METEORES-CRUCIFIX

 

 

La dame morte aux cils de pavot délocalise les écailles du ciel et rédige l'axe pubien d'une arbalète de vomissements. Ire vitaminée foudroyant les plages d'ébène du silence. Croix ansée montée en pendentif.

 


 

Champagne inouï des tombes taraudant le palais frontal où s'agitent les insectes de feu. Inhalant les pentagrammes-limites, je déroule mes anneaux et grave un signe au front de la proie.

 


 

Sablant le poison avec les duchesses méphitiques, nous déclarâmes la guerre au gardien du seuil. Nos blasons rayonnaient dans l'air corrosif du grenier. Le sang séché délivrait des attestations d'épilepsie.

 


 

La rose de fer salive de rares ex-libris ponctionnant la viande glacée de l'imaginaire. Mandragore crispée dévalisant les santons de l'horreur. A t'injecter 15 cc de violence rapide et saine, inouïe et scélérate.

 


 

Ange mouillé de villes-fantômes traçant des signatures planétaires sur le tableau noir de l'insomnie. S'alerte en roueries saturniennes et inhale les amulettes à double zénith. Un alcool d'os rongés vitrifie la respiration, annexe les pertes d'équilibre.

 


 

Boa maximal des élongations, poupée aux yeux de braise cut-upant les sinus écarlates. Café maladif. A toi la chevelure mortifère des phrases inédites... varan speedé jonglant avec les bistouris noirs.

 


 

Tel nid de vipères sacrifié aux quatre directions de l'espace, rhum ossifié de l'égorgeur venu des étoiles. Je reconsidérais les atouts terminaux de la pendaison. L'oeil igné des masques mortuaires dévalait le toboggan hallucinatoire.

 

 

 

Philippe Pissier, janvier 1987.

 

 

[Texte et illustration parus in LE DEPLI AMOUREUX n°34, février 1987. © Philippe Pissier]