Notes sur le XIº
Notes rassemblées par Cosmos Trelawney sur les instructions du XI° de Crowley ; ces notes furent semble-t-il découvertes dans la malle d'une chambre de pension occupée par C. T. juste après A. C.
Les maîtres préfèrent que leurs disciples considèrent l'usage de la fonction sexuelle comme sacré, comme une expression d'admiration passionnée. Son objet se tournera alors vers un être qui sera supérieurement son aîné, dans la vertu, la force et la beauté. Puisqu'il se doit d'aimer, et qu'il exprime cet amour avec sainte luxure, il lui sera préférable d'aimer la plus noble des personnes disponibles. Telle une autre unité, il ne devra pas attacher d'importance suprême et exclusive à l'acte physique que les femmes accomplissent, et il ne sera donc pas entièrement soumis, comme le sont les femmes, par le désir d'assouvir une demande répétée de cela. Les maîtres satisfont l'idéal de chasteté en exhortant les élèves à voir, rencontrer et fréquenter un ami mâle compatissant qui pourra être pour eux un camarade et un exemple comblant tous leurs besoins spirituels, mentaux et moraux et cependant enclin aussi aux passions esthétiques et érotiques.
Nous retrouvons le disciple "bien-aimé" dans toutes les nobles cultures de l'humanité. Même parmi les juifs trouvons-nous David et Jonathan, Jésus et Jean.
Le Bouddha a trouvé cet ami en Ananda, Krishna l'a connu en Arjuna. La légende et l'histoire grecque et romaine sont remplies de semblables récits, tel celui d'Apollon et de Hyacinthe, de Karayas et Olympe, d'Hercules et Hylas, de Socrate et Alcibiade, de Damons et Pythée, mais aussi d'Hadrien et Antinoüs.
Même au temps des Chrétiens, Paul a trouvé cet esprit que la chair point n'endommagea, mais au contraire harmonisa, par le baiser de Timothée. Mais cet idéal fut bafoué et on leur en fit réprimande. L'innocente ignorance et le prostitué voulurent se venger de ce rival Amour, par une décence qui traîne plus bas que terre. Ce ne fût qu'à la Renaissance, avec l'Apprentissage de l'Art que se ralluma de Beauté la torche de ce chaste Cupidon. Alors l'Étoile de Feu éclaira les autels d'Amour, devant lesquels se trouvaient d'aussi Hauts Prêtres que Léonard de Vinci, Michel-Ange, Benvenuto Callini et Aretino.
La flamme fut de même entretenue en Grande Bretagne, avec Marlowe, Shakespeare et beaucoup d'autres - un autre hymne aux Amants, un comme Amour et un comme Volonté. Et ils résonnent encore aux éloges fatidiques de Whitman, de Tennyson et Fitzgerald, bien que ceux-ci, ayant vécu dans un temps de féroce répression sexuelle, eurent grand peine à protéger leur pureté de la puissante malice des foules. Le Néophyte se souviendra ici de l'histoire d'Isis et du nom de Ra.
Les enseignements Kabbalistiques quant au Nom de Jéhovah et les précautions prises par de nombreux peuples primitifs pour empêcher qu'un "Nom" d'homme soit découvert par des persécuteurs malades.
L'Enfant d'un tel amour est une troisième personne, et un Esprit Saint, pour ainsi dire, participant des deux natures, mais pourtant sans limites et impersonnel parce qu'il est sans corps, création d'une nature entièrement divine. En rapport avec ceci, il existe une formule de Magick Pratique par laquelle la conscience peut concevoir - et par conséquent, créer.
(La page ci-dessus est extraite d'un texte plus long, qui n'a pas survécu. T)