COMMENT CREER UNE SALOPE SACREE DE NOS JOURS
par Robert G. Benson

Quels sont les aspects les plus importants de la nature d'une salope sacrée ? Que convient-il de faire pour créer une salope sacrée dans le monde d'aujourd'hui ? Voici les deux questions que j'explore dans cet essai…
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(Soit dit en passant, peut-être êtes-vous intrigué par cette image de femme. C'est une légère modification d'une illustration publiée par John Willie* dans son 'Bizarre Magazine', au cours des années 50. Permettez-moi de vous faire observer certaines choses, subtiles, au sujet de ce costume, qui est un exemple réalisable de costume de 'salope sacrée'. Non seulement il expose son corps et le rend grandement accessible, mais il enferme et recouvre ses mains d'une manière telle qu'il lui est difficile de s'en servir, la rendant ainsi quelque peu impuissante et vulnérable. En outre, de quelque manière qu'elle bouge ses bras rend son sexe encore plus visible et accessible qu'il ne l'est déjà. La robe est vraisemblablement fendue à hauteur des fesses, dans le dos, mais cela n'est pas montré. Elle est bien ajustée au niveau de la partie supérieure du corps, ce qui laisse à penser que dans le dos se trouvent des lacets permettant de bien serrer. Cela ne saute pas aux yeux, en raison des dimensions de l'image, mais ses mamelons sont exposés grâce à des ouvertures dans la décoration de sa poitrine. Remarquez également les chaussures qu'elle porte aux pieds. Il s'agit de 'chaussons de ballet à talons hauts'. Il EST possible pour une femme de les porter avec un entraînement adéquat, et si elles sont correctement confectionnées (mais ceci est un autre sujet). Cependant, même si elle sait les porter, elle demeurera généralement assise ou couchée, car ne pouvant se déplacer que sur de petites distances, tout en veillant très attentivement à ne pas perdre l'équilibre. Porter un tel costume doit engendrer des sensations inhabituelles en raison de la combinaison des éléments érotiques et exotiques, le degré extrême d'exhibition et de décoration du corps, et le sentiment d'impuissance et de vulnérabilité qu'il doit induire. Ce costume est donc idéal pour celle tenant le rôle d'une salope sacrée. Bien joué, mister Willy!).
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Possédons-nous un antidote contre une idée empoisonnée ? Il nous faut débuter par une observation préliminaire, une évidence. Que nous nommions cette femme salope sacrée, ou pute du temple, ou sainte prostituée, cela ne fait guère de différence. Il est une charge émotionnelle associée aux termes salope, pute, et prostituée qui trouble notre aptitude à penser clairement à son sujet, ainsi qu'à son rôle. Franchement, il n'existe pas de mots communément employés dans notre vocabulaire actuel, permettant de la décrire, qui n'aient pas été empoisonnés. J'ai tenté de trouver d'autres termes plus 'acceptables', mais tous semblaient présenter des inconvénients. Nous avons donc un problème, dès le départ. Comment la nommer ?
J'ai décidé de la nommer 'déesse'. Certes, appeler une femme 'déesse' semble un peu singulier, mais il y a de bonnes raisons à cela. Tout d'abord, son rôle est fortement lié au culte de la Déesse. Agissant comme une suppléante de la Déesse, elle mérite assurément de porter l'honorable titre de 'déesse' (avec un d minuscule). Deuxièmement, ses mœurs sexuelles sont à part des mœurs sexuelles normales de notre société. Pour cette raison, employer un mot comme 'déesse', qui lui aussi transcende le champ de notre expérience normale, est également approprié. Et enfin, la déesse joue un rôle éloigné de la tendance générale. L'appeler déesse, c'est non seulement reconnaître cette différence, mais aussi l'accentuer. Cela nous permet de garder à l'esprit sa connexion spirituelle avec la Déesse qu'elle sert via son style de vie. Et donc, dans un certain sens, elle amène la Déesse dans la vie réelle, et elle est donc, réellement, une déesse elle-même.
Un regard à notre déesse aujourd'hui. Notre déesse fait l'expérience dans sa vie d'un certain nombre de situations spéciales : l'acte d'offrir et exhiber son corps aux autres, sa célébration du désir et de la luxure, son besoin de compassion et de relations sexuelles avec les mâles, sa soumission à la sexualité masculine, l'échange de temps et de rapports sexuels contre de l'argent, son obligation de satisfaire les besoins sexuels et émotionnels des autres (incluant ceux de l'homme qui la dirige et surveille ses performances), ainsi que son aptitude à ressentir le lien spirituel qui l'unit à la Déesse qu'elle symbolise. Ce sont là d'importants aspects de son rôle dans la vie réelle. Bien que toutes les parties de ce scénario ne puissent également s'appliquer à chaque déesse, aucun de ces différents aspects ne saurait être séparé des autres dans notre étude de la déesse comme cas-type.
C'est ironique de constater qu'il est honorable de vendre sa sueur, ses idées, ses idéaux, sa compagnie, des parties de son corps, et même soi-même dans le cadre d'un mariage avec quelqu'un - et que d'une certaine manière il soit profondément immoral de vendre de l'intimité et du sexe! Cela a-t-il un sens ? Certes non! Et pourtant, une femme désirant vivre et explorer le rôle d'une déesse trouvera très difficile (sinon impossible) d'y arriver de nos jours. Dans notre 'Nouvel Age', où les gens explorent de nouvelles voies, intérieures comme extérieures, il n'y a rien de surprenant à ce que la question de la 'déesse' soit à nouveau sérieusement considérée par des âmes courageuses, des âmes de pionniers. Il faut se souvenir que cette honorable institution exista durant des milliers d'années, et le besoin de celle-ci se fait toujours clairement ressentir.
Etant donné cette situation, il est à certains égards inévitable que dans le monde d'aujourd'hui certains hommes et certaines femmes s'efforcent de recréer les qualités indispensables de la déesse. La seule question est : quelle forme cela prendra-t-il ? Le monde contemporain est sous bien des aspects très fragmenté, avec des individus poursuivant leurs orientations propres, et de petits groupes se formant à la recherche d'un objectif commun. C'est dans pareil contexte que nous trouverons la déesse d'aujourd'hui.
Quelles femmes, de nos jours, seraient les meilleures candidates pour le rôle ? Fondamentalement, je distingue trois types différents. Il y a tout d'abord les 'travailleuses du sexe'. Certaines de ces femmes sont déjà des déesses, ou sur le point de le devenir. Celles qui ne sont pas déjà déesses doivent encore s'éveiller à l'aspect spirituel de leurs relations avec leurs clients. Chose tout aussi importante, elles doivent accéder à une profonde compréhension du lien spirituel qui les unit à la Déesse qu'elles servent via leur style de vie. Remarquez qu'elles n'ont pas besoin de réellement adorer la Déesse - elles ont juste besoin de ressentir le lien les unissant à Elle ainsi qu'à toutes les autres sœurs La servant elles aussi.
Il y a ensuite des femmes aux tendances sexuelles très prononcées, désirant une vie avec plus de relations intimes et plus de plénitude sexuelle. Elles sont confrontées au défi consistant à se libérer à la fois des contraintes sociales et de leurs inhibitions personnelles. Devenir une déesse n'est pas facile, et cela exige une profonde transformation personnelle. D'une certaine manière, leur challenge est deux fois plus important que celui des femmes qui sont déjà des 'travailleuses du sexe', bien qu'elles soient sur le même sentier.
Puis, enfin, il y a les femmes qui ont violé les conventions sociales en décidant de vivre en permanence soumises à un Maître. C'est de cette catégorie dont nous allons parler en détail.
L'esclavage et notre déesse. Etre une esclave est-il compatible avec le fait d'être une déesse ? Dans les temps anciens, c'était un honneur que d'être une 'salope du temple', et c'était même une partie normale du développement d'une femme. Par la suite, lorsque cela devint moins honorable, des esclaves furent employées comme 'salopes du temple'. Or, dans notre société actuelle où n'existe point l'esclavage légal, une 'esclave volontaire' semble être, à bien des égards, apte à devenir une déesse. Le culte qu'elle rend à son Maître incorpore de diverses manières certains éléments de la vie d'une 'salope du temple' - bien que par ailleurs ce soit très différent. Toutefois, cela lui donne toutes ses chances de se glisser dans un tel rôle. Chose encore plus importante : peut-être qu'être une esclave est un aspect fondamental de notre déesse, même si l'esclave n'est qu'esclave et pas encore totalement réalisée comme déesse.
Sans doute, l'une des plus importantes similitudes réside-t-elle au niveau de la 'libération sexuelle'. Une déesse s'offre dans le cadre d'un processus de culte, de libération et de transcendance, et une esclave moderne fait consciemment la même chose. La différence la plus importante est qu'une esclave moderne s'offre à un homme spécifique - son Maître. Certaines esclaves effectuent des tâches sexuelles supplémentaires en faisant l'amour avec d'autres hommes, car tel est le désir du Maître. D'autre part, une 'salope du temple' s'offre généralement à toute personne pénétrant dans le temple. Le voici, l'écart fondamental (au niveau de la 'libération sexuelle') : car une esclave moderne servant uniquement (ou principalement) un homme ne peut atteindre la véritable libération d'une 'salope du temple'. De cela, il ressort qu'une esclave moderne doit s'offrir - bien entendu sous la direction, et avec l'approbation, de son Maître - à d'autres hommes (nous discuterons plus loin des moyens d'y parvenir).
Les satisfactions de notre déesse. Une femme qui est une déesse s'immerge dans deux profonds sentiments féminins de satisfaction personnelle. L'un vient du fait qu'elle satisfait sa puissante - et trop souvent réprimée - nature sexuelle. Ainsi, plus sexuée la femme, plus aisément elle tirera bénéfice de cette satisfaction, et plus les bénéfices seront nombreux. Secundo, elle éprouvera la sensation d'abondamment éduquer & nourrir les hommes via des relations sexuelles et émotionnelles. Plutôt que de conserver et cacher sa sexualité, elle réalisera combien plus de joie résulte de sa disponibilité, du fait qu'elle offre beaucoup de sexe et de choses à partager à ses suppliants masculins. Ceci peut provoquer dans son esprit un éveil sexuel révolutionnaire, et c'est probablement là une chose essentielle si une femme souhaite véritablement exercer la fonction de déesse.
La spiritualité de notre déesse. Une déesse ayant vécu cet éveil révolutionnaire dedans son esprit aura atteint une fondamentale redéfinition d'elle-même. Elle est consciente de ce que ses services sexuels jouent un rôle profondément spirituel dans la vie quotidienne de ses suppliants masculins. Le fait de s'immerger dans son rôle de déesse enrichit sa spiritualité, lui fait prendre conscience de son rôle unique, de sa valeur spéciale dans la vie. Elle doit également être capable de totalement accepter sa vie non-conformiste, car le rôle que désormais elle chérit est un rôle que méprise la société autour d'elle, et elle court l'authentique risque de devenir un paria social si ses activités étaient révélées publiquement. D'autre part, la conscience de cette différenciation peut servir à la souder plus fortement encore à son rôle, tout spécialement si elle reçoit un fort soutien émotionnel de la part de ses suppliants masculins. Pour une déesse, le sexe n'est pas seulement du plaisir pour elle et ses partenaires, il s'agit également d'un échange très significatif sur les plans social et spirituel, qui l'enrichit, elle et ceux qui l'entourent. La déesse a ainsi trouvé moyen d'échapper à la culpabilité judéo-chrétienne pour ce qui est du sexe, et considère désormais l'exercice de sa sexualité comme partie inséparable de sa spiritualité.
Comment notre déesse charme les hommes. Les hommes ne voient pas une déesse comme ils voient les autres femmes. Ne serait-ce que parce qu'elle est considérée comme une abondante source vive de plaisir et de satisfaction, d'où ils peuvent tirer leur subsistance. Elle comprend et accepte la force du besoin masculin de sexe et de relations intimes. Sa joie d'être une source de telles choses constitue, pour eux, un trésor et un miracle. D'un autre côté, elle est transcendante dans son aptitude à les nourrir. Son esprit lui-même se renouvelle, et le manque de restrictions dans ses prévenances, son dévouement envers ses amants, et la disponibilité de son corps et de son sexe la rendent tout particulièrement séduisante.
Comment un Maître considère sa déesse. Un Maître est différent de la plupart des hommes en ce qu'il n'a nulle nécessité d'être inquiet ou jaloux du rôle de déesse de son esclave. De fait, sa 'divinité' met en relief ses qualités spécifiques et le point auquel les hommes la respectent. Bien que les époux de notre société ne puissent normalement accepter, de la part de leurs femmes, l'ouverture et la disponibilité sexuelles afférentes à la déesse, un Maître, lui, est bien plus apte à faire ainsi. Un Maître a d'ores et déjà éprouvé et vérifié l'engagement de son esclave vis-à-vis de lui. Un Maître sait qu'il possède et contrôle la déesse dedans le corps de son esclave. En tant que Maître, il réglemente l'accès à elle, et il supervise les opérations. Dans un sens, la déesse est donc tout aussi libératrice pour le Maître lui-même, car il peut se réjouir de ce que sa sexualité soit ouvertement vécue avec d'autres. Il se pourrait donc que, dans le cadre de notre société paternaliste, une relation maître/esclave soit le type de couple le plus à même d'abriter, sous une forme viable, le rôle féminin de déesse.
Créer une déesse de nos jours. Pour effectivement créer une déesse dans le monde d'aujourd'hui - puisqu'il n'y a plus de temples où une femme peut aller s'offrir - il faut à la fois un Maître et une esclave qui créent un 'espace sacré' au sein duquel elle pourra pratiquer et développer son art de 'déesse'. C'est là un point critique où une esclave devenant déesse aura besoin de l'assistance de son Maître. Son Maître s'est désormais transformé et est devenu le prêtre de son temple, et elle effectue ses devoirs sexuels sous son regard vigilant. Ce partage de rôles au sein du temple la fait encore plus esclave de son Maître, tout en permettant plus encore son illumination et transformation en une déesse, cela dans le cadre des devoirs liés à sa soumission à son principal amant et Maître.
Il n'est cependant guère aisé de créer un 'temple immédiatement habitable', où elle pourrait s'installer, et il n'existe pas d'ordres religieux conventionnels qu'elle pourrait rejoindre pour y pratiquer son art. Non, vivre véritablement comme une déesse impliquera de choisir l'une des alternatives qui suivent. Peut-être la meilleure de ces alternatives consiste-t-elle à établir un 'culte' qui serait géré par le Maître. Bien qu'il puisse principalement se constituer de mâles seuls, il est possible (et peut-être même désirable) que le culte comporte plus d'une déesse. Mais ce n'est certainement pas obligatoire.
J'emploie le terme 'culte'. Qu'est-ce que je veux dire, exactement ? Hé bien, cela dépend de la manière précise dont il sera élaboré en fonction des souhaits des participants. Certes, un 'culte sacré' pourrait être instauré, mais il n'y a plus beaucoup de monde, de nos jours, pour véritablement croire en la Déesse lors d'une mise en scène religieuse. Néanmoins, si de telles personnes sont disponibles, un tel culte peut être établi. L'avantage d'un 'culte séculier', c'est que la déesse peut à la fois y exprimer ses valeurs spirituelles (en exerçant l'office lié à la Déesse), et s'occuper des besoins séculiers de ses suppliants. De cette manière, le culte pourrait non seulement fournir une saine libération des tensions sexuelles, mais aussi fournir une solide éducation sexuelle à des mâles esseulés.
Une esquisse de comment procéder 'étape par étape'. Nous allons résumer les étapes que, très probablement, un Maître devra franchir pour transformer son esclave en déesse :
1°. Préparer émotionnellement et spirituellement l'esclave à son rôle de déesse. Elle devrait notamment étudier la salope sacrée sur le plan historique, et débattre de la manière dont elle se voit remplir cette fonction. Elle devrait lire des ouvrages comme 'The Art of Sexual Ecstasy', lequel décrit des exercices sexo-spirituels et la manière d'atteindre les plus hauts états d'énergie orgasmique. Il importe qu'elle s'intéresse à ceci, comme expérience devant activer sa croissance - car simplement l'y contraindre ne fournira pas les meilleurs résultats.
2°. Créer un 'espace sacré' que la déesse peut employer pour ses activités. Dans l'idéal, ce devrait être un endroit à part. Si tel ne peut être le cas, arrangez-le de manière à ce qu'il devienne quelque chose de spécial. Par exemple, l'espace sacré minimum peut être signifié par rien de plus qu'un drap de couleur spéciale avec des oreillers et un couvre-lit, des lumières spéciales, de l'encens, et un symbole tangible (un poster ou une statue) dominant l'espace imparti et représentant la Déesse. Il serait très bon que l'esclave participe à la sélection et à la préparation de l'espace sacré. Plus elle sera enthousiaste, mieux ce sera.
3°. Oindre l'espace sacré. La déesse devrait trouver divers moyens de consacrer cet espace à la Déesse et à la sexualité spirituelle. Elle devrait y demeurer seule, étudiant, méditant, se masturbant. Ainsi cet espace deviendra-t-il son espace, et deviendra pour elle sexuellement 'chargé'.
4°. Sélectionner les candidats suppliants. Dans l'idéal, le premier, ou les deux premiers, devraient déjà être connus du Maître et de son esclave. Ils doivent être présentés à l'esclave comme suppliants, et une franche discussion devrait avoir lieu (discussion à laquelle participera l'esclave), portant sur sa fonction de déesse, et sur le but de celle-ci. Chacun d'entre eux devrait être conduit dans l'espace sacré où la déesse s'occupera d'eux, les excitera avec sensualité puis les fera jouir - tout cela s'effectuera sur un mode spécial, cérémoniel.
5°. Après que les tout premiers suppliants aient été sexuellement et individuellement satisfaits, une réunion devrait se tenir avec la déesse et eux tous, formant un groupe. C'est à ce moment que le Maître énoncera les règles de l'accès à la déesse et le fonctionnement de son culte. Son identité comme propriété du Maître devra être rendue claire. Après cela, de nouveaux membres pourront être acceptés, conformément aux règles qui auront été édictées.
6°. Les réunions de groupe sont particulièrement intéressantes pour un culte, car elles aident à construire une conscience communautaire. Les réunions de groupe sont également nécessaires pour initier de nouveaux membres, dire au revoir à ceux qui partent, et célébrer des occasions spéciales. Chaque réunion devrait, fondamentalement, se composer de trois parties. Tout d'abord, les choses devraient commencer par un hommage rendu à la Déesse. Il devrait s'agir d'une petite cérémonie bien spécifique lors de laquelle les suppliants reconnaissent la puissance et la beauté de la Déesse, et la déesse devrait agir à sa place en recevant l'hommage des suppliants. Secundo, viendrait la partie discussion de la réunion. La déesse s'adressera aux suppliants en tant que groupe. Elle peut partager ce qu'elle a appris sur l'amour, le sexe, sa nature féminine, et les sentiments qu'elle éprouve à servir comme leur déesse, ainsi que toutes révélations qu'elle aurait pu avoir comme déesse. Les membres individuels peuvent également parler de leurs expériences avec la déesse. Les nouveaux membres se présenteront, et ceux qui partent diront au revoir à la communauté. Pour finir, le point culminant de la réunion sera lorsque la déesse rend divers services sexuels aux membres du culte. Tout d'abord, la déesse verra chaque membre et collectera l'argent de ses services, argent qu'elle remettra à son Maître. Notez que cette somme d'argent devrait être significative car, bien que le but premier ne soit pas de faire du fric, il faut enseigner à la déesse que son intimité possède une véritable valeur dans le monde. Si on le désire, la déesse étant également une esclave, l'on pourra inclure dans le culte l'introduction de certains membres au monde du BDSM (Bondage & Discipline, Sado-Masochisme). Ceci dit, il doit être clair que le rôle premier de la déesse consiste à rendre des services sexuels. La nuit de la pleine lune (une fois toutes les quatre semaines), la nuit symbolisant la Déesse, convient parfaitement comme nuit de réunion. Il y en a 13 dans l'année.
Conclusion. Pour conclure, être à la fois une esclave et une déesse semble être une combinaison potentiellement viable dans le monde d'aujourd'hui, aussi longtemps que les choses sont faites correctement. Cela peut être potentiellement très gratifiant, sur les plans émotionnel et sexuel, pour l'esclave, son Maître, et ses autres amants. Néanmoins, le bénéfice le plus important, c'est qu'il pourrait s'agir là de la clé d'une renaissance de la spiritualité sexuelle. Peut-être le test final serait-il le suivant : est-ce que l'échange sexo-émotionnel entre la déesse et ses suppliants récompense, illumine et révolutionne l'esprit et la conscience de tous ? Si tel est le cas, la Déesse sera alors vraiment redevenue une réalité grâce aux efforts et à la consécration d'une seule femme.
© 1997 par Robert G. Benson.
Traduction française © Philippe Pissier, solstice d'été 2003 e.v.
* NDT : le génial créateur de 'Gwendoline', bien entendu. Illustration parue dans le Volume 3 (1946). L'intégralité de 'Bizarre Magazine' a été rééditée aux Editions Taschen.