LE DEEPTHROAT D'AMANDA

 

 

 

Ce qui rend notre relation si belle, c'est le fait que nous communiquions. Mon petit ami me dit que je suis la seule femme avec qui il ait pu s'ouvrir, avec qui il ait pu partager les peurs, les angoisses, toutes sortes d'émotions. Je ne l'en aime que plus. De temps en temps, nous parlons de nos fantasmes, et une nuit il me parla de son fantasme de baiser la gorge. Lorsque je lui dis que je ferais volontiers cela pour lui, ses yeux se mirent à briller. Il me dit qu'il avait répugné à aborder le sujet avec ses précédentes petites amies.

 

Au début, il était hésitant, attentif à la manière dont je réagissais. J'avais du mal à me relaxer car je n'avais plus le contrôle de la situation. J'avais beau me dire que je l'avais pris dans ma gorge plein de fois auparavant, ça ne m'aidait pas. Les choses étaient totalement différentes. Cette fois, le bel objet qui envahissait ma gorge suivait les ordres de mon petit ami, pas les miens. Je me sentais impuissante, j'avais peur. Le résultat de ces sentiments fut que je m'étranglais violemment, ce qui poussa mon ami - toujours attentif, béni soit-il - à vite se retirer pour que je puisse récupérer.

 

Durant plusieurs semaines, les progrès furent lents, ou peut-être serait-il plus juste de dire que mon ami baisa lentement ma gorge, presque délicatement. Il faisait attention à mon bien-être, certes, mais il ne voulait pas non plus me pousser trop loin, trop vite, et risquer de perdre ce que je lui avais offert tout récemment, la réalisation de l'un de ses fantasmes les plus forts. Je m'adaptais bientôt aux mouvements irréguliers de son phallus dans ma gorge et devins capable de recevoir ses légères poussées avec très peu de haut-le-cœur.

 

Puis survint un moment-clé dans notre relation, lorsque nos rapports s'approfondirent d'une manière imprévue mais totalement grisante. Bien que cela soit plus facile à déceler après coup, j'en étais quelque peu consciente à un certain niveau. Ayant surmonté mes craintes initiales et réalisant que je pouvais l'accueillir confortablement, je devins triste et impatiente, cependant qu'il se cantonnait dans la prudence et la sollicitude. Je le voulais plus agressif, plus exigeant.

 

Puis cela arriva. Nous étions en train de baiser normalement lorsqu'il se retira et me fit mettre à genoux, de manière à pouvoir se servir de ma bouche. J'étais excitée et je n'eus pas de difficultés pour le recevoir dans ma gorge. Il bougea lentement, plusieurs fois, avant de s'encastrer totalement en moi, son bas-ventre pressé contre mon visage. Je serrai mes lèvres autour de lui et le caressai avec la langue, cependant que nous restions immobiles dans cette position. Pour finir, j'eus un haut-le-cœur, qui survint sans préavis. J'espérai qu'il allait se retirer comme il faisait d'habitude, mais cette fois non. Je fus immédiatement terrifiée. Je suffoquais horriblement. Je me mis à pleurer et des sons affreux sortirent de ma gorge. L'instant qui suivit fut celui de l'abandon, des pensées illuminèrent mon esprit, comme 'Fais ce que tu veux de moi', 'Je me rends'. Dans un sens, j'acceptai le haut-le-cœur, lui donnai presque libre cours, comme je m'abandonnai à mon ami. Je me sentis froidement humiliée, utilisée et dégradée. Mais le spasme passa rapidement, me permettant à nouveau de respirer.

 

J'étais stupéfaite de ce qui s'était produit. J'aurais pu me reculer à n'importe quel instant, et j'étais cependant restée 'empalée', dans la terreur et l'humiliation, surmontant le réflexe de mon corps. J'avais accepté l'emprise de mon petit ami sur moi en choisissant de ne pas me retirer.

 

Lorsque je levai les yeux, je vis dans les siens une intensité que j'y avais rarement vue auparavant. Son visage, ses épaules, sa poitrine, tout son corps semblaient contractés. C'est alors que je réalisai à quel point ce fantasme était important pour lui, me dominer dans l'acte sexuel. Je me sentis plus proche de lui que d'habitude, consciente de l'importance de ma soumission dans la dynamique de notre relation, heureuse de pouvoir lui offrir avec amour ce qu'il cherchait ardemment. Puis je m'aperçus que j'étais sérieusement excitée, tout mon corps vibrait. Prise dans un tourbillon passionnel, je me mis à le sucer à fond.

 

Sans nul doute encouragé par ma réceptivité, il se mit à donner des coups brefs et vigoureux. Il ne se retira pas lorsque j'eus à nouveau un haut-le-cœur. Je devais m'abandonner encore et encore, le réjouissant d'une lutte momentanée avant de lui permettre de reprendre l'usage sans entraves de ma gorge. Il ne fallut guère de temps pour que ma bouche et ma langue lui fassent passer le cap de l'orgasme. Il cria et manqua de perdre l'équilibre comme il s'enfonça profondément en moi, déversant son foutre. J'avalais goulûment son sperme, mais ce plaisir fut vite éclipsé par une intense sensation de soulagement et de gratitude : je n'avais pas eu de haut-le-cœur durant sa jouissance. (Je sais ce que c'est que d'expulser du foutre tiède et épais par la bouche et le nez - ce n'est pas agréable!).

 

Depuis ce soir-là, nos activités sexuelles ont fonctionné à un niveau plus profond, de diverses manières dont je pense ne pas avoir encore pleinement conscience. La baise de ma gorge est devenue une section à part entière de notre vie sexuelle. C'est quelquefois un prélude à une autre baise. Il aime parfois conclure en passant dans ma bouche et en jouissant dans ma gorge. Il a commencé à associer bondage et sexe oral, il arrive qu'il maintienne mes poignets dans mon dos cependant qu'il use de ma gorge. Nous avons plus de sexe anal maintenant que je commence à l'apprécier. Je regarde plus de pornos avec lui, bien qu'il aime que je le deepthroate quand il mate. J'aime faire ça pour lui et, en outre, ça me stimule pour une baise ultérieure. Nous parlons plus de nos fantasmes, et passons plus souvent à l'acte. Jusqu'à maintenant, je suis très à l'aise avec les fantasmes où je m'abandonne. Tous deux trouvons ce type de jeu très excitant.

 

Ayant esquissé mon introduction sur la baise de la gorge, je puis correctement répondre à la question de l'usage de la force, et ses conséquences. Lorsque je le deepthroate, c'est-à-dire lorsque j'ai le contrôle, j'adopte généralement une allure lente et varie la pression et la friction selon ce que je ressens, et selon ce que je perçois de lui. Par contre, lorsqu'il baise ma gorge, il n'est généralement pas intéressé par du sexe oral façon détente. Moi, ou mon degré d'excitation, ne sont pas importants dans son esprit. Il est plutôt dans le plaisir du pouvoir. Il y va parfois par petits coups. Il aime se voir glisser entre mes lèvres jusqu'à être à fond, puis pousser encore et se presser contre mon visage - de manière modérée. Il maintient parfois ma tête immobile à l'aide de ses deux mains, ou m'amène à lui d'une seule.

 

Néanmoins, il accélère inévitablement le rythme à un moment donné. Il veut jouir tandis qu'il baise ma gorge, et désire donc des sensations à la base de sa queue, endroit très sensible chez lui. En conséquence, il enfonce plutôt sa queue à fond, ne cherche pas la stimulation sur le phallus tout entier. Pour lui faire plaisir, je garde mes lèvres serrées et bouge ma langue d'avant en arrière et d'un côté à l'autre. Il apprécie la pression contre son bas-ventre, à la racine de sa queue, et, lorsqu'il accélère le va-et-vient il pousse plus entre mes lèvres à la fin de chaque avancée, comme s'il essayait à chaque fois de gagner quelques centimètres. (Entre parenthèses, il ne m'autorise pas à me servir de mes mains pour l'exciter). Lorsqu'il en vient à rester intégralement en moi, je bouge ma tête en décrivant de petits cercles et j'incruste mes lèvres à la base de sa queue, agissant comme un rongeur, engendrant le type de sensations qu'il apprécie.

 

Lorsqu'il s'enfonce énergiquement dans ma gorge, il cherche de manière bien caractéristique le plaisir en usant de force et de domination, et en créant la stimulation via la friction. Il ne s'écrase pas contre mon visage mais y va plutôt par petits coups secs. Oui, cela heurte ma tête, mais pas durement, et généralement ces coups brutaux ne durent pas longtemps. Il en use modérément et comme variation, du moins jusqu'à maintenant. Il donne également des coups vigoureux à la fin, lorsqu'il approche de l'orgasme. Je sais qu'il est au bord quand ses mouvements deviennent plus lents, et je m'adapte à son rythme. Lorsqu'il s'enfonce et s'arrête, je suce fermement à la base de sa queue, comme je fais pour un deepthroat normal, recevant son foutre dans mes profondeurs. Néanmoins, la plupart du temps, lorsqu'il poursuit son va-et-vient entre mes lèvres, avec de petits coups brefs, je resserre pour son plaisir le cercle de mes lèvres, bougeant légèrement ma tête pour un peu plus de mouvement, et j'attends la pulsation dans sa queue, laquelle signale l'orgasme.

 

Le 'martèlement' ne me donne pas de maux de tête, mais ma gorge, mes lèvres, ma mâchoire et mon cou sont parfois endoloris, spécialement lorsque ça dure plus longtemps que d'habitude. La gageure la plus importante, c'est de garder une bonne prise avec les lèvres et de me souvenir d'employer ma langue. Je suis distraite lorsque j'ai un haut-le-cœur ou lorsque je sens que je suis sur le point d'en avoir un. Nous avons progressé et nous sommes arrivés au point où il continue à bouger dans ma gorge lorsque j'ai un haut-le-cœur, c'est là un petit plaisir qu'il savoure. Même lorsque je reste calme et que le spasme passe, je dois toujours me remettre à respirer prudemment, avec lui dans ma gorge, afin d'éviter la panique et un pénible étouffement.

 

Est-ce que la baise de ma gorge m'accable ou m'épuise ? Je puis être endolorie mais je me sens rarement fatiguée ou épuisée. C'est pile le contraire. Généralement, après ça, je suis excitée. L'excitation physique que je reçois, lorsqu'il est dans ma gorge, me rend folle! J'adore réjouir mon petit ami en lui donnant du plaisir et en l'aidant à extérioriser le pouvoir et la force qui sommeillaient en lui. M'abandonner à lui, lui permettre un usage sans restriction de ma bouche et de ma gorge (comme du reste de mon corps) me fait me sentir vivante, liée à lui, et me donne l'impression d'appartenir à quelque chose qui nous dépasse tous deux.

AMANDA.

Traduction © Philippe Pissier, 2002 e.v.

retour