TUNIQUE DE NUIT

 

J'ai reçu la tunique du Centaure

Trempée dans le Vin magique

Elle me brûle, elle me consume

Jusqu'à la transparence

Jusqu'à la diaphanéïté

Dis-moi que vois-tu à travers

Sinon son seul Visage ?

 

J'ai revêtu la tunique de Nessus

La tunique de Nescience

Plongée dans le Vin de l'Amour

Elle me brûle, elle me consume

Jusqu'à l'anéantissement

Dis-moi que vois-tu au travers

Sinon Lui-Même ?

 

Es-tu celui si longtemps attendu

Et qui installe au creux feutré du Sang

Ce merveilleux Cancer dont on ne veut guérir ?

Ce poison dévorant, cet élixir de grâce

Qui a pour signe un sourire de Toi

 

 

 

Christiane Roy

 

 

 

[Poème extrait de "Elucidation et Universalité du Graal

dans le Parzival de Wolfram von Eschenbach",

Editions PIERANN, 2000. Reproduit avec la permission de l'auteur.]