LUMIERE ORAGEUSE SUR CIEL DEGAGE
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LEKCJA PIERWSZA
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"Ecoutez!
Puisqu’on allume
les étoiles -
c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?
c’est qu’il est - indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins une étoile ?"
Vladimir Maiakovski, extrait de "Ecoutez!...", 1913, traduction d’Elsa Triolet.
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30 mars 2000.
Reçu courrier électronique de Natasha qui me jette, de manière odieuse et naïve. Je sais même pas si l’histoire fantastique qu’elle me raconte est vraie. J’espère vraiment, pour elle, que oui.
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Le combien ?
Depuis vingt-cinq jours dans cet état ?
Oui, déjà...
Le premier jour, je n’ai pas réalisé. Pas vraiment. Pourquoi serais-je retombé amoureux? Après Lilith ? Eh bien, malgré tout, oui. Etrange chose. Petit à petit, elle m’a empoisonné. Elle m’avait bien dit, en m’envoyant cette bague Borgia : "Dear Love, Here’s my present to you. I don’t know if it will fit on your hand. If not wear it on your neck & think of my slow poison."
Il a coulé, oui, comme coule la Moscowa en mon âme. Lentement et sûrement. Et je n’ai pas vu le coup venir. Bien joué, sœurette. Je T’aime.
Et un courrier pareil, pile le 30 mars. Troisième anniversaire de la mort de Lilith. Et de la mienne.
C’est le lendemain que je suis tombé dans le Néant. Je crois que ça n’a duré que cinq minutes. Mais comment être sûr de ces choses-là ?
J’y étais déjà passé une fois. J’avais consigné la chose par écrit. Mais c’était un Néant plein, habité par toutes les forces de la Vie. Là, c’était un Néant véritablement Vide, si véritablement veut encore dire quelque chose lorsqu’on plonge là-dedans.
Lorsque je me suis relevé - j’étais tombé -, je me suis réellement demandé...
Comme des schémas d’armes électroniques, ou nucléaires, qui défilaient en surimpression sur la vision du réel d’ici. Béa a senti, m’a demandé si ça allait.
"Ça va. On y va. Où, je sais pas. Mais on y va."
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Evidemment, j’ai déclenché des catastrophes. Amis ou ennemis, il y eut des moments où ça n’avait plus de sens. Ça partait dans tous les sens, le computer niqué, sous-marin nucléaire russe à la dérive, commandant psychopathe à bord, sorry, baby. Deux morts violentes dans le bled. A deux jours d’intervalle. Jeunes, en plus. D’autres gens qui volent en éclats.
Jean-Luc qui me dit au téléphone que c’est normal.
Grégor avait raison : "Tu sais, Philippe, un cerveau au bord de la folie et de la mort, ça peut taper, et de loin. La distance n’existe plus à ce moment-là."
Eh oui, Paul, you were right, pas de distance.
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Deux ou trois jours plus tard, Victor arrivait de l’Oural. Evidemment, les branleurs de taxis de Cahors, malgré mes indications précises sur le papier, l’ont largué rue Clémenceau à Cahors, et non à Castelnau. Appel téléphonique depuis cabine. "Je suis sur place... devant beau magasin." "Victor, beaucoup beaux magasins. You are in Castelnau ? Cahors ? Where are you?" "Parlez français, s’il vous plaît." "Cahors ? Castelnau ?" Six ou sept coups de fil de ce genre. Et cette voix difficile à capter, cordes vocales made in Russie du Nord, son français aussi atroce que son anglais. Ai enfin réussi à lui expliquer qu’il fallait qu’il retourne à la gare, que j’avais entretemps donné des instructions. J’avais réussi à prévenir le chef de gare, qu’il foute ce russe dans un taxi. Le septième coup de fil : "Victor, retourne gare, j’ai donné instructions."
"Oh non, pas encore gare!"
"Si. Eux s’occuper de toi."
Je flippais comme un malade, l’imaginant paumé dans Cahors, incapable de se diriger. Béa flippait aussi. "Mais alors, il est passé où, ce russe ?" "Figure-toi que ces bouseux ont réussi à le paumer dans Cahors. Je fais tout pour le récupérer."
"Bon, je t’offre un demi."
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Quarante minutes plus tard, Victor était là, je payais le taxi un prix exorbitant comme d’habitude avec taxis-taxeurs de merde. A force d’enculer leur mère par tous les trous, ils doivent avoir la tête totalement niquée. On a discuté environ vingt minutes. Puis, il m’a surpris. "Shooting." Il allait bosser. Appareil photo russe. Parti tout shooter en extérieur. Evidemment en Russie du Nord, la photo en extérieur, pas trop...
Discuté le soir encore, avait-il dit. Je le revis à la fin de la course solaire, content de sa journée. Avons parlé de la vie, des femmes, de la mort, de la Russie. Lui ai montré mes photos érotiques. Quel expert! Comme il voyait certains détails de mes images, des détails que je n’avais moi-même jamais vus.
Tillier est descendu parler aussi. On communiquait de manière folle. "Bon, ok..." J’écarte les mains, les désignant chacune à tour de rôle. "Chaud... ...froid." Lui : "Mal... ...bien." Moi : "Douleur... ...plaisir." J’ai tiré sur le joint et j’ai eu ce bon mot, en haussant les épaules, qui a nous tous fait éclater de rire : "Dialectique..."
Victor examine les travaux de Thierry. "Très émotionnel. Très noir. Très beau." Des collages de 1984. Je lui passe ensuite des travaux plus récents. "Ça va mieux maintenant, hein?" lâche-t-il après avoir tout examiné. Quel œil.
On a parlé plus avant. Il avait des problèmes avec la mafia russe. On lui avait dit de ne pas venir en France. "Il faut que je téléphone Russie. Possible ?" A sa copine. "Vas-y." "Cher?" "Je m’en fous." A cette heure-là, elle était normalement là. Personne n’a répondu.
Je l’ai vu fermer les yeux. J’ai ressenti ce qu’il vivait me traverser, comme la mort traverse la vie. Il est allé se coucher. Moi aussi.
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Lendemain matin. A neuf heures. Petit déjeuner. Lui : tasse de thé et spaghettis. "Moi manger comme ça depuis dix ans. Les jours de fête, sauce tomate avec." Ça m’a fait flipper d’entendre ça, comme d’apprendre que son salaire de prof d’université était de 150 FF par mois. Il me regarde. "On fait vraiment bizarres rêves dans maison à toi." "Ah oui, beaucoup ambiance ici." Je ris même si mon cœur pleure.
"Je pars. Shooting. Les trois moulins." Je lui indique, l’accompagne. Et il revient à nouveau tard. Je lui explique à nouveau comment je souffre à cause de Natasha. On boit. Je lui fais écouter Linda. Il est vraiment étonné que je connaisse cette star du rock russe. "Toi comment connaître elle ?" Dur à expliquer. J’avais acheté ce CD dans une boutique russe, près des Pyramides, à Bruxelles, lorsque j’avais exposé chez Francis. Ah, ça me fait chier d’avoir pas eu assez de fric pour acheter ce poster de Lénine...
"J’aime sa voix. Mon corps occidental. J’écarte à nouveau les mains. "Mon âme... ...différente."
"Toi venir chez moi. Moi trouver toi toutes les Natasha que tu veux. Partout, beaucoup. Plus belle encore."
"Je viendrais, Victor, je viendrais... mais vie moi très compliquée."
"Compliquée."
Ecarter à nouveau les mains. "Simple..." Je fais le mime. Une main : simple, aisé. L’autre main : difficile, compliqué. "Politique, ennemis, gens veulent tuer moi. Tu comprends?"
"Oui."
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Ensuite, Lilian est passé voir le boulot photo de Victor. Déjà qu’avec Thierry, on hallucinait. Là, on était à trois, non, quatre, il y avait Marie. Une beauté sans nom surgissant d’une douleur sans dénomination. Qu’il s’agisse de Marie ou des photos, j’imagine.
J’essaie d’expliquer à Victor qu’il y a deux photos que j’aimerais un jour pouvoir utiliser en couverture et dos de couverture d’un de mes livres. Cette photo d’une nana avec un flingue devant sa chatte, c’est toute la Russie, il a réussi à tout immortaliser comme ça. J’ai du mal à y croire. Lui, flatté de mes compliments.
Après, je décide de lui montrer une pièce de collection, un vieux cadeau. Un Minox made in Germany, de huit centimètres, un vieil appareil photo, un vrai machin d’espion. Là, il est tombé en admiration. "Oh, très très beau." "Oui, mais presque plus possible trouver pellicules."
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"Victor, j’aime Natasha."
"Niet. Toi oublier elle. Elle USA, elle plus russe. Penser argent. Moi te trouver femme si tu veux. Arrête tuer toi cette manière."
"America, grosse merde de toute manière."
"Oui, pas bon."
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On a parlé un peu du cinéma français. Louis de Funès, Depardieu, me dit-il. Pas dans mes goûts, surtout Louis de Funès. Qui ne m’a jamais fait rire.
Il a remarqué les vidéos qui traînaient. "Oh, Sophie Marceau..." Ah là oui, la plus belle femme de France aimant le seul cinéaste pour qui je me déplace en salle. Le film, c’était "Mes nuits sont plus belles que vos jours." A la fin, il me dit, soufflé : "Jamais vu chose pareille. Chercher films de lui en Russie dès mon retour."
Avant de se tirer, il m’a filé trois tirages. J’ai vite capté combien ça représentait de fric pour lui, combien cette amitié était précieuse. Puis, avec Lilian, on l’a raccompagné à son train. Et je l’ai obligé (un quart d’heure de palabres!) à accepter une grosse boîte de foie gras. Ça changera un peu des spaghettis.
Et puis, le soir, juste avant de dormir, j’ai remercié Dieu de me permettre de rencontrer de vrais êtres humains.
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Quelques jours plus tard, la crise advint. Spasmophilie, crise d’angoisse, vomir du sang, tout ça durant cinq heures. La gueule dans lavabo plein de sang. J’ai même cru que l’épilepsie revenait. J’étais sûr que, cette fois, j’allais crever. Thierry a flippé et le toubib est venu. Bon, une gastrite en plus. Pansements pour estomac plus calmants, Lexomil, Xanax, la totale. Ai commencé livre collages, LUBLU, fini deux semaines plus tard. L’un des meilleurs trucs de ma production graphique. En quinze jours ? C’est de la folie. Une cinquantaine de pages en couleurs. Où proposer ça ? En France ? Ailleurs ? Last Gasp à San Francisco ?
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Tiens, rêve étrange. Mikhaïl comme autrefois. Infirmière à côté lui.
Lui qui demande : "Réparable ?"
"Fonctions cohérence langage articulé touchées. Fonctions coordination musculaire touchées. Fonctions mémoire touchées. Choses bizarres au niveau sexuel, aussi."
Je souris. On t’avait pas appris, ma belle, que le cerveau est l’organe le plus sexuel du corps humain ? Lublu.
"Si je sors de là, promis, j’organise trafic foie gras avec toi en Russie."
"Toi, tu as toujours eu humour à la con."
"Je suis pas fini, Mikhaïl. Peut-être bientôt achevé. Mais pas fini."
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Le 16 ou le 17 ou le 18 avril.
Modifications au niveau champ électrique du cerveau. J’ai l’impression que le truc arrivé après ma crise d’épilepsie de 1997 est de retour. C’était quoi le nom déjà ? Dysrythmie irritative du lobe temporal droit ? Me souviens plus des termes exacts.
Je vois les couleurs plus pareil. Plus de couleurs, plus fortes. Les sons deviennent amplifiés. Ça fait un de ces bruits.
En plus, problèmes avec hackers de merde. Obligé réparer connection Net dans cet état-là.
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Trois jours plus tard, Jean-Luc Colnot était là. Avant, j’avais eu un message sur le répondeur : "Ecoute, là, il se passe des choses terribles. J’aime pas trop te savoir seul dans ces états-là." C’est un peu fou la manière rapide et télépathique dont il sent ce qui m’arrive. D’une manière si précise, si juste. Déjà, il m’avait appelé un peu avant, me disant : "Là, t’es mort, elle t’a tué. Nous, quand on aime, ce n’est pas comme les autres, pas au même niveau."
D’après lui : "Tu mérites mieux, après toutes tes histoires, qu’une fille qui te traite comme ça. Mieux que Natasha." En un sens, c’est sûr, mais comment contrôler l’amour, l’amour et le contrôle étant antithétiques ? Quant à l’amour sous la volonté, qu’il aille se faire foutre lui aussi, avec tous les initiés de la planète et les pouilleux de la stratosphère. Je me ferai baiser ni comme Nerval ni comme Artaud, ils étaient trop solitaires, moi aussi, mais j’ai du monde derrière moi. Ça aide, la conscience collective, révolutionnaire.
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Le 19 avril, je crois.
Reçu "Occulture" 8 ce matin. C’était déjà débile, mais là, on sombre carrément dans le burlesque. C’est à croire que tout le monde franchit des étapes en même temps.
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Menaces sur le répondeur. Repris habitude de dormir avec flingue sous l’oreiller. Ma main crispée sous la crosse plaquée de bois, du bois vert comme l’espoir, fort comme les cèdres du Liban. La main crispée là-dessus, comme pour me rattacher à la vie. Je dors d’un sommeil étrange.
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Avant de se casser, Jean-Luc a évidemment laissé sa dent de sanglier sur mon autel. Une sorte de cadeau déguisé en oubli. Tellement chargée que j’ai préféré attendre plusieurs jours avant de m’en servir. C’est la nuit du premier au deux mai (ça doit fatalement avoir un sens!) que j’ai dormi avec, crispée dans ma main gauche, la droite crispée sur le pétard. Putain! Je suis parti là-haut comme une fusée, jamais vu ça. Vécu trop de trucs en une nuit, impossible à dire, pas parlable. Je me suis réveillé vraiment mieux. Toujours cette violence des couleurs, au niveau de la vue, et puis des sons, lors du réveil.
Refait expérience avec dent nuit d’après. Pas très bien dormi. Parti loin. Croisé quelqu’un que j’ai dû salement amocher. Putain de réveil le trois. Ça y est, en prime, c’est l’odorat. A peine arrivé à quinze mètres du bar, je sens l’odeur du café chaud - et avec ce que je fume, c’est quasiment impossible. Et cette douleur bizarre au niveau du temporal droit... Calme, Philippu, comme disait M.
Et si je me cassais à Warsaw, finalement ? J. m’y attend. Après ce que je lui ai fait lorsqu’elle est venue ici, ça peut se comprendre. C’est une sorte de camaraderie amoureuse, mais j’aime bien quand les choses se passent comme ça, clairement. Elle m’a simplement dit : "Personne ne m’a jamais fait ça, peut-être personne ne me le fera jamais en Pologne. Je veux essayer." Alors, je me suis exécuté. Ça a bien dû durer cinq heures. A la fin, j’avais des hallucinations, tous les visages des femmes aimées défilant sur le sien. Syndrome de Nerval, après celui de Stendhal ? Décidément, je collectionne les pathologies qui se terminent en Aleph-Lamed. De toutes les manières, il y a bien une petite, même toute petite, partie de moi qui l’aime. Sinon, j’aurais pas pu la baiser. Je ne peux plus faire l’amour si le cœur n’est pas de la partie, ça me donnerait l’impression, l’impression d’offenser... Dieu.
Oui, c’était marrant, cette nuit d’été 99. C’était bien violent. Elle voulait tout voir, tout essayer. C’était un bordel de l’Enfer, elle m’a tout fait ressortir, les pinces à seins, les boules de geisha, fouet, cravache, bâillon, tout, vraiment tout. Je lui ai fait ce qu’elle attendait. Ce qu’elle méritait, j’imagine.
Et après, elle m’a dit : "Si toi revenir Varsovie, pas sortir du lit pendant pendant trois jours minimum."
Peut-être je devrais faire ça. De toute manière, je me casserai à Warsaw dès que je peux, la France me fait gerber. Tout le monde fait tout pour se tirer. Thierry de Pontcharra : l’Inde. Matthieu : je sais pas trop où. Jocelyn : l’Inde, sans doute. Tillier : la Grèce. C’est marrant. Rien à foutre de l’ésotérisme français qui se passera de nous. On laissera des francs-maçons tarés boire leur pisse, les voies internes, s’imaginant devenir immortels, et basta. On a vraiment mieux à faire.
En plus, ça se raidit ce matin. Les MacMerde qui volent en éclats, les Iraniens qui s’énervent, Poutine qui devient nerveux sur la question nucléaire, les musulmans des Philippines qui menacent méchamment les otages français... le monde semble speeder. A mon image. Plein d’images liées à Géburah. Pas du tout comme du temps des Lettres à Lilith. Avec toutes ces images liées à Tiphéreth. De l’ouverture de la citadelle du cœur. Des cœurs traversés par des épées, des roses fleurissant sur des croix, des fleurs sortant de tombeaux... là, je ne vois plus qu’armes, sous-marins nucléaires, trucs durs, coups de flingue. Oh, je veux pas rester longtemps là-dedans, ça a l’air trop speed.
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Bon, les choses deviennent plus claires.
Pourquoi n’ai-je pu voir avant ? Tout suit le chemin de l’Arbre de Vie. A une sphère, une œuvre. Sphère, séphirah, séfer, comment ai-je pu ne pas voir avant ? Essaie de te souvenir. Bon, tu passes en 5. Avant, Lettres à Lilith : Tiphéreth. Et Netzach, c’était quoi ? Mais oui... "In Cauda Venenum". Tellement vénusien. Et mon travail de photographe érotique. Hod ? Les plusieurs années de traduction, évidemment. Yesod ? Le boulot sur les images poétiques, les collages du début, le Réseau 666, bien sûr. Et 10... Ah, simple, la première Lilith, elle d’où tout est parti. Quel était donc titre du premier poème pour Elle écrit ? Amour au cœur du monde, je crois. Bref, mais intense. Tout un programme. Nucléaire. Dire que je suis tombé amoureux d’Elle en trois secondes. Non, une. Juste eu à tourner la tête.
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4 mai.
Partir en Chesed. Après... là, Ajustement. L’âme 8. Rectification. Warsaw.
Phil tenter programmer départ. Lobe droit fait mal. Temps passe vite.
Trop tard pour changer destin.
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5 mai.
Discuté avec ami étudiant en psychologie et photographe clandestin images porno. Il m’a demandé si moi réaliser tout simplement devenir schizophrène...
Dépassé 70 % du capital souffrance.
Reçu message de Novosibirsk. Invité. Ouh là là, le méchant délire...
Peut-être aller là-bas. Faire tourisme dans goulag. Humour Philippu toujours plus drôle.
Et femmes de l’Est toujours plus belles.
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Messages de Ljubljana. Peut-être un tour là-bas first.
Tu dois reprendre contrôle.
Faire bibliomancie avec le Harrap’s. Avenir ? Réponse : to free oneself from all preconceptions, se libérer de toute opinion préconçue.
Pourtant, sans programme, pas de structure.
Le Temps, mon vieil ennemi, Saturne, la structure. Ce carré en thème natal.
Tu vas de... voir te... jeter dans le Vide.
Visions. La Nature ne se révèle qu’à ceux qui L’aiment sans conditions. Et Elle perd les arrogants.
Justice.
Din.
Le Bien.
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ILOVEYOU.TXT. Se méfier du virus, me dit Kat. Envie de répondre : trop tard! Une poignée de maux. C’est fou.
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Moi Te trouver où que Tu sois. Tête chercheuse. Oui, ma belle ogive nucléaire ukrainienne dont les cils bavent le sang dans lavabo du dire, avec diamant-cœur ouvert sur l’infini. Lublu.
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Ecrire pour essayer cerveau toujours connecté à réalité.
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6 mai.
Coup de fil Jean-Luc ce matin. Ça accélère encore, plus, semble-t-il. Ça ne plus s’arrêter maintenant. Processus irréversible activé, camarade.
Lu "Le Pingouin" de Kourkov. C’était pour distraire mais achevé rendre moi totalement paranoïaque.
Arrêté les tranquillisants.
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9 mai.
On dirait ça va mal à Ljubljana. Difficile de dire où ça va s’arrêter. Transe de cette nuit plus claire.
Reçu "Discipline" n°6 avec mon interview Lorène ce matin.
Ça devient chaud, arrive plus faire ma propre signature.
Immersion dans folie.
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Immersion Louis de Funès dans baignoire. Faire parler. Economies énergie par rapport électricité. De Funès pas aimer baignoire. Beaucoup gesticuler comme d’habitude. Pour une fois enfin mourir et comique être. Filippu sombrer.
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Faim peur froid maladie mort.
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Devos aussi pas faire rire moi. Plus grande baignoire. Immersion Mimi Mathy aussi. Peut-être bidet suffire.
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Réussi aller poste, demander devis réparation voiture, fatigue. Rentrer. Pas réussi à aller médecin. Demain ? Oui... réussi graver 4 des cds. Envoyé courrier pour Sibérie. Réussi autre chose mais oublié. Ah oui, trouvé numéro d’Eurolines à Toulouse. Il faudrait prendre horaires. Kat dit je peux venir n’importe quand. Réfléchir...
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10 mai.
Réussi écrire trois lettres.
Transe cette nuit bonne qualité.
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oh icône de sang taïga du comprendre par les mots de la nuit qui tombe ainsi qu’un voile ou un spectre dans l’imagerie de tes cheveux qui frétillent dans immensité cosmique et toute mutation du cerveau aura voulu être le clignement de tes yeux comme dans nucléaire qui gèle tout et rend les vitres embuées de sperme psychique
tout est à redire maintenant difficile car lumière peu passer ici
oh soudain lumière fatale se pencher dans ma direction la déesse sourit
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oooooh déesse sourire encore bientôt sortir du tableau être devant toi ma bien-aimée comme autrefois
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Kocham cze.
Boli.
Coraz gorzej.
Zgubilem sie w noc.
Na pomoc!
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LEKCJA DRUGA
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"John had a blissful night. Tammy on the other hand was not quite so comfortable. Arranged on her stomach between John’s legs, she was stringently hog-tied with her feet pulled up to her wrist clamps, so that her heels were somewhere between her shoulder blades. She was in fact reduced to a warm easily manoeuvred bundle of feminity impaled on his tool for the night. The nose ring connection guaranteed she would stay that way.
"John didn’t even need to rise for his nightly trek to the bathroom. He had his own personal bathroom attachment, and when he awoke to his usual morning erection, it was to find it already encased in a pleasurable oral female sheath just waiting to explode into action. During the night he’d experienced several wet dreams and vaguely remembered gurgling protests from below the sheets as his expanding manhood had telescoped down into Tammy’s throat whilst she slept. She’d been rudely awakened on several occasions as he prodded deep untouched throat areas with his throbbing rod. The protestations had become progressively muted as his sleepy fantasies grew in strength, until the protests were mere silent vibrations against the taut flesh of his fully expanded manhood."
"PETS AND BIMBOS, PART TWO OF THE 2477 AD SAGA", by Gord, 1994.
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15 mai.
Faut partir Ljubljana. Ai volé le chat en plastique multicolore du proprio. Il devrait plaire à Kat. Téléphone à Eurolines! Essaie d’assurer. Ai repris Lexomil depuis hier. Cerveau plus compétent aujourd’hui. Moins de douleur et plus de marge.
M’activer. Dois prendre l’une des décisions les plus importantes de toutes ma putain de vie. Si ça marchait, putain, je fonce en Suisse. Puis Moscou. Et enfin Warsaw. Warsaw serait l’idéal pour moi... Frontière Est-Ouest.
Presque tout oublié de ces derniers jours, ceux sans calmants. A part les voyages avec la dent de sanglier.
Thierry est reparti vendredi en Belgique, J.R. l’a amené à gare Cahors. De retour dans trois semaines.
Encore dégueulé aujourd’hui.
Marre, marre, marre.
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Montré ce journal à J.R. qui a halluciné.
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Je dois téléphoner Eurolines.
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Et si... soudain une idée me vient. Une idée de génie. Si je réussissais un coup pareil, tout le monde, toit du monde, toi mon toit, tout le monde flipperait cash. Et même cash de chez cash.
Voir d’abord comment O. réussir traduire Lilith en russe. Et trouver éditeur là-bas. Inonder Russie de cyprine 480. Etre tous shootés à amour fou SM après. Douce revanche pour Toi, ma bien-aimée. Lublu.
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17 mai.
Réussi écrire texte sur peinture achetée à Lorène...
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AU SUJET D’UNE PEINTURE DE LORENE : "ELSA"
...oh Elsa ma nuit nucléaire arrimée à l’angoisse qui me songe, me ronge, ton regard discipliné attaquant mes tripes, la longue route de ton corps tendrement torturé, un jour du tableau tu sortiras, nos deux corps soudés dans la folie qui pénètre l’âme doucement sûrement violemment n’en sort plus, toi ma nuit de sang caillé qui roule et tangue le long de la mort qui rôde, lumière hallucinante à la rescousse, et ces seins tiens douces caresses des pinces et baisers de cyanure, tes fesses comme une église païenne, tes yeux comme l’étang où l’on se noie en voulant embrasser le reflet de la Lune, carrément le délire, ta nuque et sa meute de renards enragés, le donjon de tes cils à l’assaut de mon cerveau meurtri, on est vraiment peu de chose face à toi, toi l’esclave meurtrie vraie maîtresse du jeu, forteresse ouverte de ton sexe où je perds mon âme, pour toi j’irai chercher toutes les ogives nucléaires en errance, Ukraine de mes vertèbres, chantage atomique au monde entier, toi ou rien, plus de vie sur Terre, pour toi ma révolution russe ma Sibérie ma folle fellatrice, je t’aime comme la nuit aime jour, enfin nous rencontrer, nous rencontrer par un jour, un jouir ensoleillé, tu verras, quand du tableau tu sortiras, alors mort s’en aller vie revenir, existence belle comme avant, nous s’en aller loin, et le poulpe dément de ton ventre aspirera mon être et en toi la résurrection de mon être surgira, et nos corps soudés l’un à l’autre comme la Moscova est soudée à l’âme russe, toi à moi pour éternité, ta chevelure est comme le doigt de Dieu apposé contre mon cœur, je roule avec toi dans les draps de la mort, tes cuisses ce sous-marin érotico-nucléaire à la dérive, ma main qui lentement franchit toutes les étapes de la maladie mentale de ta bouche qui m’assassine, je ne suis plus, je n’existe plus que par toi qui dévores et salives les solives de ma tête et laisse passer filet bave à travers bâillon ouvert qui écarte mâchoires toi, tu sais comme ça m’excite sale pute, ma putain, ma nuit de feu, mon château de rage, mon écuelle de sombres étreintes, ma gazelle-dynamite débordant de sueur, langue enfin arrive longue notre explosion finale, terminale, tes mollets à embrasser comme rire lorsque folie s’emparer, s’empaler, cerveau, n’importe quand n’importe où n’importe quel monde, te retrouver où que tu sois tu sortiras du tableau, c’est pourquoi je t’ai achetée à Lorène, toi Elsa-Lilith-Echidna ma pute maso clito percé aux cheveux qui sentent le jasmin je te respire et deviens fou ou mort, peu importe le risque, aimer est le plus grand des risques, je le prends et t’attache, comme un salaud, gestes fatals, toi à genoux sur cette règle triangulaire, ma cathédrale de souffrance, toi l’anthentique antique salope aux chevilles hivernales, la pure pute, pute pure, tu pleures, je lèche tes larmes et avale, armes de Dieu, je t’absorbe à mesure que tu me détruis, oh clarté de sang à mesure de l’armure de mon cerveau à la dérive, en déroute, la rive de tes reins où ma langue voyagera, exploratrice, le convoi meurtrier de tes cheveux qui ruissellent sur mes cuisses, comme la pluie de napalm à l’assaut de mes papilles lorsque ton odeur shoote cerveau mien, détonation douleur-plaisir, tout partir en l’air, et la virgule de tes orteils tendus, je te discipline durement, circulera mutante et belle dans le coffre à jouets du non-être, je t’aime ô ma lumière, j’ai faim froid maladie et mort sans toi, sors du tableau vite, oh toi ma nuit de feu froid, et chaud comme la bave de l’ours fou, ou l’essence de la douleur, la naissance d’un enfant, ou encore ma tête désintégrée quand moi contemple ta chute de reins, ou alors tes yeux de nuit qui tue, tu es blanche comme le noir et noire comme le blanc, mon damier nucléaire où je joue, gagne, moi le pion fatal, je ne puis que gagner avec toi accrochée au mur, suspendue, pince à linge au clitoris, désolé mais discipline indispensable, mur de lamentations lorsque manque de toi vient torturer moi, tu tatoues mon âme, y inscris ton nom en lettres d’incendie, branding, feu de tes seins qui inonde lumière du monde, le cosmos de ta douleur lorsqu’elle viole ma jouissance, me la vole et me la rend au centuple, gladiatrice des livres saints, et tes épaules deux divinités qui pâles dévalisent tous les pôles du rire de joie, ainsi tel pendentif sursauta entre tes seins cravachés comme la Sirène de Warsaw qui contre ma poitrine repose, mon talisman ma lumière ma belle Lilith-Elsa de cyanure à t’en caresser durant treize milliards d’années de morphine injectée dans mes veines qui belles deviennent comme la Moscova, un jour d’hiver où patiner sur le gel, et la nuit arriver vite sur cerveau, brûlé par toi ma rage-renarde ma seule rose qui incendie hiver, cigarette thermique à base de mort, ta robe rouge, Elsa, belle comme les promesses de l’avenir, l’Avenir, Aleph majuscule, ma bague magicke, ta Lueur qui tue, moi aime Toi Lueur qui Tue... Lublu.
Philippe Pissier, 17 mai 2000 e.v.
P.S. : Méchant délire de tes lèvres qui être ivresse cosmique submergeant toute forme existence. Lumière revenir progressivement. Malgré tout : toujours mal hémisphère cérébral droit. Vie être vraiment bizarre. Je vous aime. A en mourir. Mourir... Toi... même combat, banquise de mon âme.
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20 mai.
Les coups de théâtre se succèdent.
Ça y est, je suis invité en Sibérie par Yuri.
Le hacker, ou les hackers, a ou ont réattaqué mon système. Réussi régler problème en deux jours.
Rencontré P., qui était photographe de plateau pour "The Wall" et "Mississipi Burning". Conversation absolutely OK.
J’aimerais bien lire "La Revanche de la Russie" mais je crois c’est pas traduit en français.
Si seulement je recevais feu vert de Katowice.
Espérer.
Tenir.
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Cet amas planétaire en Taureau me fait bien chier. Opposé à mon amas en Scorpion et pile dans ma XII natale. Quelques mois à tenir.
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Je tiendrai. J’ai toujours tenu. Et je vais tout foutre en l’air.
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Cette nuit, cauchemars vraiment étranges. Plusieurs réveils au cours nuit. J’étais dans une grande maison. Au second, et dernier, étage. Quatre russes viennent me rendre visite. "Alors ? Vous habitez au-dessus du couple d’Anna Maskirovka ?". La dent de sanglier m’a emmené dans des endroits bizarres cette nuit.
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Parlé un peu avec Charles, bourré de cachetons. Il a pris un trip de trop plus jeune, et ça lui a pas réussi. Marre de ce gâchis perpétuel...
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Ecrit à L.
FANTASY : Having you tightly hogtied, lying on the back. Clamps to nipples and clitoris. Your mouth opened with ring gag. Slowly going up and down in your mouth, a deepthroath initiation. In the meanwhile, caressing your pussy and thighs with bunch of nettles... for hours. And of course you would wear a very tightly laced corset, perhaps lined with spikes... if I found one, of course. Me too, I’m looking now for a LTR relationship. I have the strong intuition we share the same fantasies. And I have a lot of ideas : you know, I’m a writer, and then I possess great imagination, for sure. Answer me because it’s so hard for the right master to find the right slave and for the right slave to find her right master, we must not waste a chance...
Do zobaczenia wkrotce, mam nadzieje, wspaniala niewolnica. Phil.
PS : geographical location not a problem. If we match, I would even be able to relocate in Polska! After all, that’s an old dream. Just have to learn again polish, I’ve forgotten so much words...
PS 2 : here are some pictures I like.
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Pas de courrier dans la boîte aux lettres. Intercepté.
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Ecrit joli poème pour L.
COLLARED SLUTS NEVER DIES
LeatherDoll vint lumière Katowice à rage de sang pour ouvrir les tiroirs du sang et ta rage à manger les braises de mon âme dès que la light à brûler vint aux pointes de tes seins. Et mare ou étang du regard, m’y noyer, enfin partir là-bas, dans si profonde nuit, tout va faire mal maintenant. Ne pas changer de camp, rester dans le champ de la Grande Nuit d’Elle. C’est juste que Ton sang polonais inonde ma vue comme le rire de Dieu, last exit to Shangri-La. Etoiles décrochées du chant d’amour, salivées dans le non-être. Et ton sexe fouetté qui gémit lorsque mon sexe fouille ton arrière-gorge, une belle initiation, encore plus fort que l’O.T.O., n’est-il pas vrai ? La sève surgit, Etna du désir pour Echidna sévèrement ligotée, et tout avaler. La moindre goutte perdue et c’est trois heures à genoux sur la règle triangulaire, seins lestés de poids, et coudes liés ensemble, jusqu’à se toucher. Ça fait pas du bien, hein sale pute ?
Un serpent de bave qui enjolive oh ta bouche de prostituée soumise, painwhore from outer space.
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25 mai.
Quand le venin de ta nuit s’implantera dans mon cou, lorsque l’astre solaire de ma joie reviendra hanter les steppes de mon cœur, quand l’or de tes seins percés rugira au zénith du ciel en feu, lorsque le noir corbeau de ta chevelure s’épanouira contre mes cuisses, et que le sang hurlera quarante-neuf fois à l’horloge de l’étreinte, alors les diamants du temps exploseront à l’aube peu farouche de ton sourire.
Kiss me deadly. Really.
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Reçu réponse de Lorène, via le Net, à mon texte sur Elsa.......
"Salut.
"J'ai bien reçu ton courrier avec ce sublime poème consacré à Elsa. J'éprouve d'ailleurs un peu d'anxiété d'avoir livré cette innocente enfant en des mains si avides, mais je les sais aimantes et caressantes, alors, pas de regret.
"Ceci dit, je n'ai pas reçu "Discipline" que tu m'annonçais dans la même lettre, mais ce n'est pas la première fois que du courrier de France ne m'arrive pas. Ne me renvoie pas toute la revue , mais si, un jour où tu as le temps, tu pouvais faire une photocopie de l'article et me l'envoyer, j'en serais déjà contente.
"Je ferai peut-être un petit tour de France au début juillet voir des amis que j'ai rencontré dans des salons. Si tu pouvais m'indiquer dans quelle région se trouve ton patelin, je pourrais le mettre dans mon itinéraire et venir te faire un petit bonjour. Cela me ferait plaisir de te revoir et pouvoir parler autrement que par courrier.
"Très sincères amitiés et bisous de Lorène."
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Les treize coups du midnight de tes cils à l’assaut du vide. Et ce bruit de pas qui va crescendo. Hauts-talons au bord de la Moscowa. Tout ira très vite comme autrefois dans la folle jungle des détonations.
Ainsi les magies du feu, filles tirées par les cheveux, hippocampe géant des orties dans la culotte. Et on ne pleure pas - c’est un ordre.
Le nucléaire de tes chevilles frappe la nuit, cliquetis des entraves ornées de clochettes, et cet ordre cruel par moi donné : excitation sexuelle maximale, emploi d’excitants, rompre le sommeil, mais totale interdiction à l’orgasme.
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Ça va cartonner dans le non-être, et le renard enragé et percé de ton clitoris va dévaliser les banques de la poésie. La nuit tombe vite sur cette partie de mon être, non, mon non-être déjà - ma dissolution-résolution-révolution-solution. Solution peut-être. Mourir... dormir...
La lueur est revenue inonder cerveau. Bizarre manière faire. Ou opérer. A cerveau ouvert?
Mon sang, il coule.
Le vôtre, ennemis, ruisseler sous peu.
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Diana, aide-moi à trouver une solution, vite. Ça va mal, si mal loin de Toi.
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LEKCJA TRZECIA
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"Et si ça va mal c’est que la conscience tout entière malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie.
"Car le désordre, l’injustice, l’insécurité, la sanie, le crime ne peuvent pas cesser d’être le fond de toute véritable société.
"Ce serait la fin du règne des accapareurs, des profiteurs, des initiés, initiateurs et autres souteneurs d’une conscience perpétuellement infantilisée."
Artaud, Dossier de Van Gogh.
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Et il y avait, proche de la Moscowa, tes pas de sang d’espionne soviétique comme le toujours du jamais, toi belle comme un collage de Tillier.
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28 mai.
Ce bled devient bizarre. Hier, c’est avec un agent du Mossad que j’ai parlé, j’en suis sûr. Mais quel intérêt de le sous-entendre aussi clairement ?
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Ah oui, hier aussi, vers midi, P. est passé par surprise, discuter un peu, prendre des nouvelles. Il a l’air d’organiser des trucs intéressants... je me demande bien pourquoi il n’a plus de doigts à la main gauche.
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Plus aucune nouvelle de J. C’est comme s’il avait totalement disparu. Inquiétant. Peut-être l’appeler ?
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Tous mes désordres nerveux post-traumatiques sont de retour. Pas cool.
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Le 30 ?
Immersion dans langage. Point non-retour ?
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Le 31 mai.
Rager, luger... automatique. Océanique rumeur exister. Mode non-retour actif. Comment vais-je pouvoir... exposer dans cet état ? Accrocher les tableaux. Printemps de Cahors. Suis invité. Salle dans un club privé. Vendredi soir voir la salle. Puis 7 ou 8 jours pour encadrer, faire tracts, accrocher. Personne peut y arriver. Alors disons tel est mon nouveau nom.
Ecrire Llys Dana pour traduction Lilith.
On dirait dissociation psychique.
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11 juin.
Lu le livre de Jean Rollin reçu semaine dernière. Répondu aussitôt. La lettre est cohérente...
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Philippe Pissier
5 rue Clémenceau
46170 CASTELNAU-MONTRATIER
Ce 10 juin 2000 e.v.
Cher Jean Rollin,
je viens à peine de finir "La Promeneuse" suivie du "Palais des Jungles". Et j’y ai été plus que sensible : je m’étonne que votre univers soit soudain si près du mien... "La Promeneuse" : j’y retrouve ce que je nomme "Syndrome de Nerval", cette tendance mystique à retrouver en une seule femme toutes celles connues ou inconnues, mais aimées dans tous les cas. C’est une tendance qu’on retrouve d’ailleurs chez tous les gens qui ont une conjonction Vénus-Lune Noire (Nerval l’avait en Taureau, et je l’ai en Scorpion, avec les mêmes résultats et les mêmes tendances à plonger dans la folie). C’est un facteur d’amour absolu pouvant aller jusqu’à la mort ou la démence, si ce dernier mot est adéquat.
Maintenant, "Le Palais des Jungles", lu à cette période de ma vie où je ne suis plus très loin d’entrer dans le mien. Dans mon imaginaire à moi aussi, poésie, noyade, immersion, folie, amour fou et mort se fondent en une seule chose. J’en rends responsable le carré de Saturne à ma conjonction Lune-Mars-Neptune-Lune Noire-Vénus en Scorpion. Un bien bel amas. J’ai déjà manqué de me noyer plusieurs fois et les bords de côte ne me sont guère propices, pas plus que les ports. Ce n’est pas non plus un hasard si l’un de mes quelques films préférés est "Mes nuits sont plus belles que vos jours", de Zulawski.
Le pire est que trois jours avant d’entamer la lecture, l’une de mes rares amies ici m’offre un tableau : une femme en train de se noyer. La toile n’était pas signée. Béatrice essaie de se souvenir du nom d’artiste d’un certain René, très vieux, vivant à Cahors, et qui était fou d’elle. Elle me le décrit. Tout d’un coup, je m’exclame : c’est Tristan de l’Etoile! Elle me dit que oui. Je le connais. C’est ce peintre qui est venu me rendre visite une demi-heure après que j’ai reçu le fax annonçant la mort de Lilith. Quelqu’un de très vieux, qui avait vécu en Indochine, goûté aux délices de l’opium, et qui ce jour-là était venu m’offrir des poèmes siens.
Et j’ai eu l’impression soudaine et violente, pas confortable du tout, qu’une boucle se bouclait sous l’effet conjugué du tableau et de votre texte.
Bref, tout ça pour dire que je m’ennuie pas, et que j’essaie de ne pas perdre le Fil d’Ariane dans ce labyrinthe de signes tout à fait surréaliste.
Bien à vous,
Phil.
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Hier soir. Etonnant de se faire réveiller par Lilian pour aller manger une pizza. J’y vais. Tiens, cet homme et sa fille sont là. Elle. C’est la seule qui me plaise un peu dans ce bled. Elle a un trauma. Je l’ai senti la première fois que je l’ai vue. Je peux pas me tromper là-dessus. C’est carrément télépathique, je le sens immédiatement. Etonnant, la manière dont on s’est regardés. Toujours de brefs coups d’œil, quelque chose de très pudique... Oui, elle est pas mal.
Si seulement je savais son prénom.
Le voyage en Sibérie avance.
Moins de courrier en retard.
J’ose pas imaginer combien de copies pirates du Manuscrit d’Alger peuvent se vendre sur le marché de Gorbouchka, à l’heure qu’il est. En tout cas, ils étaient contents. Ah...
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18 juillet.
Tu reprends la rédaction ? Admettons, essaie. Oh, j’ai arrêté il y a plus d’un mois. Tout a été si vite. C’est dix ans de plus derrière moi.
Je suis presque paisible aujourd’hui. Lorsque je repense aux combats que j’ai livrés, j’ai du mal à y croire.
Il est en moi. Je dois me rendre à l’évidence : l’Ange est en moi. Ça n’a rien à voir avec ce que j’imaginais. Lilith, l’Ange, moi, la Russie, l’écriture, même chose : interpénétration maximale. Dans le genre coït cosmique. Mystique neptunienne ?
Encore un signe lié à l’Etoile, après le tableau de Tristan : une nouvelle amie nommée Stella.
Simple amie.
Par contre, j’ai une nana. Comment est-elle atterrie dans mes bras ? Mystère. Elle porte le même prénom que la rockeuse russe que j’aime bien. Ça s’est passé très vite. On me l’a envoyée pour stabiliser la situation. C’est vrai que ça m’a fait du bien. Bon, je n’avais aucune envie sexuelle. Mais rien que passer une nuit d’été, ici, à suer l’un contre l’autre, ça a rééquilibré quelque chose. Un échange de flux, j’imagine. Et elle a un maître... voyagé en Inde... elle est dans le blanc. Moi : pas précisément. Je suis oiseau de nuit aux pieds de Kali. Elle me parle de la Libération. J’aurais bien voulu lui dire qu’elle fait tout le contraire... on ne se libère pas en acceptant. On se libère en brisant ses chaînes. Même le cave de base sait ça.
Cela dit, elle m’attendrit. Elle me parle de la Libération comme d’une chose lointaine et inconcevable. Et, à d’autres moments, elle prétend avoir trouvé la Vérité. Elle dit qu’elle n’a plus qu’à finir son temps sur Terre, et après c’est fini, exit la Roue des Morts et des Renaissances.
Moi aussi, quand j’étais lardon, ça me shootait de croire au Père Noël.
Peut-être que je ne crois plus en rien. En lieu et place de la croyance : le constat. Et le combat. Mais le combat, c’est déjà la Foi. Et sans ma Foi, que serais-je ? Mais, au fait, quel JE? Jeu.... tu parles.
Eu nouvelles de Pontcharra ces derniers jours : il se barre en Mongolie, ce con! En août! Décidément, on va tous se retrouver dans le même coin. Même Raymond qui monte des plans suite à son amour des chevaux. Et Llys Dana qui veut s’y installer.
Donc, j’ai étonné la belle qui me tient chaud. Elle a d’affreuses cicatrices sous les seins, une opération. Je lui ai dit que je ne m’arrêtais pas à des détails de ce genre. Peut-être qu’elle en déduit que je suis au-delà des apparences. Quelles apparences ?
Des fois, elle me parle de l’ego. Marrant, la dernière fois, la phrase est sortie de ma bouche comme un couperet de guillotine. L’ego, c’était quand je savais pas donner.
Elle, elle ne sait plus.
C’était simple, avant. Des aventures en discothèque, des préservatifs dans le sac à main. Moi, c’est plus que différent. Etre au lit avec le mystère. Bien sûr, elle a lu les Lettres à Lilith. Et elle essaie de comprendre. Je pourrais lui dire. Ça ne l’aiderait pas, je pense.
Aujourd’hui fut un jour étrange.
Stella devait m’amener à Cahors. A peine rentré dans la voiture, une odeur insistante.
On s’est demandé pendant plusieurs minutes ce qui sentait comme ça. On roulait. J’étais sûr que c’était une odeur de légumes. Soudain, Stella s’arrête. "Non, je sais ce que c’est. Tu as les pieds dessus." "Ah bon ?" Elle freine et prend le sac en plastique contre lequel, de fait, je reposais les extrémités de mes membres inférieurs de mammifère. "C’est un de mes chats qui est mort. Je l’ai oublié dans la voiture depuis hier, et avec la chaleur..." Elle prend le sac en plastique et le balance à la poubelle. "Voilà, c’est fait." J’étais tué de rire. Je me suis mis à imiter l’accent et le parlé des amis russes : "Da, est-ce que c’est coutume occidentale utiliser chat crevé qui pue comme repose-pieds dans voiture ?"
J’étais parti pour une hilarité d’une heure.
"Bon, je concède, l’odeur de la putréfaction a son charme, et Baudelaire ne m’aurait pas contredit. Mais elle a aussi ses limites. Tu pourrais balancer du Chanel n°5 sur le tableau de bord, histoire d’équilibrer. Un peu comme le salé-sucré en cuisine. En outre, je conteste pas la note excentrique, mais côté respect de la dépouille, il y aurait franchement à redire."
"Tu as vraiment un humour méchant."
"Niet. Simplement occidentaux étranges. Nous mettre parfum dans voiture. Toi mettre chat crevé qui cocotte pour embaumer véhicule. Différences au niveau odorat. Accord Est-Ouest impossible dans conditions pareilles."
Ça m’a détendu, cette anecdote à la con. J’ai si peu ri ces derniers temps.
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30 juillet.
Stella s’est crashée en voiture. Mais sa vie est hors de danger. Irai la voir à l’hôpital.
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20 août.
Tout se précise. Je n’attends plus. Je fonce à Paris, de là à Moscou, et j’atterris en Sibérie. J’ai tout le rez-de-chaussée du Musée d’Art de Novosibirsk pour moi. Du 07 au 29 septembre. Plus officiel que ça, tu meurs. Les télés, les radios. En plus, le bâtiment est immense, tu penses, les anciens locaux du Parti. L’Expo Fatale n°1.
Jump, baby, jump in that plane!
Philippe Pissier, 2000 e.v.