problème s'intègre, dans toutes les données réelles, de la vie des collectivités (principe fondamental des initiations d'adolescents, dans la sagesse de l'Afrique noire, par exemple encore : aucune initiation sexuelle hors l'initiation à toutes les fonctions sociales, dont commence à devenir capable un adolescent).

 

 

pas les experts

 

 

Je crois au contraire à la capacité des assemblées générales véritables, pour la libération sexuelle des adolescents comme pour toute autre libération ; assemblées républicaines et non "démocratiques" : celles où tous les membres de la collectivité adolescente, représentant vraiment toutes ses fonctions et spécialités, ont la possibilité réelle, non seulement légale et conditionnée, de s'inter-communiquer leurs sentiments sur la question.

 

Ces assemblées générales peuvent faire appel à des experts "adultes", les écouter ; le sens du bien commun et de chaque particulier peut faire qu'on y avance à grands pas, par du travail bien informé et en ordre, bien fait. Mais ce ne sont pas les experts qui font une révolution dans la collectivité ; c'est elle, à l'unanimité, qui en décide : auto-régulation instinctuelle des tendances, dans un processus collectif naturel.

 

La collectivité veut ou ne veut pas. Si elle ne veut pas, c'est évidemment que les experts se sont trompés : que ce n'est pas bon pour elle ; ou pas encore ; ou pas comme cela. Mais si la collectivité est supprimée, alors toute chance de révolution aussi.

 

Seules les collectivités, socialement, savent faire une révolution. Les "libres" individus ne peuvent faire que des révoltes : stupidité de mauvais adolescents ; facilement de 50 ans.

 

 

 

Charles REYMONDON

 

 

 

 

(1) Sur la prétendue sélection "naturelle" du "struggle for life" par l'assassinat, entre chimpanzés par exemple, ne pas croire un mot de la prétendue "bio-sociologie" animale américaine récente. Cette nouvelle "science" n'est que celle de la préparation systématique de la Troisième guerre mondiale, par les "crédits scientifiques" des portefeuilles de Wall-Street en déroute. Si vous voulez de la science véritable, sur les mécanismes cérébraux de l'agressivité animale, je tiens à votre disposition, dans le n°36 de l'agence IPM (en anglais), un résumé par lui-même de toutes ses expériences de laboratoire de biologie sur la question, du Pr Pierre Karli : considéré en 1973, au Premier Congrès international sur l'Agressivité à Monaco, comme le meilleur spécialiste mondial en cette affaire. Il a lui-même beaucoup inspiré mon ouvrage de cette année-là : Eros ou Thanatos. Préface pour une Métapolitique, que le Congrès de Psychanalyse de Toulouse et maints biologistes et médecins, en particulier Laborit, ont estimé bien informé. On peut en trouver le résumé dans Le Quotidien du Médecin du 22 mars 73. Karli a prouvé comme scientifiquement certain que jamais un animal ne tue son congénère, si des hommes ne l'y provoquent pas.

 

(2) Sur la théorie de l'Oedipe, de son rapport à la bourgeoisie libérale et au dérèglement économique par le capitalisme, sur Marx, Freud, Reich et leurs rapports à leur source mentale commune, l'expérience historique d'Israël, sur le problème psychanalytique des identifications dans la bi-sexualité, yang-yin, de l'être humain, problème plus important que celui de l'Oedipe, et sur maintes autres questions pour l'élaboration d'une théorie sexo-politique réaliste, à partir de sa pratique réaliste et non idéologique, un très gros fascicule de l'agence IPM, encore, va sortir ce mois-ci : dans la série continuée sous le titre de l'an dernier : "Désigner l'Adversaire : Le Pouvoir de l'Argent". Commandes à Inter Presse Mutation, 7, Villa Dancourt, 75018 Paris, tél. 254.63.19.

 

[Texte paru in SEXPOL n°33, novembre 1979.

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