SUPRA SENSIBLE

 

 

Je suis montée aux racines du Supra Sensible

Où siège Ton Nom

Je suis montée aux racines de Toute Saveur et de Toute Beauté

Où repose Ta Gloire

Soleil de l'Au-delà de l'Être, Éclaireur de Néant

Je suis montée aux racines noires de la Lumière

Qu'engendre ta Substance, Soleil de l'Au-delà de l'Être,

Éclaireur de Néant

Ô ma Couleur adorable et non révélée

Toi mon Ultra-Violet, mon pont d'indigo

Mon extra-bleu, Mon hyper-vert

Mon infra Rouge

Ma barque orangée, mon supra jaune

Pour mourir dans la blancheur inexprimable de tes rets d'amour

Tu m'as formée comme un cristal

Dans la géode de ton coeur

Ô (eau) dormante !

Tranchante et dure

Dans le poing fermé de ton ciel

Tu m'as nourrie d'astres obscurs émiettés de ton pain

Et j'ai bu au cellier du Roi le vin secret que tu réserves

Dans des jarres transparentes et sans ouverture

Tu m'as jetée sous la roue des comètes enivrées,

Roulant à bout de souffle dans une folie d'adoration,

Et brisée en poussière plus fine que tes fines étoiles.

Ô mon Amant divin,

Depuis ce jour, j'adhère à Toi comme sueur

Et Sang de ta Peau ineffable !

 

 

 

Christiane Roy

[Poème extrait de "Elucidation et Universalité du Graal

dans le Parzival de Wolfram von Eschenbach",

Editions PIERANN, 2000. Reproduit avec la permission de l'auteur.]